Sapiens : un livre qui DÉCAPE ton cerveau (144/365)

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A 18 ans, j’ai décidé de quitter l’école pour créer ma première entreprise. Je n’avais qu’une envie : être libre. Après avoir surmonté de nombreux obstacles, j’ai réussi à mettre mon entreprise au service de ma vie, plutôt que d’avoir une vie au service de l’entreprise… Aujourd’hui, je voyage 6 mois par an et j’inspire des milliers d’entrepreneurs et de créateurs à être plus libres et plus heureux.

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Transcription texte (littérale) de la vidéo “Sapiens : un livre qui DÉCAPE ton cerveau (144/365)” :

Ce qui a permis à l’être humain d’avoir une telle suprématie sur la planète et les autres animaux, de faire la révolution de l’agriculture puis la révolution industrielle, d’avoir toute cette expansion technologique et de passer de un million d’êtres humains il y a 150 000 ans à sept milliards aujourd’hui, ce n’est pas tant notre cerveau, ce n’est pas tant notre bipédie et nos mains, c’est surtout notre capacité à raconter des histoires.

C’est le sujet du livre « Sapiens : Une brève histoire de l’humanité », de l’auteur Yuval Noah Harari qui est israélien.

C’est un livre que j’ai lu suite à la recommandation de Stéphane Leduc, mon éditeur.

Voici quelques extraits et mon avis sur différents aspects de ce livre.

Cette histoire commence il y a 150 000 ans. A l’époque, il y avait six espèces d’êtres humains différents. La nôtre Homo sapiens était juste une espèce parmi d’autres.

On était seulement un million d’êtres humains en comptant les six espèces réparties sur le continent eurasiatique, plus l’Afrique. L’Homo sapiens était juste présent en Afrique.

Donc, on avait une empreinte était extrêmement faible au niveau de l’écologie de la planète. C’est à peine si on apparaissait sur le radar.

Il y a 150 000 ans, si vous alliez en Afrique de l’Ouest, vous pouvez tomber sur des êtres humains qui de l’extérieur avaient l’air exactement comme nous.

Si vous voyez un corps d’Homo sapiens d’il y a 150 000 ans dans une morgue, vous ne pouvez pas faire la différence avec nous.

Mais a priori, il y avait quand même quelques différences génétiques puisque pendant 75 000 ans, ces êtres humains ont très peu évolués.

Ils ont utilisé exactement les mêmes outils. Ils sont restés à peu près au même endroit.

C’est seulement il y a 75 000 ans qu’ils ont commencé à évoluer de manière très rapide et qu’ils ont commencé à se disséminer partout sur la planète en faisant en sorte de manière directe ou indirecte que les autres espèces humaines disparaissent à chaque fois.

Partout où ils s’implantaient, toutes les autres espèces humaines qui existaient encore se sont éteintes dans un intervalle de temps très court.

On ne sait pas pourquoi pendant 75 000 ans, les Homo sapiens ont très peu évolué, et d’un seul coup, il y a eu une évolution rapide. Mais on l’appelait « La révolution cognitive ».

Il y a beaucoup de scientifiques qui pensent que c’est l’apparition du langage qui a permis cette évolution rapide.

Cela veut dire que potentiellement, pendant 75 000 ans, les Homo sapiens n’avaient pas de langage.

C’est bizarre pour nous d’imaginer des gens qui sont exactement comme nous à l’extérieur mais qui ne communiquent pas, qui n’ont pas de langue.

C’est vrai qu’en même temps, quand on pense à notre capacité incroyablement puissante, innée d’apprendre une langue, on se dit que c’est aussi le processus d’une sélection naturelle qui a dû être féroce et qui n’a pas dû se faire du jour au lendemain.

Donc, il y a forcément eu un moment où il y avait des êtres humains – peut-être pas les Homo sapiens, c’est peut-être avant – qui ne parlaient pas de langue, avec cette capacité qui se développait au fur et à mesure.

Comme on n’a plus aucune trace de ces langues parlées, c’est difficile aujourd’hui d’en être sûr. Mais en tout cas, on sait qu’il s’est produit quelque chose possiblement dans un des mutations génétiques qui a fait en sorte que les Homo sapiens sont devenus plus intelligents, en tout cas, évoluaient à une vitesse bien plus rapide que ce qui se faisait avant.

Ça leur a permis de conquérir en l’espace de quelques milliers d’années l’ensemble de la planète.

Ça a permis aussi aux Homo sapiens d’acquérir une véritable suprématie, non seulement sur les animaux mais aussi sur toutes les autres espèces d’êtres humains qui existaient encore, comme par exemple l’homme de Néandertal.

La théorie de l’auteur, c’est que : Certes, c’est le langage qui a permis cette révolution cognitive, mais c’est surtout la capacité des êtres humains à inventer des histoires.

Il démontre cela d’une manière brillante.

C’est la capacité à inventer des histoires qui a permis aux êtres humains de coopérer. C’est la coopération sur des échelles massives qui ne sont juste jamais vues que ce soit chez les autres animaux et chez les autres espèces d’êtres humains.

C’est cette capacité de coopérer sur de larges échelles qui nous a donné cette suprématie immense qui nous a emmenés là où nous en sommes aujourd’hui.

Voici un passage qui explicite la vision de l’auteur.

« La véritable fonction unique de notre langue n’est pas la capacité de transmettre des informations à propos des faits comme l’existence d’un lion à côté de la rivière, c’est plutôt la capacité de transmettre des informations à propos de choses qui n’existent pas du tout.

D’autant que nous savons, seulement les Homo sapiens sont capables de parler d’entités qu’ils n’ont jamais vus, touchés ou sentis.

Les légendes, les mythes, les dieux, les religions sont apparues pour la première fois avec la révolution cognitive.

Beaucoup d’êtres humains et d’animaux pouvaient dire avant : « Attention ! Il y a un lion » d’une certaine manière parce qu’avant, il explique que beaucoup d’animaux ont des signaux d’alarme.

Ils n’ont pas de mots particuliers, mais ils sont capables de dire à leurs congénères : « Attention, là, il y a une menace. Là, il y a un prédateur. »

Mais grâce à la révolution cognitive, l’Homo sapiens a acquis la capacité de dire : « Le lion est le gardien spirituel de notre tribu. »

Cette capacité de parler à propos de fiction est la fonction la plus unique du langage des Homo sapiens.

Il est très facile d’être d’accord sur le fait que seulement, l’Homo sapiens peut parler de choses qui n’existent pas et peut croire si les choses sont impossibles avant de manger son petit déjeuner.

Est-ce que vous pourriez convaincre un singe de vous donner une banane en échange de bananes infinies après la mort dans le paradis des singes ?

Pourquoi c’est important ? Après tout, la fiction, ça peut être dangereusement trompeur ou distrayant.

Les gens qui vont dans la forêt pour chercher des fées ou des licornes ont sans doute moins de chance de survivre que les gens qui cherchent des champignons et des daims.

Et si vous passez des heures à prier des gardiens spirituels qui n’existent pas, est-ce que vous n’êtes pas en train de perdre tout le temps précieux du temps que vous feriez mieux de passer à faire de la cueillette, chasser ou faire l’amour ?

Mais la fiction nous a permis non seulement d’imaginer des choses, mais de les imaginer collectivement.

Nous pouvons tisser des mythes communs comme l’histoire biblique de la création : les mythes de rêves des aborigènes australiens et les mythes nationalistes des états modernes.

Ces mythes donnent aux Homo sapiens une capacité jamais vue de coopérer de manière souple en large nombre.

Les fourmis et les abeilles peuvent aussi travailler en large nombre, mais ils le font d’une manière très rigide et seulement avec leurs proches dans la même ruche ou dans la même fourmilière.

Les loups et les chimpanzés coopèrent aussi de manière beaucoup plus flexible que les fourmis, mais ils le font seulement avec un tout petit nombre d’autres individus qu’ils connaissent très bien.

Les Homo sapiens peuvent coopérer de manière extraordinairement flexible avec des nombres impressionnants, presque sans limite, d’étrangers.

C’est pour cela que les Homo sapiens règnent sur le monde, alors que les fourmis mangent nos déchets et que les singes sont regardés dans les zoos et dans les laboratoires de recherche. »

J’avance un peu plus dans le livre pour vous donner d’autres passages.

« De larges nombres d’étrangers peuvent coopérer avec succès en croyant en des mythes communs.

N’importe quelle coopération humaine sur une grande échelle, que ce soit un état moderne, une église médiévale, une cité ancienne et même une tribu archaïque sont enracinés dans des mythes communs qui existent seulement dans l’imagination collective des gens.

Les églises sont enracinées dans des mythes religieux communs.

Deux catholiques qui ne se sont jamais rencontrés peuvent quand même partir ensemble dans une croisade ou rassembler des fonds pour construire un hôpital parce qu’ils croient tous les deux que Dieu s’est incarné dans la chair humaine et qu’il s’est autorisé à être crucifié pour pardonner les péchés de l’humanité.

Les Etats sont aussi enracinés dans des mythes nationaux communs.

Deux serbes qui ne se sont jamais rencontrés peuvent risquer leur vie pour sauver la vie de l’autre parce qu’ils croient tous les deux dans l’existence de la nation Serbe, du territoire Serbe, et du drapeau Serbe.

Les systèmes judiciaires sont aussi enracinés dans un système commun de mythes légaux.

Deux avocats qui ne se sont jamais rencontrés peuvent combiner leurs efforts pour défendre un étranger complet parce qu’ils croient tous en l’existence des lois, de la justice, des droits humains et de l’argent qui paient leurs salaires. »

Ensuite, il donne d’autres exemples de fictions qui existent juste dans l’esprit des humains.

Bien sûr, il parle des Etats comme étant des fictions qui sont juste dans l’esprit des humains. Mais il parle aussi du fait que par exemple, à l’époque de la ville de Sumer, donc il y a 4000-5000 ans, les dieux avaient une existence légale.

On priait un dieu dans chaque temple, et c’est le dieu qui embauchait les gens qui allaient travailler pour le temple.

Le dieu avait une existence légale pour que les gens aillent faire les chants. Ensuite, le dieu avait droit à un pourcentage de taxe sur ce qui a été fait, qui a été donné en donation au temple, même si les prêtres utilisaient ça après.

Il dit : « C’est exactement la même chose aujourd’hui avec les entreprises.

Si vous prenez une entreprise, c’est une entité qui est fictive. »

On parle de personnalité morale en France.

Si vous créez une SARL, une EURL ou une SAS en France, ou une LLC aux Etats-Unis ou en Grande Bretagne, ou une Limited Company, vous créez une structure qui a une existence juridique mais qui n’existe pas réellement, qui existe juste dans l’esprit des hommes.

Et il dit : C’est la même chose finalement.

Quand les sumériens imaginaient un dieu et lui donnaient une existence juridique, c’est la même chose aujourd’hui que ce qu’on fait avec les entreprises.

Armand Peugeot a créé Peugeot en 1896. Il a nommé l’entreprise d’après lui, mais cette entreprise était indépendante de lui.

Si une de ses voitures cassait, l’acheteur pouvait porter plainte contre la société Peugeot, mais pas contre Armand Peugeot.

Si l’entreprise empruntait des millions de francs et ensuite faisait faillite, Armand Peugeot ne devait pas un seul centime à ses débiteurs. En tout cas, c’est la théorie.

Ensuite, il dit que pour créer des entités fictives, il faut passer par un certain nombre de rituels qui sont importants.

Il dit : Dans le cas de Peugeot, l’histoire cruciale était le système légal français qui avait été écrit par le Parlement français.

D’après les législateurs français, si un avocat certifié suivait toute la liturgie appropriée et les bons rituels, qu’il écrivait les bons sortilèges et les bons vœux sur des bouts de papier merveilleusement décorés, et qu’il mettait sa signature ornée à la fin du document, zen, hocus pocus, une nouvelle entreprise était créée.

Une fois que l’avocat a fait tous les bons rituels et a prononcé tous les bons sortilèges et les bons vœux, des millions de citoyens français honnêtes se comportent comme si l’entreprise Peugeot existe réellement. »

C’est très intéressant comme point de vue.

Ensuite, il dit : « Raconter des histoires d’une manière efficace n’est pas facile. La difficulté n’est pas dans le fait de raconter des histoires, mais dans le fait de convaincre tous les autres d’y croire.

L’essentiel de l’Histoire tourne autour de cette question : comment faire pour convaincre des millions de personnes de croire en des histoires particulières à propos des dieux, des nations ou des entreprises à responsabilité limitée ?

Mais quand ils réussissent, cela donne à Homo sapiens un pouvoir immense puisque cela permet à des millions d’étrangers de coopérer et de travailler ensemble vers des objectifs communs.

Essayez juste d’imaginer combien il serait difficile d’avoir des états ou des églises ou des systèmes légaux si on pourrait parler de choses qui existent réellement comme les rivières, les arbres ou les lions. »

C’est vrai.

Imaginez comment on pourrait avoir une civilisation moderne si on n’était capable de parler que de choses qui existent réellement, si on ne pouvait pas imaginer des choses dans notre esprit, ensuite les communiquer aux autres et même essayer de les convaincre de l’existence de ces choses-là. Ou bien même de s’entendre sur l’existence de ces choses-là.

C’est une nuance que je trouve importante et que l’auteur ne fait pas assez.

Là, il redonne un exemple concret pour montrer à quel point ça a complètement chamboulé notre évolution.

Il dit : « Il y a deux millions d’années, il y a une nouvelle espèce humaine qui est apparue. C’est homo erectus.

Et quand homo erectus est apparu, son émergence s’est accompagné par le développement de nouveaux outils en pierre qui étaient bien plus perfectionnés que les anciens.

Mais pourtant, pendant deux millions d’années, ces outils n’ont connu aucune évolution parce que homo erectus est resté le même et qu’il n’avait pas cette capacité à coopérer en large bande. Du coup, il est resté au même niveau technologique.

Par contraste, depuis la révolution cognitive, les Homo sapiens ont été capables de changer leur comportement de manière extrêmement rapide et en transmettant ces nouveaux comportements aux futures générations, sans avoir le besoin d’avoir de changements génétiques ou environnementaux. Alors qu’avant, homo erectus qui était déjà beaucoup plus intelligent que la plupart des autres animaux était lié à ces mutations génétiques.

Il n’y a pas de mutations génétiques pendant deux millions d’années, aucun changement technologique. Mais grâce à cette capacité de parler et de coopérer, d’inventer des mythes, on est capable d’aller beaucoup plus vite que les mutations de notre ADN.

Il donnait un autre exemple très frappant et dit : « Comme exemple principal, considérez l’apparition répétitives d’élites sans enfant, comme la prêtrise catholique, les monastères bouddhistes ou les bureaucrates chinois eunuques.

L’existence de telles élites va à l’encontre du principe le plus fondamental de la sélection naturelle qui est que les membres dominants de la société sont normalement ceux qui ont le plus de chance de se reproduire. Alors que là, on a les membres dominants de la société qui vont abandonner leur capacité reproductive. »

Il dit : « Cette abstinence ne vient pas de conditions environnementales uniques, comme le manque de nourriture ou le manque de partenaires avec lesquels se reproduire. Ce n’est pas non plus le résultat d’une mutation génétique bizarre. Non !

Si l’église catholique a survécu pendant des siècles, ce n’est pas en passant à un gène du célibat de pape en pape, mais simplement en se passant des histoires du nouveau testament et des lois canons du catholicisme. »

Il conclut son point en disant : « Et donc, la révolution cognitive est le moment dans l’histoire dans laquelle notre histoire est devenue indépendante de la biologie. »

Comme il le dit, il faut bien se rendre compte que pendant la préhistoire, avant la révolution de l’agriculture, vous pouviez en tant que personne normale passer des mois et des mois sans voir d’étrangers à votre tribu, qu’une personne ne pouvait ne voir qu’une centaine d’êtres humains au maximum dans toute vie, qu’avant la révolution de l’agriculture, la population humaine de la planète entière était plus petite que la population de la ville du Caire.

Il donne ensuite la recette pour faire en sorte que les homo sapiens croient en des mythes.

Il dit : « Comment vous faites en sorte que les gens croient dans un ordre imaginé, comme le christianisme, la démocratie ou le capitalisme ? »

Il met toutes les inventions humaines dans le même registre d’histoire, y compris le capitalisme, la démocratie, les entités juridiques, les entreprises, etc.

Première chose : vous n’admettez jamais que cet ordre est imaginé.

Vous insistez toujours sur le fait que cet ordre qui fait en sorte que la société se tienne est une réalité objective créée par les grands dieux ou par les lois de la nature.

Dans la Babylone ancienne, les gens n’étaient pas égaux non pas parce que Hammourabi l’a dit, mais parce que les dieux Enlil et Marduk l’ont décrété.

De la même manière, les gens sont égaux non pas parce que Thomas Jefferson l’a dit, mais parce que Dieu les a créés de cette manière.

Le marché libre est le meilleur écosystème économique non pas parce que Adam Smith l’a dit, mais parce que ce sont les lois immuables de la nature.

Vous pouvez faire en sorte d’éduquer les gens par rapport à ça.

A partir du moment où vous êtes nés, on vous rappelle constamment les principes de cet ordre imaginé qui ont été encore incorporés dans absolument tout : dans les contes, dans les drames, dans les peintures, dans les chansons, dans l’étiquette, dans la propagande politique, dans l’architecture, dans les recettes, dans les modes.

Par exemple, aujourd’hui, les gens croient en l’égalité. Donc, c’est super cool pour les enfants riches de porter des jeans, alors qu’à la base, c’est un vêtement des classes travailleuses.

Au Moyen Age, les gens croyaient dans la division des classes sociales. Donc, aucun noble jeune n’aurait porté les mêmes vêtements qu’un paysan.

A l’époque, se faire appeler Monsieur ou Madame était un privilège rare réservé à la noblesse qui était souvent achetée avec du sang.

Aujourd’hui, toute la correspondance polie quelle que soit la personne qui le reçoit commence toujours par « Cher Monsieur » ou « Chère Madame ».

Il dit aussi que l’ordre imaginé façonne vraiment nos désirs.

Par exemple, les désirs les plus chéris des occidentaux sont façonnés par les mythes romantiques, nationalistes, capitalistes et humanistes qui ont été présents pendant des siècles.

Même ce que les gens prennent pour leurs désirs les plus personnels sont souvent programmés par cet ordre imaginé.

Prenons par exemple, dit-il, le désir populaire de prendre des vacances à l’étranger. Il n’y a rien de naturel ou d’évident à propos de ça.

Un chimpanzé dominant mâle ne penserait jamais à utiliser son pouvoir pour prendre des vacances dans le territoire d’une bande de chimpanzés à côté.

Les élites de l’ancienne Egypte dépensaient leur fortune à construire des pyramides et avoir leur corps momifié, mais aucun d’entre eux n’aurait pensé à faire du shopping à Babylone ou de prendre des vacances de ski en Phénicie.

Les gens aujourd’hui dépensent une grande partie de leur argent dans des vacances à l’étranger parce que ce sont des vrais croyants dans le mythe du consumérisme romantique.

C’est pour vous donner une idée du livre.

Il parle de choses sur lequel on est tous d’accord, sur le fait que les religions des anciens temps, par exemple la religion sumérienne et la religion égyptienne sont des mythes inventés par les êtres humains et que cela leur a permis de mieux coopérer.

Peu de gens iront arguer sur le fait que les religions du monde ancien étaient de vraies religions. La plupart sont des inventions. Tout le monde est confortable pour dire cela. Mais après, ils nous emmènent dans des territoires qui par contre sont beaucoup plus inconfortables pour nous puisqu’il dit : « Toutes les religions sont en fait des inventions, y compris les religions qui sont encore aujourd’hui prédominantes, mais aussi les choses qu’on ne voit pas comme des religions comme le romantisme, le capitalisme, le nationalisme, l’humanisme, etc. »

Il dit même : « Hammourabi pensait que les gens n’étaient pas égaux et qu’il y avait trois classes d’êtres humains : les nobles, les gens normaux et les esclaves. Et Thomas Jefferson pensait que tous les hommes étaient nés égaux. »

Thomas Jefferson était un grand esclavagiste. Donc, il y avait quand même une contradiction dans ses propos.

Il les met sur le même niveau.

Il dit : « Hammourabi a inventé des histoires comme quoi les gens étaient illégaux, tout comme Thomas Jefferson a inventé des histoires sur le fait que les gens sont égaux. »

C’est juste à la base des mythes qu’on a ensuite diffusé pour que la plupart des gens y croient et puissent coopérer entre eux sur ces bases-là.

Il dit d’ailleurs : « Si on avait pu discuter avec Hammourabi, on aurait pu lui montrer des exemples de gens qui sont des esclaves. Ils sont plus intelligents que les nobles.

Sans doute qu’Hammourabi aurait dit : « Non, clairement tu as des esclaves qui sont plus intelligents que les nobles. »

C’est clair, mais on a besoin de dire cela, sinon la société s’écroule. »

C’est ce que dit aussi l’auteur. Cet ordre imaginé est toujours justifié par le fait que c’est important comme ciment de la société. Sans cela, elle ne pourrait pas fonctionner.

En un sens, ces gens ont raison parce qu’effectivement, sans cette histoire commune imaginée dans laquelle les gens croient, ils ne pourraient pas coopérer sur des échelles aussi massives. Donc, on ne pourrait pas faire toutes les technologies qu’on a créées aujourd’hui.

Ensuite, il dit : « Contrairement aux lois de la physique qui sont complètement libres d’incohérence, chaque ordre créé par les autres êtres humains est complètement rempli de contradictions internes.

Les cultures sont toujours en train d’essayer de réconcilier ces contradictions et c’est ça qui fait en sorte qu’il y a justement des changements. »

Il donne un exemple concret : « Depuis la révolution française, les gens de par le monde ont graduellement commencé à voir à la fois l’égalité et la liberté individuelle comme des valeurs fondamentales. Pourtant, ces deux valeurs se contredisent l’une et l’autre.

L’égalité peut seulement être assurée en diminuant la liberté de ceux qui font mieux que les autres. Et garantir que chaque individu puisse être libre de faire ce qu’il veut va inévitablement mener à des inégalités très fortes dans un temps très court. »

Il dit : « La politique entière du monde depuis 1789 peut être vue comme une série d’essais pour réconcilier cette contradiction entre liberté et égalité ».

Tous ceux qui ont lu un roman de Charles Dickens savent que les régimes libéraux du XIXe siècle en Europe donnaient la priorité à la liberté individuelle, même si ça impliquait de mettre une pauvre famille endettée en prison parce qu’elle n’arrivait pas à payer ses dettes.

Tous ceux qui ont lu le roman de Alexander (0 :22 :26) savent que à quel point l’idéal égalitarisme du communisme a produit des tyrannies brutales qui essaient de contrôler tous les aspects de la vie quotidienne. »

Ensuite, quelque chose qui se rattache à l’actualité, il dit : « La politique américaine contemporaine tourne aussi autour de cette contradiction.

Les démocrates veulent une société qui est plus équitable, même si cela veut dire d’augmenter les taxes pour financer des programmes pour aider les pauvres, les personnes âgées et les infirmes.

Cela interfère avec la liberté des individus de dépenser leur argent comme ils veulent.

Pourquoi le gouvernement devrait me forcer à acheter une assurance santé si je préfère utiliser cet argent pour mettre mes enfants à l’école ?

Les républicains d’un autre côté veulent maximiser la liberté individuelle même si cela veut dire d’augmenter le gap entre les riches et les pauvres, et que beaucoup d’américains ne puissent pas se payer une assurance santé. »

Et juste avant, il donnait l’exemple du christianisme qui avait énormément de mal à réconcilier les valeurs de la chrétienté qui étaient celles de l’amour, du pardon, etc., avec les valeurs de la chevalerie des nobles qui étaient au contraire très violentes, où on avait le droit de faire la guerre à son voisin pour des broutilles, où c’était Ok d’aller piller, massacrer, violer, etc.

Ce qui entre autres causait la fin de ce système-là était la contradiction profonde entre ces valeurs du christianisme et celles de la chevalerie qui pourtant ont essayé de se fusionner.

Il dit par exemple : « Qu’est-ce que c’est que la légende d’Arthur, du Graal et de la table ronde à part cette tentative de montrer ce que doit être un chevalier chrétien qui suit les principes du christianisme et de donner un idéal à tous ces chevaliers assoiffés de sang qui n’étaient pas de très bons chrétiens ?

La société au Moyen Age a échoué à réconcilier ces deux points de vue opposés. Et aujourd’hui, la société moderne échoue réconcilier la liberté avec l’égalité, et donc, condamner à un moment ou à un autre à évoluer et à abandonner ces deux idéos. »

C’est un livre qui fait extrêmement réfléchir parce qu’il nous permet de prendre du recul sur, c’est facile de dire : « Oui, les égyptiens, les pauvres croyaient qu’il y avait Anubis qui avait une tête de chat et qui faisait des trucs. Ils croyaient que quand on se faisait momifier le corps, on allait au paradis. ».

C’est facile de voir les anciens mythes et de se dire : « Les mecs avaient vraiment fumé des trucs, ça ne sert à rien. »

C’est aussi facile de ne pas voir qu’on est entouré de mythes et de se rendre compte qu’on croit aussi en des choses qui finalement sont inventées. Et que parfois on croit à leur existence réelle alors que c’est à la base des inventions humaines, qui ont un rôle certes politique et sociétal mais à la base, ce sont juste des inventions.

C’est intéressant de prendre du recul par rapport à ces valeurs-là et de se dire : « c’est très intéressant ce qu’il dit » parce que dès qu’on envisage le futur, il peut y avoir des dystopies. Mais typiquement, on reste quand même dans le même schéma de garder ces valeurs humanistes, etc.

Là, l’auteur nous montre qu’il y a une contradiction fondamentale entre la liberté et l’égalité.

Il prédit qu’à terme, on va évoluer au-delà de ces valeurs parce que c’est juste irréconciliable, tout comme la chevalerie avec le christianisme était irréconciliable.

Et autant le christianisme et la chevalerie, les gens du Moyen Age, n’auraient jamais imaginé qu’on puisse faire une société sans ça parce que c’est des ciments de leur société. Autant aujourd’hui, on ne peut pas imaginer d’avoir une société sans ces deux valeurs alors qu’il y a des tas d’autres choses qui sont imaginées.

Ce bouquin vous retourne le cerveau. C’est impressionnant.

Je vous recommande de le lire parce que c’est le point principal qu’il fait dans son livre, mais il en fait d’autres.

Le deuxième point majeur qu’il fait, c’est qu’on peut avoir des inventions technologiques qui augmentent le nombre d’êtres humains, qui augmentent le bien-être d’une petite partie de la population, mais qui peuvent faire en sorte que la société se porte mieux alors que les individus qui composent la société se portent moins bien.

Et il dit : « Est-ce que fondamentalement, on est plus heureux que le chasseur de la préhistoire qui avait 35 ans ou 40 ans d’espérance de vie ?

Ce n’est pas sûr. »

« Est-ce qu’il y a quelque chose qui peut remplacer la joie extrême de se balader dans la nature avec une bande de copains et d’aller chasser le mammouth, de vivre une aventure extraordinaire dans des étendues sauvages d’une beauté incroyable qu’on ne peut plus avoir aujourd’hui ? Ou dans des zones très spécifiques des parcs et encore pas du tout avec le même type d’aventure excitante ?

Il n’y a sans doute rien dans la vie moderne qui peut remplacer cette excitation, cette joie de faire cette chasse au mammouth, de coopérer avec ses amis, et de ramener après une chasse à succès de la nourriture qui est vitale pour le village, de se faire accueillir par le tout village comme des héros.

Qu’est ce qui peut remplacer cette excitation, cette aventure aujourd’hui dans la vie moderne ?

Très peu de chose. Peut-être rien. On n’est pas fondamentalement plus heureux qu’avant.

Cela ne veut pas dire encore une fois que toutes les innovations n’ont servi à rien non plus.

Finalement, il fait un point très intéressant sur l’importance des histoires pour la coopération et dans le fait que ça a façonné notre histoire et la suprématie qu’on a sur cette planète.

Les inventions humaines sont extrêmement importantes dans notre réussite, mais je n’avais pas vu à quel point les histoires avaient un rôle important.

Quand l’auteur dit « histoire », on a l’impression que c’est péjoratif quelque part.

Il met en avant l’esprit positif du truc, mais il dit avant tout : c’est enraciné dans une fiction.

Et comme s’il y a fiction en soi, ce n’est pas une chose qui était foncièrement mauvais.

Mais je me suis dit qu’il aurait peut-être dû nuancer avec la notion d’invention.

Il y a des tas de choses qui nous entourent qui ont été inventés par les êtres humains et qui n’existaient pas avant : ce livre, la table, l’iPad, ma montre, mes vêtements. Tout ça n’existait pas avant.

Ce sont des choses qui ont germés dans l’esprit d’un être humain à la base, qui la réalisait concrètement. Ensuite, ces inventions se sont répandues et ont été améliorées.

Au final, on a très peu de choses qui viennent directement de la nature qu’on utilise aujourd’hui.

Même les légumes et les fruits qu’on mange au jour le jour ne sont pas du tout les versions sauvages qui existent dans la nature. Ce sont des versions qui ont été améliorées au fil des millénaires.

Il y a beaucoup de fruits et de légumes qu’on mange qui ont été domestiqués il y a des milliers et des milliers d’années. Et on mange aujourd’hui des supers versions qui ont été sélectionnées pendant des milliers d’années, qui sont vraiment des OGM – Organismes Génétiquement Modifiés – mais de manière naturelle.

C’est plutôt artificiel, mais dans un processus de sélection longue par rapport à leur équivalent dans la nature.

Tous ceux qui ont vu l’équivalent sauvage par exemple des tomates, des pommes de terre, de n’importe quel truc qu’on mange régulièrement ont vu à quel point c’est rabougri, c’est tout petit.

Ce n’est même pas bon en général par rapport à la version domestiquée.

Est-ce que les mathématiques sont une invention ou une découverte de l’homme ?

C’est vrai qu’on pouvait se poser la question. On pourrait faire la nuance entre l’invention et la découverte.

Dans l’idée, la découverte, c’est quelque chose qui existe déjà dans la nature et dont on comprend le fonctionnement.

Et l’invention, c’est quelque chose qu’on invente dans notre tête qui n’existait pas avant et qu’on pourra peut-être transformer à partir d’une découverte.

Par contre, les mathématiques sont-elles une invention ou une découverte ? Parce que quand on dit les nombres 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, le symbole du nombre est une invention.

Après, le chiffre 1 existe-t-il vraiment dans la réalité ?

Ça se débat. Par contre, on peut durer qu’effectivement, la notion de quantité existe dans la nature.

C’est 1 livre, 2 livres. Ce n’est pas compliqué à comprendre même si en tant que tel, c’est aussi une fiction.

C’est comment on envisage l’objet aussi qui fait qu’on va être capable de dire si c’est un bouquin parce qu’on pourrait aussi envisager le nombre d’atomes qu’il y a dans ce livre. Sans doute plus que de toutes les étoiles de la galaxie.

On pourrait compter aussi le nombre de passages, mais la page est une sorte d’entité fictive. Pourquoi la page en elle-même serait quelque chose de plus intéressant que l’atome du livre ?

Quelque part, c’est une invention. Mais en même temps, il y a certaines lois mathématiques qui décrivent exactement le comportement d’objets physiques.

Par exemple, la loi de l’attraction de Newton permet de décrire très exactement les orbites des planètes, sauf dans des cas particuliers où il faut appeler la théorie de la relativité. Mais on ne va pas aller jusque-là.

Mais en gros, en utilisant la formule mathématique de Newton, je peux prédire exactement où sera Jupiter dans 1000 ans, dans 10 000 ans, dans 100 000 ans, dans un million d’années avec une marge d’erreur très faible.

Et pourtant, j’utilise des symboles qui ont été inventés par des êtres humains, mais j’utilise cette invention pour prédire où un objet naturel sera dans une période de temps très longue.

Certaines inventions permettent aussi d’avoir un regard pertinent sur le monde et de mieux comprendre comment le monde fonctionne.

Ce n’est pas forcément des fictions en tant que telles. Ce sont des choses imaginées par l’homme qui ont une relation avec la réalité, qui ont une interface avec la réalité qui est meilleure que si elle n’existait pas. Les mathématiques sont un excellent exemple.

Après, vous êtes libre d’être d’accord ou pas avec moi.

C’est une critique que je peux faire par rapport à l’auteur, mais c’est un point de détail.

C’est un livre qui est extrêmement riche et que je recommande fortement de lire.

En plus, ça a été traduit en français. Vous n’avez aucune excuse. Ça vous retourne vraiment le cerveau.

Est-ce que ça vous a apporté quelque chose concrètement dans votre business ou dans votre vie ?

Dans votre business, je ne suis pas sûr. Dans votre vie, je le pense.

Je trouve que ce genre de livres est extrêmement intéressant parce que cela élargit notre vision.

C’est ce genre de culture qu’on doit enseigner à l’école parce que ça nous permet de relativiser certaines choses, de s’extirper un petit peu des normes de la société. C’est ce que permet de faire le voyage aussi : d’avoir davantage de liberté par rapport à ces normes-là, d’imagination, de pouvoir aussi pour accompagner les changements, les créer et les provoquer.

Aussi, grâce à la critique qui fait les normes actuelles, les valeurs actuelles, cela nous permet d’anticiper, même si c’est de manière confuse, même si on se demande où cela va nous mener.

Ça nous permet d’anticiper de futures évolutions et d’être mieux préparé aux évolutions du XXIsiècle qui vont sans doute être extrêmement nombreuses.

Du coup, ça nous permet d’avoir cet état d’esprit souple dont je parle aussi dans « Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études » et qui, selon moi, est une des compétences fondamentales à avoir dans le XXIe siècle.

On est dans une société qui change de plus en plus vite, que ce soit au niveau technologique mais aussi au niveau des comportements et au niveau sociétal.

Et c’est très important.

Ce genre de livre, en nous retournant le cerveau, en nous faisant fondre l’esprit certains neurones, en faisant connecter certains neurones qui n’avaient jamais été connectés, nous permet d’entretenir cette souplesse et cette adaptabilité qui sont extrêmement importants.

C’est un livre que je vous recommande fortement : « Sapiens : Une brève histoire de l’humanité ».

Il a aussi écrit une suite à ce livre.

Ce n’est pas vraiment une suite, ça peut se lire indépendamment, qui s’appelle « Homo Deus ». Mais déjà, commencez par « Sapiens : Une brève histoire de l’humanité » de Yuval Noah Harari.

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