Mon avis sur le BREXIT, par un Londonien

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Transcription texte (littérale) de la vidéo « Mon avis sur le BREXIT, par un Londonien » :

Vous êtes nombreux à avoir demandé mon avis sur le Brexit car je suis un français qui vit à Londres.

Je dois dire que j’ai été surpris et déçu par la décision des Britanniques. Mais par contre, cela ne va pas changer matériellement grand-chose pour moi et pour les trois autres millions d’européens qui vivent en Grande Bretagne.

Déjà, ce n’est pas parce qu’il y a eu ce référendum que le Brexit va avoir lieu rapidement. Cela va prendre des années, au moins deux ans, sans doute plus. Et pendant ce temps-là, les anciens accords vont continuer à s’appliquer. Donc déjà, ça laisse le temps de voir venir.

Ensuite, il y a trois millions d’européens en Grande Bretagne. Même en cas de Brexit, ils ne vont pas les mettre dehors du jour en lendemain. Ils ne vont même pas pouvoir les mettre dehors. Et c’est fort probable qu’ils ne veulent même pas les mettre dehors.

D’ailleurs, le camp du « Leave Europe » s’était engagé à ce qu’il n’y a pas de différence de statut pour les trois millions d’européens qui restent sur place.

Juridiquement, ça se discute vu qu’ils étaient dans la légalité : en étant européen et en vivant en Grande Bretagne, est-ce qu’en cas de Brexit, ce statut change ou pas ?

Au-delà de ça, même dans le pire des scénarios, si on imagine que la Grande Bretagne sort de l’Union Européenne et renonce à la liberté de circulation, ils vont proposer aux trois millions d’européens qui vivent en Grande Bretagne une possibilité de régulariser leur situation.

Il y aura peut-être un peu de paperasses à faire pour prouver par exemple qu’on n’est pas au crochet de l’Etat. Puis, on pourra avoir une carte de résident.

Sans compter qu’une bonne partie des trois millions d’européens qui vivent en Grande Bretagne sont là-bas depuis cinq ans et ils peuvent demander la nationalité Britannique. Ça ne causera pas de problème outre mesure.

Il est très peu probable que la Grande Bretagne veuille sortir du marché unique. Pour l’instant, il n’y a personne qui dit cela en Grande Bretagne, même les plus grands eurosceptiques. Ils veulent garder l’accès au marché unique.

Et il est impossible aujourd’hui d’avoir accès au marché unique européen sans accepter notamment la totale situation de biens, de services, de capitaux et de personnes.

On a la Norvège qui n’est pas dans l’Union Européenne, mais qui est dans l’espace économique européen comme l’Islande par exemple. En gros, ils contribuent au budget européen.

Ils sont obligés d’accepter cette libre circulation des personnes qui aussi d’ailleurs fait l’affaire de leurs régions parce qu’eux aussi peuvent, du coup, vivre et s’établir partout dans l’Union Européenne.

On a le cas de la Suisse qui ne fait ni partie de l’Union Européenne, ni partie de l’espace économique européen, mais qui a signé des traités bilatéraux.

Pareil, elle a accès au marché unique et doit accepter aussi la libre circulation des personnes avec certaines restrictions. Ce n’est pas une totale liberté.

Ils ont le droit de demander aux personnes qui veulent s’établir en Suisse de prouver qu’ils ont de quoi vivre sur place, qu’ils ne vont pas vivre au crochet de l’Etat.

A part cela, tous les européens peuvent aller vivre et s’y établir. Et inversement pour les Suisses.

C’est très peu probable que la Grande Bretagne veuille sortir du marché unique. Concrètement, cela veut dire : accepter cette libre circulation des personnes. Et cela n’a rien changé pour les européens qui vivent sur place.

Personnellement, je ne m’inquiète pas. De toute façon, ça va prendre des années. Il y a très peu de chance que cela change quoi que ce soit pour moi et pour les autres.

Par contre, c’est vrai que cela pose question sur le pourquoi de ce vote et sur l’avenir de l’Europe.

Je trouve que l’Europe est un exemple pour le monde de pays qui se sont affrontés pendant des siècles, voire même des millénaires.

On est la deuxième ou troisième génération de jeunes qui n’ont pas dû prendre son fusil pour tuer les jeunes d’en face. C’est avant tout dû à cette volonté de paix et d’harmonie qui a présidé la philosophie de la construction de la communauté européenne, et ensuite de l’Union Européenne.

Et cela, les Britanniques en votant pour non l’ont un peu oublié. Ils voient un peu plus l’Union Européenne comme une sorte de contrat qui doit avoir des avantages commerciaux et économiques.

C’est vrai, ils ont raison, mais ce n’est pas que ça.

C’est aussi un projet politique de paix et d’harmonie de pays qui se sont entre-déchirés et qui montrent à d’autres parties du monde qui peuvent être en compétition comme ça avec une histoire très riche en violence et en guerre qu’on peut arriver à s’accorder les uns les autres à vivre en paix, notamment en remplaçant la guerre par le commerce.

Et c’est vrai que vouloir quitter l’Union Européenne, pour moi, c’est aller un peu à l’encontre de cette volonté de paix et d’harmonie. Je trouve cela vraiment dommage surtout qu’il faut reconnaître que les arguments pour lesquels les électeurs ont voté, le fait de quitter l’Union Européenne, sont en grande majorité faux, voire même c’étaient des mensonges.

Cela a été déjà reconnu par certains des partisans du Leave.

Par exemple, le fait qu’il y a 350 millions de livres sterling qui sont payés toutes les semaines pour l’Union Européenne et que c’est de l’argent qui aurait pu être injecté dans la sécurité sociale anglaise qui est le NHS qui actuellement, comme en France d’ailleurs, a des gros problèmes de financement.

Le fait de quitter l’Union Européenne va pouvoir permettre de mieux maîtriser le flux des migrants. Ce qui est encore une fois est très problématique étant donné que si la Grande Bretagne veut garder l’accès au marché unique, elle va de devoir accepter la libre circulation des personnes.

Quand on creuse, on se rend compte que les électeurs se sont faits un peu berner sur ce point. C’est vraiment dommage de voir autant de démagogie et de bas niveau dans un discours politique. Ce n’est pas la première fois, ça ne serait pas la dernière.

Il faut se rappeler quand même qu’Adolf Hitler a été élu démocratiquement. Et il y a beaucoup de choses qui se sont passés qui ont des conséquences désastreuses et qui, à la base, ont été choisies par les électeurs.

Ce qu’il faut retenir dans tout cela, c’est : finalement, les démocraties ont toujours été extrêmement fragiles pendant les périodes de crise économique. Elles ont toujours été très vulnérables aux démagogues qui font des fausses promesses. Puis, c’est toujours un peu le même schéma. Ça va mal. Donc, il y a un problème économique.

On a un ou des démagogues charismatiques qui vont pointer du doigt un bouc émissaire et qui vont monter la population contre lui en promettant des solutions miracles si on arrive à se débarrasser de l’autre, de ce problème, de ce bouc émissaire qui est à l’origine de tous les maux.

On voit exactement le même schéma ici en Grande Bretagne où c’est l’Union Européenne qui est censée être à l’origine de tous les maux, alors que quand on regarde objectivement, cela amène quand même pas mal de choses positives. Je pense que cela amène plus de choses positives que de choses négatives.

Je ne suis pas en train de dire que tous les partis eurosceptiques européens sont des partis nazis. Ce que je dis, c’est qu’il y a des points communs entre tous les démagogues du monde qui prolifèrent dans les périodes de crise économique où les gens sont un peu désespérés. Ils sont prêts à écouter n’importe qui, n’importe quoi et n’importe quelle promesse.

Mon grand père est né en 1924, il a 92 ans. Cela veut dire qu’en 1944, il avait 20 ans. En 1939, 15 ans. Donc, il se rappelle très bien de la Seconde Guerre mondiale.

Il m’a raconté qu’une fois qu’il était dans un train, il y avait des avions anglais qui ont commencé à mitrailler le train et que pour ne pas se faire tuer, il s’est planqué en dessous du train.

Il a trouvé un boulot d’instituteur pour ne pas avoir à être envoyé en Allemagne parce que les français qui n’avaient pas de job en France étaient envoyés en Allemagne pour travailler dans des usines, pour participer à l’effort de guerre allemande.

Je peux parler encore aujourd’hui avec quelqu’un qui a vécu directement les conséquences d’une Europe désunie, d’une Europe belliqueuse, d’une Europe qui se méfie de l’autre, qui se méfie de l’étranger, qui se replie sur soi.

Et c’était il n’y a pas si longtemps. Je peux encore parler avec quelqu’un qui a vécu cela et qui peut me raconter cela, qui chez lui encore a découvert un couteau et une fourchette qui sont gravés du symbole nazi parce qu’il y a beaucoup de français qui ont été obligés d’héberger des soldats allemands et qui ont encore gardé ce souvenir-là.

C’est cela que les Britanniques ne doivent pas oublier, c’est cela qu’on ne doit pas oublier. C’est ce projet de paix et d’harmonie.

Donc au-delà du fait que matériellement, cela ne va pas changer grand-chose, je m’interroge vraiment sur la pertinence de rester dans un pays qui a choisi le passé plutôt que l’avenir.

Cela me gêne beaucoup parce que pour décider de partir de France, j’ai choisi Londres pour de multiples raisons.

La raison principale, c’est que c’est la Silicon Valley de l’Europe. C’est la ville la plus dynamique pour moi en Europe pour les investisseurs, les entrepreneurs, même au niveau culturel ou artistique.

Même si Paris n’est pas mal non plus, Londres c’est vraiment le top, sans compter la langue anglaise, le rayonnement anglo-saxon, etc. Là vraiment, pour moi, ça met un petit coup au moral.

Et je pense que je ne suis pas le seul. Il y a beaucoup de personnes qui se demandent si Londres va garder cette place proéminente finalement et qui, du coup, ne voient plus le Royaume-Uni et Londres d’un aussi bon œil.

Elles se disent : est-ce que vraiment j’ai envie d’investir là, de vivre là, de soutenir un pays qui a pris une décision basée déjà beaucoup sur des mensonges et qui va tellement à l’encontre de beaucoup de valeurs qu’on a : de plus d’intégration, de plus de paix, de plus d’innovation, d’un espace européen unique.

Personnellement, je suis pour le fait d’avoir un état fédéral à terme qui tient compte des spécificités de chaque pays. Ça, c’est normal. C’est la base du fédéralisme.

Après tout, on a bien au Canada plusieurs langues qui cohabitent. Pareil en Belgique, pareil en Espagne. Il y a déjà des précédents, pas à ce niveau-là, pas à cette échelle-là, mais c’est tout à fait possible.

Voilà, en tout cas, mon opinion sur le Brexit.

Il n’y a pas grand-chose à craindre du côté des obligations matérielles. C’est juste plutôt une crainte sur l’avenir de l’Europe parce que je reviens sur le fait que les démagogues prospèrent pendant les périodes de crise. Là, on peut être sûr que Lepen va vous parler d’un référendum en France à faire peut-être dans les décennies qui viennent à chaque fois qu’elle passera à la télé.

On voit le fait que la Grande Bretagne a cédé un peu à cette tentation du repli identitaire, du repli sur soi. Il y a une augmentation des crimes, de haines raciales, etc., et c’est vraiment un danger pour la France.

Le fait que la Grande Bretagne soit dans l’Union Européenne, c’est chiant, mais ça va. Eux aussi, c’est un peu les aztèques. Ils ont toujours été un peu bizarres dans l’Union Européenne.

Si la France sort, là, ça va faire très mal pour la construction européenne. Ce sera vraiment un triste jour puisque ce sera le point de départ d’un repliement sur soi et peut-être d’une montée de la xénophobie, tout comme ça s’est passé il n’y a pas si longtemps en Europe.

Donc, j’ai vraiment un peu peur pour ça. C’est aussi pour cela que je tenais à vous partager mon opinion, non seulement pour répondre à ça, mais aussi pour me positionner même si normalement en tant qu’entrepreneur, ce n’est pas conseillé de se positionner politiquement.

Mais au-delà des clivages politiques, droites ou gauches, etc., je pense vraiment que l’avenir de la France et tous les pays européens, cela se passe au sein de l’Europe. Et quelque chose comme le Brexit n’aurait jamais dû se passer.

En tout cas, le niveau de débat aurait dû être beaucoup plus élevé que celui qu’il a été, et les électeurs auraient dû faire un peu plus de travail pour séparer le vrai du faux et comprendre un peu tous les jeux démagogiques et politiques qui se jouent derrière les fausses promesses, les fausses données, etc.

Je pense que c’est une vraie leçon pour nous si jamais le problème, un jour, se posera en France.

 

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