Comment Yann a bâti un EMPIRE en Suisse à partir de RIEN

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– La vidéo « Comment Manuel Diaz a créé sa MULTINATIONALE à 18 ans  » : https://www.youtube.com/watch?v=CFQ3H-Rxma8&list=PLlNaq4hbeacRenu3pV65ir209cjP6CZph

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Transcription texte (littérale) de la vidéo « Comment Yann a bâti un EMPIRE en Suisse à partir de RIEN » :

Olivier Roland : Bonjour, je suis actuellement avec Yann qui fait partie de mon mastermind.

Yann Gabioud : Oui, c’est un plaisir.

Olivier Roland : Tu es un super entrepreneur, un serial entrepreneur puisqu’aujourd’hui, tu as une dizaine entreprises en Suisse qui réalisent environ 6 millions de francs suisses annuels.

Yann Gabioud : Oui, c’est ça.

Olivier Roland : Ce qui fait à peu près 6 millions d’euros au taux actuel.

Yann Gabioud : C’est plus ou moins la même chose.

Olivier Roland : C’est assez extraordinaire. Je voudrais qu’on parle de cela et de ton histoire.

Est-ce que tu peux nous raconter ce que tu faisais avant d’être entrepreneur ?

Yann Gabioud : J’ai commencé ma vie d’entrepreneur en 2006. J’avais créé ma première entreprise à ce moment-là. Et juste avant, je travaillais dans la boîte de mon père qui a créé sa société dans le domaine électrique à l’époque.

Donc, j’avais fait ma formation en apprentissage avec 4 ans de formation.

Puis, j’ai attaqué une licence qui est une maitrise fédérale puisqu’on est obligé d’avoir une licence en Suisse pour exploiter dans le domaine électrique parce que c’est mon métier de base.

Je l’ai fait pendant 5 ans. Donc, ça fait 10 ans d’études au total.

Olivier Roland : Quand tu as fini tes études, qu’est-ce que tu as fait après ?

Yann Gabioud : Après, je suis parti faire mes pieds dans différentes entreprises en Suisse Romande. Et très vite, j’ai créé ma première société en 2006.

Olivier Roland : C’était combien de temps après avoir terminé tes études ?

Yann Gabioud : C’était à peine une année.

Olivier Roland : Donc, très vite tu as ressenti l’appel de l’entreprenariat.

Yann Gabioud : Oui, très vite. Absolument. Je savais que je voulais faire ça, je voulais être indépendant.

Olivier Roland : Pourquoi ? Qu’est-ce qui te manquait quand tu étais employé ?

Yann Gabioud : Quand j’étais employé, ce qui me manquait concrètement, c’était d’avoir les connaissances théoriques, les connaissances techniques pour pouvoir être indépendant.

Olivier Roland : Quand tu étais employé, qu’est-ce qui a fait que tu n’as pas pu te contenter du statut de salarié ?

Yann Gabioud : Ce que je voulais faire, c’était gagner plus, aller plus loin, être libre, faire ce dont j’avais envie quand je veux.

Ne pas avoir quelqu’un au-dessus de moi qui me dit ce que je dois faire, de pouvoir faire ce que je veux quand je veux, d’entreprendre ce que j’ai envie de faire, de développer ce que j’ai envie de développer, de pouvoir croître à ma vitesse sans être bloqué par une inertie de différentes décisions des autres personnes.

Olivier Roland : Au bout d’un an, assez rapidement par rapport à ce que la plupart des gens font, tu décides de créer ta boîte. Comment ça s’est passé ? C’était une entreprise de quoi ? D’électricité ?

Yann Gabioud : C’était une entreprise d’électricité.

C’était marrant parce que je venais d’investir, j’avais acheté une villa avec mon épouse. J’avais investi aussi 50 000 euros dans la formation. Ça m’a coûté cher de faire cette maitrise fédérale, d’avoir la licence.

J’étais à sec, mais j’étais convaincu que j’allais réussir. Donc, ce n’était pas un souci pour moi, j’avais cette volonté.

J’avais un client dans l’entreprise dans laquelle je travaillais. J’ai pensé à lui pour qu’il me donne un coup de main financièrement pour créer la société. C’était un SARL au début à 20 000 euros.

Un jour, je le convoque et je lui dis s’il serait d’accord de boire un café.

On a été boire un café sur une terrasse et je lui dis : Je présente mon projet, je vais faire ma société, mais moi je suis prêt à travailler pour toi parce que je sais que tu as du boulot à faire dans le domaine électrique. Ce qui serait sympa, c’est que tu me donnes un coup de main, c’est-à-dire que tu m’avances l’argent pour que je puisse créer le premier capital.

Et il s’est passé un truc fantastique. Il m’a demandé d’attendre cinq minutes. Il s’est levé, il a été au guichet à côté de la banque, il est revenu et m’a donné 10 000 euros dans les mains.

Olivier Roland : C’est incroyable. Qu’est-ce qui a convaincu cette personnalité à ton projet ?

Yann Gabioud : J’avais déjà un contact avec lui depuis quelques années dans le domaine, avec la société dans laquelle je travaillais. Je pense que j’ai été au culot, c’est quelqu’un qui était aussi entrepreneur. Je pense qu’il a apprécié le culot.

Olivier Roland : Ça pourrait arriver en France ou c’est spécifique qu’en Suisse comme attitude ?

Yann Gabioud : Non, je pense que ça peut arriver partout à mon avis. Si tu es clair avec toi, tu es clair avec les autres. Et si tu prends le risque d’essayer, si tu ne demandes rien, tu n’as rien. C’est clair.

Donc là, c’était excellent parce que 10 000 euros à l’époque, c’était quelque chose d’important pour moi parce que j’avais une famille, j’avais des charges, j’avais le lancement de la société, j’avais plein de choses. Donc, 10 000 euros, il fallait les chercher. 10 000 euros en 5 minutes, c’est cool ce qu’a fait le gars.

Aujourd’hui, avec le recul, c’est de la rigolade pour moi. C’est vraiment de la rigolade.

Je me réjouis quelque part de faire la même chose avec un entrepreneur qui a envie de développer son activité.

Olivier Roland : Tu l’as fait déjà ?

Yann Gabioud : Non, pas encore.

Olivier Roland : Donc, il te prête ces 10 000 euros et tu crées ta première entreprise avec ça ?

Yann Gabioud : Je crée ma première entreprise avec ça.

Olivier Roland : C’était une entreprise de services ?

Yann Gabioud : Services, dans le domaine de l’installation électrique, dans le bâtiment.

Je vais chez des clients privés ou chez des architectes et je fais l’installation électrique d’une villa, d’un appartement.

Olivier Roland : Tu démarres tout seul ?

Yann Gabioud : Je démarre tout seul, oui.

Olivier Roland : En tant que prestataire, tu faisais l’artisan.

Yann Gabioud : Oui. L’artisan, seul avec ses outils.

Et même que j’ai fait des études et tout, j’aurai pu trouver un poste facilement avec un salaire élevé dans une première société dans le coin. Ce n’est pas un souci. J’aurai eu un bon salaire.

D’ailleurs, j’avais un très bon salaire à l’époque puisque j’avais la maîtrise fédérale, ça se paie si tu vas en Suisse.

Olivier Roland : Tu as de la valeur.

Yann Gabioud : Et lorsque je suis parti, quand j’ai quitté la société pour créer ma société, ma femme Pina dit que je suis complètement malade de quitter un poste sûr avec un salaire élevé. Ma philosophie va être comme ça dorénavant.

A chaque fois que je vais changer de gamme dans ma structure professionnelle et dans le temps, je vais à chaque fois élever mon niveau de revenu. Je me suis tenu à cela depuis que j’ai fait ça. A chaque fois que j’ai une transition professionnelle, j’ai toujours élevé mon revenu.

C’est une philosophie que j’ai adoptée vis-à-vis de moi et c’est cool parce que c’est un challenge. J’aime bien relever les challenges.

Olivier Roland : Donc, tu démarres tout seul.

Yann Gabioud : Oui, je démarre tout seul.

Je prends un mandat, je prends un deuxième mandat, je prends un troisième mandat. J’engage un gars, j’engage un deuxième gars. On était six dans l’entreprise.

Olivier Roland : Combien de temps après la création ?

Yann Gabioud : Six mois.

Olivier Roland : Six mois. Ça a vraiment démarré vite.

Yann Gabioud : Oui. Ce qui a été encore plus vite, c’est qu’après une année, j’ai vendu la société.

Olivier Roland : Tu as revendu au bout d’un an ?

Yann Gabioud : J’ai revendu au bout d’un an.

Olivier Roland : Tu avais trente ans à l’époque à peu près.

Yann Gabioud : Oui, j’avais approximativement 30 ans.

Olivier Roland : C’est très rare de vendre une entreprise aussi vite.

Yann Gabioud : C’était rare et ce n’était pas une volonté de ma part.

Ce qui se passe, c’est qu’une des grosses sociétés de la place en Suisse Romande voulait s’installer dans le Canton du valais. C’est un canton où ils n’avaient pas de succursale.

Olivier Roland : Et tu étais là.

Yann Gabioud : J’étais là. Et par le biais d’un ami, j’étais en contact avec une personne qui était responsable dans cette société qui m’a approché et m’a demandé si je ne serais pas d’accord de vendre ma société parce qu’ils s’implanter là. Comme ça, je pourrai m’en occuper aussi.

J’ai accepté. C’était une expérience. J’ai vendu la société à 100 000 euros.

Olivier Roland : Elle faisait combien de chiffres d’affaires à l’époque ?

Yann Gabioud : Elle faisait 400 000 euros.

Olivier Roland : Donc, tu ne l’as pas vendu très cher.

Yann Gabioud : Non, je ne l’ai pas vendu très cher, mais ça m’a couvert les frais et m’a permis de gagner un peu d’argent.

Olivier Roland : Pourquoi tu l’as vendu aussi peu ?

Yann Gabioud : Parce que c’est eux qui sont venus vers moi. Puis, je pense qu’elle n’avait pas la valeur nécessaire pour pouvoir la vendre plus cher.

Olivier Roland : Et pourquoi tu l’as fait alors que tu venais juste de la créer ? Ça marchait bien.

Yann Gabioud : C’était une opportunité. Puis, j’avais envie d’exercer cette expérience de vendre une société. Ce n’est pas parce que j’en ai créé une que je ne peux pas la vendre.

Olivier Roland : Et tu t’es dit : je refais une deuxième.

Yann Gabioud : J’en ai créé une deuxième. Pas pour tout de suite, mais j’avais en arrière front l’idée d’en créer une autre.

Encore une fois, mon entourage proche me dit que je suis complètement malade et que ça ne va pas, à commencer par ma femme. Ou les amis : tu viens de créer ta société, tu as donné des efforts et tout. Puis, tu la vends. Ça ne se joue pas.

Et je dis que ce n’est pas un souci, je la vends et ça me fait une expérience. Donc, il y a des opportunités qui passent. Tu as le choix de les saisir ou pas.

Ça a été une expérience pour moi. C’était intéressant. Partant de là, l’acquisition s’est faite. Puis, j’avais un contrat comme quoi je devais rester dans la société pendant un certain temps. Chose que j’ai faite, 6 – 8 mois, je crois.

Après 6 ou 8 mois, je suis parti parce que là, j’étais de nouveau salarié. C’était une transition. J’étais dans ma boîte avec un autre nom. Elle a racheté la raison sociale, le contenu et le pas-de-porte.

Olivier Roland : Mais tu n’avais pas un patron cette fois-ci.

Yann Gabioud : J’avais cette fois un patron.

Olivier Roland : Tu ne pouvais plus être autonome comme avant. Ça a dû te faire un choc d’être dans la même structure ?

Yann Gabioud : C’était particulier parce que j’ai dû m’intégrer à cette société avec des concepts d’organisation, avec des meetings hebdomadaires, chose que je n’avais pas forcément.

Dans l’acquisition, j’ai appris à me caler sur des organisations plus importantes et ça m’a permis de voir comment ça fonctionnait ailleurs.

Olivier Roland : Quand tu as accepté ça, c’était peut-être aussi que tu avais peur de cette première entreprenariat ?

Yann Gabioud : Non.

Olivier Roland : Tu avais quand même accepté de redevenir salarié.

Yann Gabioud : J’ai accepté de redevenir salarié, absolument. Mais c’était plus fort pour moi de faire l’expérience de vendre que de redevenir salarié.

Ce n’était pas intéressant pour moi de redevenir salarié, mais c’était de faire l’expérience de vendre.

Olivier Roland : Mais ça faisait partie du deal. Ils ne voulaient pas que tu partes comme ça.

Yann Gabioud : Oui, ils ne voulaient pas forcément que je parte comme ça. Il fallait que je reste dedans. Ils ne voulaient pas acheter la société, puis moi je parte.

Olivier Roland : D’accord.

Yann Gabioud : Le but, c’est que je reste dedans. On n’a pas forcément défini de timing, mais je suis parti assez rapidement. J’ai recréé une société

Olivier Roland : Toujours dans le même domaine ?

Yann Gabioud : Toujours dans le même domaine.

Olivier Roland : Donc, tu as créé un concurrent.

Yann Gabioud : J’ai créé un concurrent, j’ai repris mes clients.

Très vite, j’ai recréé une nouvelle société et j’ai engagé du monde. Je suis revenu à un stade où j’étais à trois, quatre personnes, pas forcément énorme. Et je bossais énormément.

J’ai donné vraiment beaucoup, je bossais tôt le matin parce que j’ai pris l’habitude de me lever tous les matins à quatre heures et demie depuis que j’ai fait la formation de la maîtrise fédérale parce que j’étudiais le matin. La journée, j’allais bosser. Et le soir, je devais aller aux cours.

Pendant 4 ans j’ai fait ça donc, j’ai pris l’habitude de garder cette habitude. Je bossais le matin, je faisais mes offres et les factures le matin jusqu’à 7 heures et à 7 heures j’allais bosser.

Tu n’es jamais mieux servi que par toi-même. En faisant ça, j’ai pu générer des bénéfices, générer plus d’argent pour pouvoir investir.

Olivier Roland : Cette entreprise, tu ne l’as pas vendu ?

Yann Gabioud : Cette entreprise je ne l’ai pas vendu.

Olivier Roland : Elle existe toujours ?

Yann Gabioud : Elle existe toujours.

Olivier Roland : Aujourd’hui ?

Yann Gabioud : Cette société existe toujours. Elle est annexée puisque c’est une société fille de la holding que j’ai créée après coup.

Olivier Roland : D’accord. Et là, tu ne travailles plus dedans ?

Yann Gabioud : Je ne travaille plus dans cette société, non.

Olivier Roland : Qu’est-ce qui s’est passé après cette boîte ?

Yann Gabioud : Après cette boîte, mon père qui avait cette société – l’autre société dans laquelle j’avais fait mon apprentissage – était associé à une personne et il lui donnait les pleins pouvoirs.

Lui, il a toujours porté les salopettes, il travaillait sur le terrain. Et administrativement, il lui a donné les pleins pouvoirs.

Cette personne lui a mis un couteau dans le dos à un moment donné. Il a volé dans l’entreprise, puis l’entreprise était à deux doigts de la faillite. C’est une entreprise qui avait 20 ans d’exercice.

Donc, il est venu me chercher et m’a dit si je suis d’accord de la racheter. J’étais en train de bosser pour ma boîte, j’étais en train aussi de rechercher pour acquérir une nouvelle société. Alors, je me suis retrouvé avec ma boîte, la société de mon père à racheter dans laquelle il y a 25 collaborateurs et une nouvelle société que je voulais racheter. Je dis : je fais quoi ?

Olivier Roland : C’est une bonne question.

Yann Gabioud : J’ai accepté. Pour commencer, j’ai fait un contrat. Et en parallèle, j’ai tout de suite créé une holding. Il faut que je trouve une solution financière intéressante, donc j’ai créé une holding.

Ça s’appelle Smart Energy et Holding SA, dans laquelle j’ai intégré à l’intérieur en société fille la société principale de mon père et 25 collaborateurs. Puis, derrière, j’ai acheté une société pour 150 000 euros, une société dans la région avec 3 collaborateurs qui avait aussi 20 ans dans le même domaine et je l’ai greffé dessous.

C’était mes deux premières sociétés. On était à 20-25 collaborateurs, plus trois, 28. On varie entre 28 et 30 personnes.

Et mon challenge a été de dire qu’il faut que je redresse la société, et en parallèle, il faut que je gère l’autre. J’adore les challenges.

Donc, j’ai redressé cette société-là, j’ai réussi à sortir des fonds par l’intermédiaire de l’immobilier qu’elle avait. J’ai eu une stratégie par rapport à ça.

Avec les fonds, j’ai tout de suite soldé les fournisseurs puisqu’elle avait des dettes. Elle n’arrivait plus à payer.

Olivier Roland : Elle avait un capital immobilier.

Yann Gabioud : Elle avait juste eu un bien immobilier.

Olivier Roland : Donc, tu l’as vendu.

Yann Gabioud : Je ne l’ai pas vendu. Non, je la gardais.

J’ai été voir les banques et je leur ai dit que J’ai besoin d’argent parce que je vais redresser la société. Et puis, j’ai pu générer du cash. Donc, je n’ai pas sorti d’argent physique, mais j’ai pu générer le cash sur la valeur de l’immobilier à 80% de la valeur.

Olivier Roland : Donc, tu l’as hypothéqué. C’est-à-dire que si tu n’arrivais pas à rembourser les banques, ils prenaient l’immeuble.

Yann Gabioud : Exact. Donc, j’ai créé cette valeur-là, j’ai soldé les fournisseurs, et on est à zéro.

Olivier Roland : Ça s’est remis en ordre de redémarrer. Tu as commencé à gérer cette boîte tout en gérant ta première boîte. Comment tu as fait à ce moment-là parce que tu travailles déjà beaucoup à l’époque ?

Yann Gabioud : Je travaillais déjà beaucoup.

Olivier Roland : Forcément, ça t’a forcé à déléguer beaucoup dans ta première entreprise.

Yann Gabioud : Disons que ma première entreprise, je l’ai un peu greffé dans ce système. Là, j’ai un peu fusionné les deux.

Olivier Roland : Mais ça restait deux entités.

Yann Gabioud : Ça restait deux entités séparées.

Olivier Roland : Et comment tu as fait parce que quand tu nous racontes ça, ça a l’air super naturel : je me baladais, j’ai créé une boîte, je ne savais pas quoi faire. Mais tu n’as pas une formation en management ?

À la base, tu n’as pas eu de formation en gestion, tu es un technicien de l’électricité.

Yann Gabioud : À la base, j’étais un technicien. Absolument.

Olivier Roland : Et comment tu as fait pour te former à ça ? C’est venu tout seul ? Tu n’as pas eu de problème ?

Yann Gabioud : Non. Ce que j’ai fait, c’est que j’ai lu des bouquins dans le développement personnel. J’avais en arrière-plan des objectifs pour mes 40 ans parce que je vois ma vie en plusieurs vies.

Aujourd’hui, je suis marié depuis 22 ans à mon épouse, j’ai un enfant qui a 19 ans et j’en ai un autre qui a 17 ans. Dans trois ans, le dernier finira son apprentissage. Donc à ce moment-là, je serai à la fin de ma première vie et déjà loin en arrière.

J’avais l’objectif à 40 ans d’atteindre un certain résultat. J’étais dans une philosophie de time-line avec des objectifs à réaliser.

J’ai greffé des techniques de développement personnel, de confiance en soi, etc., je me suis mis des objectifs élevés.

C’est vrai que quand on parle, ça paraît facile parce que ce sont les habitudes qui ont fait qu’avec le temps, j’ai confiance en moi par rapport à toutes ces expériences que j’ai vécues.

Olivier Roland : Donc, les livres, plus l’expérience.

Yann Gabioud : Oui. Après, j’ai été carrément plus loin. C’est que j’ai été contacté par une personne. J’avais fait un premier blog. À l’époque, j’avais fait un blog et je voulais diffuser un petit peu…

Olivier Roland : Sur quoi ?

Yann Gabioud : C’était un blog sur le développement personnel.

Je voulais déjà un peu partager à l’époque. Mais c’était quelque chose de très simple et une personne m’a contacté.

Olivier Roland : Sur ce blog.

Yann Gabioud : Oui. Elle m’a dit qu’elle aimerait bien me rencontrer. Je l’ai fait venir à la maison. C’était quelqu’un qui était de la région à 50 kilomètres.

On s’est rencontré et elle m’a demandé une fois qu’on a mangé ensemble si ça m’intéresserait de venir avec elle au séminaire d’Anthony Robbins.

Olivier Roland : Ça a eu lieu à Londres ?

Yann Gabioud : Le premier, c’était à Rumigny.

Olivier Roland : C’est où ça ?

Yann Gabioud : Rumini, c’est en Italie.

Olivier Roland : C’est le UPW (Unleash the Power Within)

Yann Gabioud : Exact, oui. Et c’était mon premier.

J’y suis allé, et là, j’ai eu un déclic. Ça a vraiment accentué ma volonté de me fixer des objectifs plus élevés encore et d’aller de l’avant, de m’entourer d’outils et d’engranger les compétences pour pouvoir développer mon business et mes différentes entreprises. J’ai vraiment eu de l’énergie à battre à ce moment-là.

Olivier Roland : Ça t’a super motivé, tu as appris des trucs. Tu as appris d’autres formations d’Anthony Robbins peut-être ?

Yann Gabioud : Je l’ai refait deux fois après.

Olivier Roland : UPW.

Yann Gabioud : Oui.

Olivier Roland : Ça fait trois fois en tout ?

Yann Gabioud : J’ai fait trois fois l’UPW, oui.

Olivier Roland : C’est que tu as vraiment adoré donc.

Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est quatre jours d’un évènement assez intense. C’est un peu comme un concert de rock qui dure 4 jours pour le développement personnel.

Ce n’est pas pour s’amuser, c’est pour apprendre des choses. On fait des trucs, un peu comme marcher sur des braises par exemple.

Yann Gabioud : Exact, oui. Tu ressors de là, tu es boosté. Mais quand tu reviens après dans la vie normale, tu es un extraterrestre pour les gens qui t’entourent. Donc après, automatiquement ton énergie rebaisse. Mais elle rebaisse tout en étant bien plus haut que ce qu’elle était avant parce que tu as pu clarifier des choses en lien avec toi-même, en lien avec tes valeurs, en tes besoins, c’est quoi ta vie, en travaillant sur soi.

Après, tu es beaucoup plus clair avec toi-même puisqu’on dit que 90% de ce qu’on fait, on le fait pour les autres.

J’ai travaillé énormément sur moi. Du coup, j’ai fait d’autres formations avec lui. J’ai fait Date With Destiny à Palm Springs, la Business Mastery.

Olivier Roland : C’est vraiment quelqu’un qui t’a influencé, qui t’a appris beaucoup de choses, qui t’a aidé pour ton business. Ça, c’était ?

Yann Gabioud : Le premier, c’était en 2010. Le dernier, ça devrait être en 2014.

Olivier Roland : Quand tu as commencé avec Anthony Robbins, tu avais deux entreprises. Comment tu es arrivé de deux entreprises à plus d’une dizaine comme aujourd’hui ? Une entreprise après l’autre.

Yann Gabioud : J’ai commencé par finaliser le redressement de la première société. C’était vraiment un gros job. Ça m’a pris une année et demie. Alors qu’indépendant de l’aspect finance et comme j’ai expliqué aussi que j’ai soldé les fournisseurs, après, j’ai toute une stratégie d’optimisation des coûts. Il fallait que j’optimise les coûts, il fallait que je resserre les conditions aux fournisseurs.

Pour donner un exemple, j’ai convoqué un fournisseur qui était le principal fournisseur de la société. Ça faisait 20 ans qu’il travaillait avec la société. Je l’ai convoqué. Et le lendemain, j’ai fermé les robinets, c’est-à-dire je n’ai plus rien commandé chez eux.

Ma stratégie, c’était de dire que maintenant, je veux en tout cas gagner 10% de plus que d’habitude.

On faisait facilement 800 000 euros de fourniture par année. Donc, ça fait 80 000 de gagné juste en un coup. C’était mon objectif.

Je les ai coupés les vivres. Et une semaine après, ils m’ont appelé pour me demander ce qui se passe ?

J’avais prévu qu’ils m’appellent, c’était normal. Je les ai re-convoqués et je leur ai dit que maintenant, les prix, c’est ça ou on ne travaille plus ensemble.

Olivier Roland : Donc, tu as baissé de 10% les prix.

Yann Gabioud : Oui. Et ils ont accepté.

Après, il y a eu toute une série d’autres fournisseurs qui sont venus. Finalement, j’ai transféré à d’autres fournisseurs les commandes parce que j’avais encore d’autres prix bien plus importants même avec des rabais bien plus importants.

Et rien qu’en faisant cela, j’ai généré des bénéfices annuels que la société n’avait jamais pu faire en 20 ans.

Olivier Roland : Excellent.

Tu as vraiment eu une démarche d’entrepreneur rationnel, systématique et qui n’a pas peur aussi d’aller au fond et de négocier les choses. Tu n’as pas eu peur d’avoir l’air d’un salaud ?

Yann Gabioud : Non.

Olivier Roland : Puisque souvent, c’est ça finalement la peur de négocier. On se dit que les mecs vont penser que je suis un…

Yann Gabioud : Non, j’ai pris ça comme un jeu, comme un sport. Puis, c’est ton argent, c’est ta société. Tu as des collaborateurs, tu payes les salariés à la fin du mois.

Si tu achètes une boîte ou si tu crées une société, le fait de l’exploiter et tout, ça doit te rendre bien. Ça ne doit pas être un souci pour toi.

Pour que ça ne soit pas un souci, il faut que ça fonctionne bien.

Et pour que ça fonctionne bien, il faut avoir les outils ou les stratégies en place qui roulent. Et ça, c’était une des stratégies que j’ai mises en place très rapidement.

Olivier Roland : Donc là, l’entreprise s’est mise à aller mieux.

Yann Gabioud : Oui, l’entreprise s’est mise à aller mieux, à générer du profit. Et avec ce profit, j’ai acheté une nouvelle société.

Olivier Roland : Pourquoi ? C’est une entreprise dans l’électricité aussi ?

Yann Gabioud : Toujours dans le même domaine.

Olivier Roland : Toujours dans la même région ?

Yann Gabioud : Non. Là, c’était plus loin. J’ai dit que je vais aller géographiquement plus loin.

Olivier Roland : Mais toujours en francophonie.

Yann Gabioud : Toujours en francophonie, oui. Le but était de croître, de rajouter des sociétés dessous la holding.

Olivier Roland : De toute façon, il y a deux manières de croître : soit de faire croître sa propre entreprise, soit de faire de la croissance externe en rachetant des entreprises dans le même secteur.

Mais par contre, ce qui est intéressant, c’est que tu n’as jamais fusionné. Tu n’as jamais voulu fusionner tes entreprises.

Yann Gabioud : Non. Parce que ma stratégie, c’est de dire que maintenant, j’avais une vision à long terme.

Ma vision à long terme, c’était de faire en sorte que je ne sois pas prisonnier de ma société. La majorité des entrepreneurs bossent jour et nuit pour leurs boîtes et à un moment donné, un jour, ils se retournent.

Je prends exemple sur mon père qui a été d’une certaine manière inspirant, mais contre-productif parce qu’il a toujours eu ses salopettes. Il a toujours travaillé. Et quand il regarde derrière lui, il se dit : mais je n’ai rien.

Et je dis : moi, ça, je ne veux pas. Donc, ma philosophie a été de dire : maintenant, je vais croître, mais je vais aussi m’organiser pour que je puisse ne pas être présent dans ces sociétés et qu’elles tournent toutes seules.

Olivier Roland : Ça, c’est intéressant puisqu’à ce moment-là, avant que tu ne décides à faire ça, tu travailles combien d’heures par semaine à peu près ?

Yann Gabioud : 60-70.

Olivier Roland : Et tu partais en vacances parfois ?

Yann Gabioud : Non, très rarement.

Olivier Roland : Et ta femme, ça allait ? Du coup, tu ne la voyais pas trop ?

Yann Gabioud : Je ne la voyais pas trop, mais l’argent qu’on a gagné m’a permis d’acquérir de l’immobilier.

Je lui ai dit : sois patiente, ça va passer, c’est un moment. Je m’organise maintenant pour que ça se passe bien après. Les objectifs qu’on va atteindre, ce sera ça, ça, ça et ça. Tu verras, je vais te rendre heureuse. Puis, je vais apporter plus de confort dans notre vie.

Donc, c’est un moment. Comme je disais, il y a plusieurs vies pour moi. Et ça, c’était une des vies.

Olivier Roland : Pourquoi tu as décidé de réduire ton temps de travail ?

Yann Gabioud : J’ai décidé de réduire mon temps de travail parce que j’ai envie de pouvoir être moins sous pression.

Olivier Roland : Tu avais déjà des enfants à l’époque.

Yann Gabioud : J’avais des enfants exactement. Moins sous pression, j’avais envie d’être plus libre et pouvoir me concentrer à d’autres choses parce que j’adore créer. Puis dès que ça fonctionne, franchement, je m’ennuie.

Donc, j’ai besoin de créer. Ça, c’est la force du travail sur soi.

En prenant le temps de travailler sur toi, en prenant le temps de sortir de ta zone de confort, tu commences à comprendre comment tu fonctionnes, quelles sont tes valeurs, quels sont tes besoins.

A un moment donné, j’ai compris que ce qui m’éclatait dans la vie, c’était de créer des choses, de développer des choses, optimiser les choses à partir du moment où elles étaient en fonction. Quand ça marchait bien, ça m’ennuyait.

Olivier Roland : Tu as lu « La semaine de 4 heures » à l’époque ?

Yann Gabioud : Je l’ai lu, oui. Ça m’a inspiré absolument.

Tu fais bien de mettre le doigt là-dessus parce que c’est à ce moment-là que j’ai décidé de m’organiser de me détacher de ça pour que je puisse créer plus.

Olivier Roland : De temps pour toi.

Yann Gabioud : Plus de temps pour créer d’autres entreprises, pour créer d’autres business.

Olivier Roland : Tu peux nous partager un peu ce que tu as fait concrètement pour passer de 70 heures par semaine à beaucoup moins ?

Yann Gabioud : Ce que j’ai fait. Tu me posais la question tout à l’heure : pourquoi tu n’as pas fusionné ? Je ne voulais pas fusionner parce que je ne voulais pas avoir une seule personne qui organise, qui manage une seule direction.

Olivier Roland : Tu ne voulais pas être dépendant d’une personne.

Yann Gabioud : Non. Ma philosophie, c’était de dire que je crée une culture d’entreprise. Je sais que dans chaque société, j’ai une personne qui se sent motivée et qui puisse s’organiser et travailler sur la base avec un pool commun, avec un back-office commun.

Si tu demandes à quelqu’un qu’il soit responsable de la globalité de la gestion de l’entreprise et qu’il n’a pas encore d’expériences, le type part en courant.

Donc, à chaque fois que j’ai acquis une nouvelle entreprise, j’ai toujours fait la promotion du mentor, du qui était le plus vieux qui était là. C’est-à-dire que j’ai acheté les sociétés à des entrepreneurs qui souhaitaient partir à la retraite et qui avaient déjà une certaine durée avec un mentor électricien qui était là.

A ce mentor électricien, je dis : est-ce que ça t’intéresse ?

À chaque fois, avant de signer l’acte d’achat, je parlais avec lui. Je lui disais que je prévois de faire ça, est-ce que ça t’intéresse de t’en occuper ? Comment ça va se passer ? Je vais te former, je vais être avec toi. Et puis, on a une équipe qui va pouvoir te supporter. Donc, tu vas devoir ne faire que ça.

Ce qui est génial dans ces sociétés-là, c’est qu’avec cet outil que j’ai mis en place, ils sont improductifs qu’une demi-journée par semaine. Le reste, ils peuvent travailler.

Ils travaillent sur les chantiers, et en même temps, ils gèrent l’équipe. Et ça, je l’ai affiné au fur et à mesure.

Olivier Roland : Donc, tu as mis en place un processus pour que quand tu achètes une boîte, tu n’as pas besoin d’y être beaucoup. Comment tu as fait pour tes entreprises existantes ? Pour les automatiser ?

Yann Gabioud : J’ai créé des règlements.

Olivier Roland : Oui, des règlements. Donc, tu fais ta procédure ?

Yann Gabioud : Avant, je n’avais pas forcément de règlements, je manageais tout. Je m’étais nommé directeur. Donc, j’étais directeur de toutes les sociétés. À un moment donné, dans la région on me disait : mais il fait comment ? Il est directeur de toute la société, comment il fait ?

Donc à un moment, ça ne fait pas très longtemps, ça fait 6 mois maintenant, j’ai décidé de nommer les gens.

Je les ai nommés officiellement directeur auprès du registre du commerce. Je n’avais pas forcément de règlement interne. Donc, j’ai décidé de faire un règlement interne pour tout le monde et de faire des règlements par type de personnalité : par directeur, par chef de projet, etc. Puis, j’ai créé des processus pour que je puisse automatiser au maximum.

Aujourd’hui, j’ai réussi à automatiser cela à 80%, ce qui fait que plus ou moins mes quatre entreprises principales d’électricité qui correspondent entre 45 et 50 personnes ne me prennent qu’un jour par semaine.

Olivier Roland : Donc, chaque entreprise te prend une heure ou la totalité te prend une heure ?

Yann Gabioud : Chaque entreprise, toute la totalité me prend un jour par semaine.

Olivier Roland : C’est excellent. Quand même c’est plus d’une dizaine d’entreprises qui fait ça, c’est extraordinaire. Alors, qu’est-ce que tu fais du temps qui te reste ?

Yann Gabioud : Là, je me suis inscrit pour faire du golf. Je veux absolument pouvoir développer une nouvelle activité en ligne maintenant pour le coaching d’entrepreneur parce que j’ai envie de transmettre ce que j’ai vécu. J’ai envie de créer ça.

Olivier Roland : D’ailleurs, tu viens de créer une chaîne Youtube.

Yann Gabioud : Oui je viens de créer une chaîne Youtube. Et j’ai vraiment envie de fonder une communauté, et de partager et d’aider les gens par le biais de formation par le biais de regroupement, de séminaire, de groupe mastermind comme on a eu l’occasion de le faire ensemble. Ça, c’est vraiment un truc qui me botte.

Et ce qui m’intéresse dans ce système-là, c’est que ça va me permettre dans ma deuxième vie qui va commencer prochainement de voyager avec mon épouse et de gérer mon business de là où je veux.

Olivier Roland : Tu travailles encore quand même pas mal aujourd’hui ?

Yann Gabioud : Oui, je travaille encore.

Olivier Roland : Et puis, pour gérer tes entreprises du coup.

Yann Gabioud : Aujourd’hui, ce qui me prend du temps encore, c’est que je me suis mis un challenge qui est super haut : je suis en train de construire un immeuble commercial de 4300 m² dans laquelle il va y avoir différentes PME, différentes entreprises, une banque. C’est un projet à 12 millions quand même.

Olivier Roland : Ce n’est pas un petit projet.

Yann Gabioud : Ce n’est pas un petit projet. Et ça, ça me prend du temps parce que je m’occupe de l’aspect financier, je m’occupe de l’aspect technique, je fais la direction des travaux. Donc, je fais en sorte que ce bâtiment soit réalisé depuis mon idée que j’ai eue quand j’étais à Londres avec mon fils.

Avec mon fils, à Londres, un jour, on se promène. Puis, il y avait un bâtiment magnifique arrondi avec plein de vitres. Je me suis dit que ça peut être super génial que mes sociétés puissent être là-dedans pour commencer.

Puis, j’avais un objectif de revenus locatif à 40 ans. Je voulais avoir 40 appartements à 40 ans. Finalement, je n’ai pas eu 40 appartements. J’ai eu un certain nombre d’appartements, et je suis en train de finaliser la construction de ce centre qui va m’apporter le même revenu locatif.

Donc, l’objectif sera atteint dans ma quarantième année puisque j’aurais 40 ans au mois d’octobre. Ça serait le 1er novembre qu’on va me le livrer.

Olivier Roland : Une journée par semaine pour gérer plus d’une dizaine d’entreprises, c’est magnifique.

Dans le mastermind, un des challenges que tu as dit que tu as, c’est que tu croules un peu sous les tâches en ce moment par rapport à tes autres projets et tout ça.

Donc, c’est pour dire que tu as d’excellent talent d’organisateur, de délégateur, de manager. Mais ce n’est pas pour ça pour autant que tu es parfait.

Yann Gabioud : Ah oui, c’est clair.

Olivier Roland : Là aujourd’hui, tu es dans un challenge.

Yann Gabioud : J’étais super jaloux quand j’ai vu la liste des tâches des autres, puis, quand j’ai vu la mienne. D’ailleurs, je l’ai partagé. J’ai dit que ça, je ne veux pas, j’ai beaucoup trop de choses à faire.

Olivier Roland : Parce que tu nous as montré ton Asana. Asana comme logiciel. C’est un logiciel de gestion de tâches en équipe. Et c’est vrai que tu as énormément de tâches que ton équipe t’avait assignées.

Yann Gabioud : Exact.

Olivier Roland : Mais ce n’était pas beaucoup par rapport à tes entreprises dans l’électricité, mais plutôt par rapport à ton nouveau projet, ton immeuble, ton nouveau blog et tout ça.

Yann Gabioud : Absolument, oui.

Olivier Roland : Ça veut dire que finalement, alors que tu as toute cette expérience de délégation dans tes entreprises classiques, là, tu as quand même un peu de mal aujourd’hui avec ces nouveaux projets.

Yann Gabioud : Absolument, oui, tout à fait. Je me suis libéré du temps pour faire quelque chose d’autres.

J’aurai pu me libérer du temps pour dire : je me suis libéré du temps, puis je suis tranquille. Mais comme je te disais tout à l’heure, mon challenge, c’est de créer, faire des nouvelles choses.

Donc, je me suis remis à des objectifs qui sont élevés. Puis finalement, je me retrouve aujourd’hui avec énormément de tâches. Et c’est mon challenge aujourd’hui de dire que je peux continuer à développer des choses, mais en sous-traitant davantage.

Mon challenge aujourd’hui, c’est vraiment de réussir à sous-traiter les tâches synchrones, la sous-traitance synchrone et à asynchrone.

Aujourd’hui, je suis beaucoup trop encore dans le synchrone. Ça veut dire que les gens dépendent encore trop de moi pour la partie du bâtiment.

Le bâtiment, c’est vraiment un gros job. Donc, il y a vraiment une liste de tâches énorme.

Olivier Roland : On a fait effectivement la distinction entre une entreprise synchrone. C’est une entreprise classique où le dirigeant entre autres doit toujours être directement connecté aux autres en temps réel. Il est joignable au téléphone, etc.

On a parlé d’entreprise asynchrone comme la mienne où tous les échanges que j’ai avec le reste de mon équipe, ce n’est jamais en temps réel. Il n’y a pas de Skype, il n’y a pas d’appel, il n’y a pas de tchat. Ce n’est que des emails ou des tâches dans Asana.

Il peut s’écouler plusieurs heures, voire plusieurs jours entre les demandes, les réponses, etc. Et ça offre plus de souplesse pour avoir une qualité de vie. Après, il y a aussi ses inconvénients.

Yann Gabioud : Exact. Ça, c’est mon challenge d’aujourd’hui.

Olivier Roland : De passer plutôt en asynchrone ?

Yann Gabioud : Oui, je veux absolument passer en asynchrone. C’est important pour moi.

Olivier Roland : Ton nouveau projet, c’est d’inspirer les gens.

Yann Gabioud : Je veux absolument inspirer les gens. Donc, mon projet aujourd’hui, c’est par l’intermédiaire de mon blog, de mes chaînes, de mes réseaux sociaux, de pouvoir toucher les gens, les entrepreneurs, les jeunes entrepreneurs qui sont existants.

Le but, c’est de faire en sorte que cet entrepreneur-là puisse être bien avec son projet, en phase avec son projet et qu’il puisse vivre, en générer du bénéfice, que son entreprise ne soit pas un poids parce que la majorité des entreprises qui se créent, après deux, trois ans, elles échouent. Ou après 5 ans, je crois qu’il y a 50% des sociétés à peine.

Olivier Roland : Il y a 50% de sociétés qui s’arrêtent pendant les 5 ans.

Yann Gabioud : J’ai vraiment envie d’influencer, de donner l’expérience que j’ai pour que les entrepreneurs puissent être vraiment bien et s’éclater dans leur vie. Et faire le mixte avec la vie privée parce que d’avoir un business qui tourne, c’est bien. Mais si dans ta famille, tu n’es pas bien, tu n’es pas heureux.

Et moi, j’ai une bonne expérience là-dedans parce que ça fait 22 ans que je suis avec Pina. J’ai des enfants, j’ai réussi à manager les deux. Dieu sait si ce n’est pas facile. Donc, j’ai appris à avoir un mind set.

Si tu veux avoir un état d’esprit qui réagit à chaque fois qu’il y a un obstacle de manière positive, à chaque fois que j’ai quelque chose qui se passe de compliqué dans ma vie, je sais que j’en ai tous les jours parce que les objectifs que je me suis mis sont élevés, je switche et je regarde toujours.

J’ai toujours cherché les côtés positifs. En particulier, ça agace mon épouse parce qu’elle me dit que je vois toujours positif.

Olivier Roland : C’est le cas aussi de beaucoup d’entrepreneurs finalement. Ce n’est pas des bisounours. Mais ils ont quand même une vision assez optimiste de la vie et puis créer leur réalité.

Yann Gabioud : Et à force de faire ça, tu t’entraînes, tu te formates et ça devient vraiment un réflexe.

Au début, ça peut être un effort parce que tu es novice. Et puis, tu dis : il faut voir les choses positives. Donc, ce n’est pas forcément facile.

Mais à force de faire les choses, à force de relever les obstacles, plus tu en fais, plus tes objectifs sont élevés, plus tes obstacles sont compliqués finalement. Donc, plus tu en fais, plus tu résous le problème, plus tu es à l’aise avec ça, et plus tu as confiance en toi.

Ça ne veut pas dire que c’est toujours simple. Des fois, ça touche dans les tripes plus que d’habitude, mais c’est le premier réflexe. Et après, tu shootes ça et tu te concentres sur l’essentiel.

Olivier Roland : Et ce qui est intéressant aussi dans ton approche, c’est que tu as aujourd’hui les entreprises qui te permettent de vivre très confortablement, sur lesquelles tu ne passes pas beaucoup de temps et qui te donnent justement toute la latitude, le temps, des ressources aussi pour te lancer dans d’autres projets. Et ça te permet d’explorer les choses que tu aimes et tout ça.

Finalement, beaucoup d’entrepreneurs dans l’approche classique auraient plutôt une vision de vendre leur entreprise pour un montant suffisant pour ne pas avoir à travailler pendant un moment. Pourquoi tu n’as pas fait ça ?

Yann Gabioud : Pour l’instant, je n’ai eu besoin de le faire. Je pense que dans ma deuxième vie, je le ferai.

Aujourd’hui, c’est un outil qui me permet de générer du cash, qui me permet d’investir, qui me permet de continuer à investir dans l’immobilier. Et je pense d’ici quelques années, une fois que j’aurai l’assurance que mes enfants sont bien et sont tranquilles, je pourrais passer à l’étape 2, c’est-à-dire de vendre les sociétés dans le domaine électrique.

Olivier Roland : Mais d’abord, tu attends d’avoir une source de revenus.

Yann Gabioud : J’attends d’avoir la source de revenus.

Olivier Roland : Ça paraît effectivement plus safe.

Yann Gabioud : Exactement.

Olivier Roland : Et en plus, une entreprise qui tourne sans avoir besoin du patron est très vendable. C’est clair.

Yann Gabioud : Oui.

Olivier Roland : Parce que souvent un des trucs qui fait beaucoup baisser les prix, voire qui fait qu’il n’y a personne qui est intéressée, c’est que l’entrepreneur est indispensable.

Yann Gabioud : Absolument. C’est marrant parce que quand j’y pense, j’ai fait dix ans d’études pour arriver à avoir une licence pour pouvoir exploiter les sociétés électriques. N’importe qui dans mon domaine que je connais de bien sensé d’esprit dirait : mais tu es complètement malade de partir sur un autre domaine parce que c’est des efforts, c’est du temps, c’est de l’énergie.

Olivier Roland : Tu as passé 10 ans à avoir ce diplôme. Et ensuite, tu as bossé 10 ans dans l’électricité. Et là, tu veux te lancer dans un autre domaine.

Yann Gabioud : Ça ne m’intéresse plus le domaine de l’électricité. Ça m’a apporté tellement de choses, c’est génial. C’était mon métier de base, mais aujourd’hui, il ne m’intéresse plus.

Ce qui m’intéresse, c’est développer cette activité de consultant pour les entrepreneurs et de voyager, de donner plus de valeur dans ma vie, d’améliorer mon confort avec mon épouse, d’équilibrer tout ce que j’ai mis en place pour qu’elle fonctionne bien.

Olivier Roland : On a un excellent exemple des entreprises qui sont maintenant des entreprises de qualité de vie dans « La semaine de 4 heures ». Qu’est-ce que tu donnerais comme conseils à des entrepreneurs qui sont un peu comme toi avant que tu automatises tout ça pour qu’ils puissent se libérer du temps ? Quelle est la première chose à mettre en place dans une entreprise ?

Yann Gabioud : Je pense que la première chose à mettre en place, c’est d’être vraiment clair avec soi-même.

Si tu n’es pas clair avec toi et que tu ne sais pas vraiment ce que tu fais, pourquoi tu fais les choses, tu ne vas pas pouvoir mettre en place des processus qui vont respecter quelque chose.

Olivier Roland : Donc, tu veux dire faire une sorte de charte, un document qui décrit un peu ce que tu attends de la vie et de ton entreprise. Qu’est-ce qu’elle doit t’apporter ?

Yann Gabioud : Voilà.

Olivier Roland : Et les contraintes que tu vas y avoir.

Yann Gabioud : Tout à fait.

Olivier Roland : Et après, tu définis ta stratégie en fonction de ça.

Yann Gabioud : Oui.

Olivier Roland : Donc, partir de ses objectifs quoi.

Yann Gabioud : Parce que pour mettre quelque chose en place, c’est comme un emplâtre sur une jambe de bois. Il faut revenir en arrière, il faut faire du travail, prendre du recul, prendre du temps parce que quand tu es dans ton entreprise et que tu es tout le temps dedans, il y a plein de choses que tu ne vois plus. Tu ne te rends pas compte.

Donc, prendre du temps, prendre du recul.

Peut-être prendre une semaine seule pour partir seul dans la nature ou peu importe où, j’ai fait ça quelquefois. Ça m’a à chaque fois permis de prendre des notes, d’avoir des réflexions que je n’avais pas parce que j’étais dans le flux continu.

Ça aussi, c’est un super outil. En faisant ce travail sur soi-même et pourquoi je fais les choses, ça va t’aider, ça va aider la personne, l’entrepreneur à clarifier ses besoins et à clarifier ses objectifs. Après, c’est plus facile de mettre des règles en place parce que ça correspond à ce que tu veux.

Olivier Roland : Prendre le temps de faire ça. Et après, une fois que tu l’as fait, la première chose à faire, c’est de faire des procédures.

Yann Gabioud : Après, faire les procédures, oui. Faire les procédures, organiser de la sous-traitance des tâches, faire la liste de toutes les tâches qui sont là il y a longtemps dans ton entreprise.

Olivier Roland : C’est intéressant parce que je ne sais pas si tu as lu le livre « Work the system » de Samuel Carpenter.

Yann Gabioud : Non, je ne l’ai pas lu.

Olivier Roland : C’est un livre très intéressant sur l’art d’automatiser ses entreprises. Il dit qu’il doit y avoir trois grands types de documents dans une entreprise. Pas seulement les procédures que tout le monde connaît qui décrit comment une tâche doit être faite ou un poste doit être géré, mais aussi ce qu’il appelle la constitution, c’est-à-dire que c’est un document qui décrit la philosophie de l’entreprise et la philosophie du dirigeant.

C’est comme la constitution dans un pays. Quand vous avez une loi, une loi ne peut pas être en contradiction avec la constitution. Mais que quand on n’a pas de loi pour un truc spécifique, on a la constitution. C’est pareil.

Yann Gabioud : Oui.

Olivier Roland : Une procédure ne peut pas aller à l’encontre de la constitution. Et s’il n’y a pas un cas qui n’est pas décrit dans une procédure, on regarde la constitution, on regarde les principes de base.

Et ce que tu décris finalement, c’est ça. C’est d’écrire comme ça un document. Est-ce que tu l’as partagé avec tes employés ou tu avais gardé plutôt pour toi ?

Yann Gabioud : J’ai partagé avec le Comité de direction.

Olivier Roland : Tu n’es pas obligé de partager avec tout, mais c’est intéressant. Du coup, ils comprennent ta vision parce que comme tu ne peux pas prévoir tous les cas de figure à l’avance, en cas de doute, ils se réfèrent à ça. Ils se disent : Yann a voulu ça, on va faire comme ça.

Ça les aide à s’autoguider sans que tu aies besoin de les piloter à chaque fois par téléphone. Ça te fait gagner beaucoup de temps.

Yann Gabioud : Oui. Absolument, oui. C’est clair.

Olivier Roland : C’est intéressant. Tu n’as pas lu le bouquin et que tu appliques un des principes fondamentaux.

Yann Gabioud : Oui. J’ai cherché des solutions pour y arriver.

Olivier Roland : Je te recommande ce livre « Work the system ». Il est super. Il est très intéressant.

Je pense qu’on a eu un très bon aperçu de ton parcours, ta philosophie et tout ça. Tu as prévu de publier quoi comme première vidéo ?

Yann Gabioud : Je verrai ce que je vais faire. C’est que je vais m’enregistrer dans mon quotidien d’entrepreneur. Puis à chaque fois que j’ai des contextes spécifiques que je n’ai pas vécu, je vais prendre le temps d’enregistrer et de faire des analogies avec le développement personnel, comment mettre en place les choses, et ce que j’ai fait moi pour que je puisse inspirer les entrepreneurs.

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les inconvenients de lentrepreneuriat a partir de rien