Comment Matéo est devenu LIBRE et HEUREUX en partant de RIEN avec son ami SOPRANO (8/365)

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Transcription texte (littérale) de la vidéo « Comment Matéo est devenu LIBRE et HEUREUX en partant de RIEN avec son ami SOPRANO (8/365) » :

Olivier Roland : Bonjour, je suis avec Matéo qui fait partie de mon mastermind et qui a une histoire absolument géniale.

Aujourd’hui, tu diriges une société qui s’appelle Only Pro qui est une société de management d’artistes. Notamment, tu manages un rappeur assez connu en France qui s’appelle Soprano.

Tu es arrivé quand même à un succès assez extraordinaire parce que ta société fait deux millions d’euros de chiffre d’affaires. Tu l’as tellement bien semi-automatisé que tu travailles 15h par semaine tout en voyageant partout dans le monde.

C’est une belle réussite, mais ça n’a pas toujours été comme ça.

Matéo : Non, ça n’a pas toujours été comme ça.

On a commencé il y a plus de 10 ans, même une quinzaine d’années. C’est plus une aventure entre amis à l’époque avec Soprano.

On était à l’école ensemble. Et puis, sa carrière a commencé à se développer. On s’est vu. On s’est dit : on monte une société pour gérer nos affaires et on verra où ça nous mène.

Je travaillais à l’époque dans un magasin de sport. Je vendais des chaussures et des semelles. Donc, le choix a été vite fait.

Puis, on est parti dans cette aventure sans avoir d’expérience d’entreprenariat. On est vraiment allé « on se jette à l’eau, puis on apprendra à nager plus tard ».

Olivier Roland : On va reprendre du début.

A la base, tu es né dans la banlieue de Marseille. C’est ça ?

Matéo : Je suis né à Nice, j’ai habité rapidement dans la banlieue Parisienne. Mais à partir de la sixième, j’ai atterri à Marseille et j’ai fait toute ma scolarité, le collège, le lycée, la faculté à Marseille.

Olivier Roland : Donc, tu n’étais pas dans un lieu qui était particulièrement favorisé.

Matéo : Non. Pas dans un milieu spécialement favorisé.

On n’était pas dans le milieu où l’entreprenariat était quelque chose de commun. Les chefs d’entreprise, on n’en connaissait pas, en tout cas d’entreprise légale. Du coup, ce n’était pas une option pour nous de créer une entreprise à l’époque.

De même pour moi, j’ai rapidement été vendeur, voire un cursus de petits boulots classiques. Je travaille dans des usines de chips à mettre des chips dans des paquets toute la journée.

Olivier Roland : Dans un boulot alimentaire.

Matéo : Oui, boulot alimentaire et pas super bien payé. Beaucoup d’intérims, la sécurité aussi. Des petits boulots basiques de jeunes qui débutent dans la vie.

En étant vendeur de chaussures, j’ai rapidement compris que j’étais assez bon à la vente et j’étais souvent meilleur vendeur du magasin.

Après, j’ai rapidement compris que j’étais bon dans le management. Donc, je suis passé vite assistant manager, store manager. Je gérais des magasins, des petits, des moyens, d’un petit plus gros. J’en ai fait cinq, six.

Olivier Roland : Tu étais rentré vraiment par la petite porte en tant que vendeur.

Matéo : Je suis rentré même stock boy, c’est-à-dire que je rangeais les chaussures dans la réserve.

Olivier Roland : Tu as monté progressivement les échelons jusqu’à gérer plusieurs magasins.

Matéo : Un magasin à la fois, mais de plus en plus gros.

Olivier Roland : Avant qu’on passe à la partie entrepreneuriale de ta carrière, qu’est-ce qui, d’après toi, a fait que tu as pu monter les échelons progressivement ? Quelles sont les qualités que tu as montrées ?

Matéo : C’est la détermination. Je pense que c’est quelque chose qui s’est très vite vu.

Après, j’arrivais assez bien à fédérer les équipes autour de moi. C’est-à-dire, même en tant que vendeur, on était à la commission. Donc, forcément, j’avais deux options. Soit je me mets en mode solitaire et je me tape avec tout le monde, ou soit j’assois tout le monde autour de la table et on essaie de se répartir le gâteau de manière intelligente, ou en tout cas de se donner les chances.

De telle heure à telle heure, c’est toi qui es en attaque et nous, on s’occupe du reste derrière. Et on tourne et ainsi de suite.

Donc, j’ai réussi à monter une bonne collaboration avec les meilleurs vendeurs et on gagnait tous bien nos vies. Du coup, ça augmentait mon aura et mon influence dans les magasins et dans les équipes.

Olivier Roland : Une des clés de ton succès, c’est que tu as fait en sorte que tout le monde soit content et tout le monde travaille en bonne intelligence.

Matéo : Oui, c’est vraiment le leadership. C’est quelque chose qui est naturel en moi.

J’ai toujours eu des équipes autour de moi. J’ai toujours su même sans le savoir à l’époque puisque je faisais cela de manière complètement inconsciente, mais c’était plus dans le : Qu’est-ce qui est le plus efficace ? Est-ce que c’est se battre entre tous les autres toute la journée ou gagner peut-être un peu moins mais faciliter les journées ? Et sur la longueur, gagner et récupérer plus ?

Puis, il y avait des niveaux de vendeur très inégal. Donc, il fallait composer avec les vendeuses qui n’étaient pas forcément là pour faire de la commission.

C’était vraiment de comprendre la psychologie de chacun et d’essayer de faire en sorte que l’ensemble soit équilibré et que tout le monde s’y retrouve un peu.

Olivier Roland : Donc, tu as démarré en tant que stock boy à 18 ans. C’est ça ?

Matéo : Oui, à 17 ans.

Olivier Roland : 17 ans et tu t’es retrouvé gérant de magasin.

Matéo : Je devrais avoir 20 ans.

Olivier Roland : Ça a été très rapide.

Matéo : J’étais le plus jeune manager de France à l’époque. Oui, ça a été très rapide.

Je me suis très vite confronté aux limites du salariat, dans le sens où j’avais des responsables au-dessus de moi puisque ce n’était pas les big boss. Mais les process étaient archaïques, les méthodologies étaient chronophages, ça m’épuisait et ça épuisait tout le monde.

Etant garant de mes équipes, leur dire ce qu’on fait, ce n’est pas forcément intelligent. Mais il faut le faire quand même parce que ça vient d’en haut. Ça m’a très vite saoulé.

Et dès que j’ai eu l’opportunité avec Soprano de créer une boîte, je suis allé voir mon boss et je lui ai dit que je ne me sens pas épanoui, je travaille avec la boule au ventre le matin.

A l’époque où je travaillais sur le magasin de Toulon, on faisait Marseille-Toulon en voiture tous les jours. Je me levais et je n’avais pas envie, et j’avais la boule au ventre.

A un moment donné, je me suis dit stop. Déjà à l’époque, je gagnais très bien ma vie, mais je n’étais pas du tout épanoui. D’autant plus, j’avais aussi automatisé la gestion du magasin. Cela fait qu’en gros, j’arrivais à 8h et je pouvais partir à 14h.

Olivier Roland : Génial ! Et tes patrons le savaient ?

Matéo : Mes patrons le savaient. C’est ce qui a très vite causé des problèmes parce qu’ils voulaient que je sois présent.

Olivier Roland : Ils avaient au moins la mentalité que tu étais un salarié.

Matéo : Exactement.

Olivier Roland : Pourtant, ils voyaient bien que le boulot était bien fait.

Matéo : Le boulot était bien fait, les mecs étaient contents, les équipes tournaient bien, on faisait nos chiffres. Je ne comprenais pas, en fait.

Je me disais : mais pourquoi absolument vouloir que je sois là et que je me fatigue pour rien alors qu’en quelques heures, il n’y a rien de sorcier dans un magasin. Il faut juste travailler sur l’engagement des vendeurs et des équipes, bien gérer les chiffres et faire en sorte qu’il n’y a personne qui tape dans la caisse. C’est un peu les trois axes principaux.

J’étais beaucoup plus arrogant aussi à l’époque. J’avais 20 ans et j’avais le succès, etc. Donc, j’étais en clash ouvert avec mes patrons en disant : vous ne comprenez rien, mais ce n’est pas comme ça qu’on fait.

On écrivait tout à la main alors qu’il y a des ordinateurs. A un moment donné, on perd beaucoup de temps.

On s’appelait entre magasins pour avoir les chiffres alors qu’en rentrant tous les chiffres sur un logiciel, on aurait pu tous avoir de manière synchronisée ce qui se passe chez les autres et les classements.

Donc, je me suis dit que c’est trop archaïque et je ne vais pas faire de vieux os là-dedans.

Olivier Roland : Donc, tu as eu cet appel pour devenir entrepreneur et tu as créé quelque chose avec Soprano.

Soprano, c’est un de tes amis d’enfance ?

Matéo : On était quatre à l’époque, on est toujours quatre. Et on s’est assis, on s’est dit : venez, on monte quelque chose. Il y a Soprano qui est artiste, il y en a un qui était vendeur de chaussures avec moi, un autre qui était plombier.

Olivier Roland : Et Soprano faisait quoi ?

Matéo : Il était artiste, il chantait, il faisait ses petits concerts. Il avait un groupe à l’époque qui s’appelait « Les Psy4 De La Rime » qui fonctionnait pas mal. Et il voyait qu’il y avait du potentiel dans les structures d’en développer des choses. On a des artistes autour de nous.

Et là où il a été visionnaire, il s’est dit : viens, on monte une structure pour pouvoir développer les choses. Et on est parti dans l’aventure comme ça.

Olivier Roland : Il a vu ton potentiel ? Il a vu que tu voulais autre chose ?

Matéo : En fait, il savait que j’étais honnête.

J’ai deux qualités : c’est que je suis carré et que je suis réglo. C’est ce que je dis tout le temps.

Il s’est dit : on se connaît bien, je te fais confiance, viens, on y va. Et en plus avec les deux autres partenaires, on s’est dit : allez, on y va.

On rigolait beaucoup, on s’entendait bien. On n’avait pas de problèmes à passer du temps ensemble, à travailler, à passer des heures à monter des projets, à développer des visions artistiques, etc. On ne travaillait pas en fait. On n’avait pas cette sensation de travailler.

Pourtant, on commençait à créer de la valeur. On commençait à générer des bonnes idées, à travailler sur des albums, des projets CD, des compilations. Ça s’est fait assez naturellement parce qu’on avait vraiment une alchimie humaine entre nous.

Olivier Roland : C’était vers quelle année que ça a commencé à démarrer ?

Matéo : Ça a commencé en 99.

Olivier Roland : A l’époque, Soprano n’était pas du tout connu.

Matéo : Il était beaucoup moins connu avant. Il avait une petite notoriété, mais dans le monde du rap et de la musique urbaine. Et plutôt à Marseille, même si ça commençait à devenir national, mais ce n’était pas ce que ça peut être aujourd’hui.

Et très vite, je connaissais Saïd et je dis : toi, tu as un potentiel pour finir aux enfoirés. Je voyais à l’époque l’impact de Yannick Noah sur la société française qui était une personnalité préférée des français.

Je voyais dans les qualités, dans le message et dans ce qu’il était humainement et je me dis : il a beaucoup plus de potentiel que ce qu’on en est là aujourd’hui.

Une des qualités que je peux avoir, c’est que j’arrive bien à déceler le potentiel des gens et de me dire comment je peux les amener au maximum de leur potentiel.

Olivier Roland : Parce que Soprano, contrairement à beaucoup de rappeurs, il a un message qui est plus positif.

Matéo : Il a un message qui est plus positif.

Après, chacun prend ce qu’il veut. Il n’y a pas de problème. Mais dans les qualités qu’il avait, c’est clair qu’à un moment donné, le rap, ça allait peut-être le limiter.

On a très vite la vision de on peut aller beaucoup plus loin, dépasser les frontières de la musique urbaine, de la musique rap, et on peut parler à tout le monde.

C’est ce qu’il m’a toujours dit : moi, je veux parler au maximum des gens possible.

Quand il écrit un texte, il me dit souvent : quand je sors dans la rue et je croise quelqu’un, je me dis : est-ce que ce texte-là peut toucher cette personne-là ? Je vais voir ma boulangère, je dis : est-ce que ce morceau-là, ça pourrait toucher celle-là ?

Parce qu’au-delà de la musique, au-delà du business, c’est quelqu’un qui diffuse aussi des valeurs. Il se bat pour une certaine vision du monde, qu’on partage ou qu’on ne partage pas.

Il a vraiment cet engagement de : je vais prendre ça et dans mes albums, dans mes chansons, je vais essayer de manière Entertainment, de divertissement. Mais de créer une réflexion, de créer une action et en mouvement dans la bonne direction qu’il aime.

Olivier Roland : Cela commençait à bien décoller. Tu as pu commencer à gagner ta vie avec ce projet ?

Matéo : On n’a pas gagné nos vies tout de suite. Que je me fasse un premier salaire, ça a mis à peu près 7 ans.

Olivier Roland : Et tu avais fait quoi pendant 7 ans ?

Matéo : On a bricolé.

Quand j’ai quitté mon job, je suis parti avec les ASSEDIC pendant deux ans. Je faisais bien tourner les magasins, donc j’ai pris une grosse prime. Et en fait, c’était une combinaison où je me suis dit : si je pars maintenant, j’ai suffisamment pour vivre 3-4 ans. Après, je bricolerai. On verra.

On a eu des périodes assez difficiles où je ne gagnais pratiquement rien.

Ce qui est bien, c’est que comme on était une équipe, quand je gagnais bien ma vie, je payais à tout le monde. Quand on sortait, c’est moi qui payais. Et puis quand je n’ai plus bien gagné ma vie, c’est les autres qui m’ont un peu assumé.

Olivier Roland : 7 ans ?

Matéo : Pas pendant 7 ans puisque pendant 3-4 ans, j’ai vécu sur mes économies.

Après, on s’est débrouillé. J’avais un petit appartement. Et dès qu’on gagnait 200 euros, je payais mon loyer. J’avais des impayés. On se débrouillait. On vendait deux, trois CD de la main à la main, ça faisait un petit peu d’argent. Mais c’était vraiment du bricolage.

Olivier Roland : Ça, c’est intéressant parce que tu es quand même passé d’un statut où tu gagnais très bien ta vie à un autre où c’était complètement le contraire. Et malgré tout, tu as souhaité continuer.

Matéo : Ce qui m’a fait tenir, c’est l’aventure humaine. C’est-à-dire quand tous les jours, tu vois les mêmes personnes et que tu passes du bon temps, tu rigoles, tu crées des souvenirs, tu rêves et que tu dis : on va faire ça, je vais faire un Olympia. Les gars, imaginez-vous, dans dix ans, on sera là. Du coup, tu ne galères pas.

Tous les soirs, je me languissais qu’à une chose, c’est de me retrouver avec eux, discuter : tu as fait quoi ? J’ai une idée de logo, j’ai vu sur un site américain. On regardait des clips toute la nuit en disant : tu as vu ce qu’ils font ? On s’imprégnait de la culture de l’Entertainment américaine.

C’est une vraie relation humaine, des imbrications.

On était toujours chez un des associés. Sa mère nous faisait à manger tous les soirs. On avait une espèce de placard à chaussures. On a acheté un micro, on l’a mis dedans. Ça fait un mini studio. On a vraiment bricolé.

Honnêtement, je n’ai pas un mauvais souvenir de ces périodes-là. Je ne me rappelle même plus des difficultés financières parce que l’aventure humaine a tellement pris le pas dessus que si c’est à refaire, je le referai.

Je n’étais pas tout seul dans mon coin à essayer de monter une entreprise et à me prendre des portes toute la journée en me disant : ça ne marchera jamais.

On s’est pris des portes, il n’y a pas de problème. Mais après, on en rigolait. Et surtout, on a eu ce pragmatisme très rapidement : Ok, la porte est fermée, pourquoi ? Est-ce qu’il n’y a pas une fenêtre par laquelle on peut passer ? Et comment on fait ?

Si lui, il dit non, est-ce qu’il n’y a pas un autre partenariat avec qui on peut travailler ?

Et si ce magasin ne veut pas de nos disques, quel autre magasin peut le prendre et quelle radio on peut aller voir ? Qui peut au moins nous jouer un petit peu ?

C’était vraiment où « Non » n’est pas une réponse, en fait. C’est juste qu’il faut qu’on travaille bien notre compil.

Olivier Roland : « Non » n’est pas une réponse. Et donc, pendant 7 ans, tu as travaillé exclusivement avec Soprano ?

Matéo : Voilà, Soprano. On faisait des petites compilations qu’on vendait.

Au début, on n’avait pas de structure. On vendait un petit peu dans la main. Moi, je pressais 1000 CD. J’avais 1000 CD dans mon appartement.

C’est très stressant parce qu’à chaque fois que tu rentres chez toi, tu as 1000 CD qui te regardent. Et tu dis : on a dépensé à l’époque 4 000 francs, ce qui était énorme pour nous.

Tu te dis : il y a 4 000 francs qui me regardent tous les jours. Et tu vois les piles de CD parce que c’était entassé par centaine qui diminuent très doucement, 10 par 10, 25 par 25. C’était une pression.

Tu te dis : ça y est, on est à l’eau. On a nos produits, il faut qu’on les vende. Et les magasins qui disent : non, ça ne marchera jamais.

En plus, on était de Marseille et dans la musique, tout se passe à Paris.

On prenait un billet de train. On allait à Paris, on démarchait les magasins. Oui, mais vos produits marseillais, ça ne marchera jamais.

On s’est pris toutes les portes et des râteaux inimaginables. A un moment donné, on n’avait plus assez d’argent pour l’hôtel, on avait dormi à la gare avec Soprano.

A la fin, on était là. C’était un peu chaud puisque il y avait des équipes dans la gare. On s’est mis à côté des clochards. Au moins, on s’est dit : ils nous prenaient pour des clochards et personne ne nous emmerdera.

Olivier Roland : C’était quand ça ?

Matéo : C’était au tout début. Il y a peut-être 15 ans.

Olivier Roland : Dans les années 2000.

Matéo : Oui, c’est ça.

Olivier Roland : Et ça fait des bons souvenirs maintenant ?

Matéo : Mais c’est mortel parce qu’aujourd’hui quand on fait le succès, c’est marrant parce que c’est ce qu’on se raconte. Ce qui est vachement bien parce qu’on n’a pas eu un succès fulgurant. C’est-à-dire on a vraiment construit pierre après pierre. Et donc, on a des bases solides sur la manière de gérer le succès aujourd’hui.

Et humainement entre nous parce qu’on sait à l’époque qui a fait quoi et qu’on était vraiment soudé quand il n’y avait rien, forcément quand il y a plus, c’est plus facile.

Mais surtout on sait comment ça a été dur d’en arriver là. Donc, on ne va pas tout mettre en danger bêtement ou par ego ou par truc.

Et l’autre avantage, c’est que c’est un cerveau collectif. On est plusieurs. On est au moins quatre. Mais maintenant, l’équipe s’est étoffée. Forcément quand il y en a un qui pète les plombs, les autres prennent le relais pour écarter l’anomalie et faire en sorte qu’on reste dans la bonne direction jusqu’à ce qu’il revienne et que tout reprenne l’ordre dans lequel c’est fait.

Olivier Roland : Donc, au bout de 7 ans, ça commence à bien marcher. C’était vers 2006.

Matéo : Au bout de 7 ans oui, vers 2006, c’est là où on touche notre premier gros chèque.

On a fait une compilation qui s’appelait « Mains pleines de ciment 2 », qu’on a distribuées à Paris. Il y a un tout petit distributeur qui a eu le nez fin, qui nous a vu arriver et nous a dit : Vous, vous êtes déterminés, vous allez réussir, je prends tous vos projets.

Olivier Roland : Il a cru en vous ?

Matéo : Il a cru en nous tout de suite, et c’était le seul. Il a eu le nez creux. C’était Karim de la société ALARIANA. Je me rappellerais comme si c’était hier.

Du coup, on sort une compilation qui s’appelle « Mains pleines de ciment 2 » et on en vend 10 000-12 000. Cela représentait pratiquement 70 000 euros. Pour nous, c’était énorme.

C’est grâce à la compilation, le travail qu’on a fait. Mais c’est lui qui nous a permis de distribuer dans tous les magasins de France.

Olivier Roland : C’est lui qui a financé le CD ?

Matéo : Non, c’est nous qui avons tout financé. Il nous a juste ouvert le réseau de distribution. Il a pris sa commission, etc.

Du coup, on ouvre la société parce qu’il nous dit : à un moment donné, je ne peux pas vous payer comme ça les mecs.

Olivier Roland : Vous n’avez pas une société à l’époque ?

Matéo : Non. À l’époque, on n’a pas une société, on a une boîte aux chaussures.

On avait un cahier, les rentrées, les dépenses, qu’est-ce qu’on avait investi, on achète du matériel, etc.

Et à un moment donné, ouvrir une société pour ne pas gagner de l’argent, ça n’a pas de sens. On bricolait, on ne faisait que bricoler.

Donc, on ouvre la société. Je n’ai jamais ouvert de société. Déjà, il a fallu convaincre la banquière d’ouvrir un compte. Par contre, tu vas voir une banque, tu lui dis : on veut monter un label de rap, ne vous inquiétez pas, ça va marcher, forcément c’est difficile à convaincre.

Avec acharnement, j’arrive un peu à les faire comprendre qu’on allait faire des choses sérieuses. Sauf qu’on a failli fermer tout de suite parce que le paiement des revenus de cette compilation, c’était à 90 jours fin de mois.

J’ai payé les fournisseurs et on n’avait rien. Donc, on commence à rentrer dans le découvert et la banquière flippe tout de suite. Elle dit : je ferme le compte, je vous mets «interdit bancaire ».

Pendant deux mois, j’ai dû jongler avec tout le monde pour faire en sorte que la société ne ferme pas, faire comprendre à la banquière, lui montrer les factures : « ne vous inquiétez pas, ça va rentrer », jusqu’au truc où ça se débloque.

Et c’est là que j’ai compris la trésorerie. Je me suis dit : Matéo, si tu veux qu’une société marche, il faut toujours de la trésorerie. Tu vas démerder comme tu veux, mais c’est la première leçon.

Ça a été la première, donc c’était bien. Je me suis dit : il faut toujours faire attention à la trésorerie, et toujours avoir de l’argent devant soi, etc.

Après, cette compilation marchait bien. La carrière du groupe de Soprano marchait bien. Du coup, on a eu des propositions pour qu’il signe sa carrière solo via une maison de disque qui est venue nous voir à Marseille, qui nous dit qu’ils aiment bien ce que nous faisons.

On les a rencontrés, ils ont bien aimé notre mentalité de jeunes entrepreneurs. Et là, ça a commencé à démarrer.

Olivier Roland : Jusqu’à aujourd’hui où tu fais deux millions, pas seulement avec Soprano, mais aussi avec d’autres artistes.

Matéo : Après, la carrière de Soprano a bien démarré. Elle a progressé au fur et à mesure des années. J’ai rencontré d’autres artistes avec qui, humainement, je m’entendais, avec lesquels on a travaillé.

Les maisons de disque aimaient bien notre manière de travailler. Donc, on a fait du consulting en marketing, en promotion, en développement. On a appris à comment organiser des concerts, comment faire du merchandising.

Je me suis dit que toutes les sources de revenus autour d’un artiste, on doit savoir les gérer parce que je voyais les partenaires. Ils ne nous reversaient pas beaucoup de royalties.

Je dis : attends, est-ce qu’ils font mouche ? Je prends deux gars à moi et je leur apprends comment vendre des T-shirt. Ils vont les vendre et on prendra 100% du gâteau.

J’avais beaucoup d’amis, de potes d’enfance autour de moi qui galéraient un peu, qui avaient des boulots un peu de merde. Et je leur ai dit : venez dans l’aventure et on va se débrouiller.

Je voyais qu’ils savaient super bien parler, mettre des disquettes  aux gens. Je dis : toi, tu vas faire du booking parce que tu sais bien parler, tu sais bien amener, etc.

Quelqu’un qui est super bon en relationnel, je dis : tu vas être le coordinateur logistique, tu vas accompagner les artistes.

C’est essayer de trouver en fonction d’une qualité d’une personne quel poste il pourra avoir dans notre organisation.

Donc, on a monté une équipe comme cela, on a formé des gens, on a développé les choses. C’est devenu une vraie structure avec une organisation. Il a fallu apprendre Excel pour faire des tableaux, pour gérer la société, ce qui rentre.

Et plus, ça grossit. A un moment donné, on est obligé aussi de progresser, de staffer, de comprendre les choses. Et moi, j’ai toujours voulu avoir le savoir-faire dans ma boîte.

Olivier Roland : Tu as la même vision qu’Elon Musk.

Matéo : Je ne sais pas. Mais en tout cas, ce qui était à forte valeur ajoutée, il fallait que ça soit chez nous, quitte à prendre quelqu’un de zéro et tout lui montrer, lui expliquer, passer du temps avec lui pour lui faire comprendre comment il fallait qu’il réfléchisse et comment il fallait qu’il travaille. J’ai préféré faire ça.

Après, je n’ai jamais voulu avoir une grosse boîte parce que c’est la gestion humaine qui prend du temps, les egos. Puis surtout, tu perds la proximité.

Et moi, j’envisage mes boîtes comme des outils de développement humain. C’est-à-dire que je suis là pour presser personne, je suis là pour que les gens s’épanouissent.

Plus ils vont s’épanouir, plus ça sera vertueux pour la boîte, et plus ça sera vertueux pour moi et pour eux.

J’essaie de redistribuer de manière honnête ce qu’on peut gagner.

Forcément, je gagnerai toujours plus que les autres puisque je suis quand même l’instigateur. Mais j’estime qu’à un moment donné, quand on fait beaucoup de bénéfices, chacun doit avoir sa part.

On était très jeune quand on a commencé. Maintenant, on a tous des enfants, des familles. La plupart aspirent à acheter des appartements, à vivre, etc. Donc, c’est normal que les revenus doivent suivre en fonction.

Si demain, c’est la crise pour nous, je dirai à tout le monde : on baisse tous nos salaires les mecs. Le mien en premier puisque c’est le plus gros, mais tout le monde fait partie de l’effort.

C’est vraiment un engagement de tous les salariés qui est agréable au quotidien parce que quand il y a des décisions, il y a des échanges, tout le monde est impliqué. Tu es sûr, attention à ça, on va faire ça, oui mais c’est moi qui vais le travailler, je ne le sens pas, etc. Donc, c’est vraiment enrichissant humainement.

Dans ma boîte, il y a des anciens électriciens, des anciens plombiers, des mecs qui sortaient de l’école et qui n’avaient aucune expérience et qui aujourd’hui sont un peu des cadreurs dans leur domaine, qu’on essaie de les débaucher.

Olivier Roland : Vous êtes combien aujourd’hui ?

Matéo : Les salariés dans la boîte, on est 8. Mais avec tous les intermittents, les gens qui gravitent autour de nous, on est une vingtaine.

Olivier Roland : Tu as créé une belle petite entreprise.

Matéo : C’est une entreprise, oui. Et surtout, j’ai plaisir à aller travailler le matin. Je pense que tous mes employés – ce n’est même pas mes employés, c’est plus des partenaires parce que chacun s’implique – tout le monde est content de venir travailler le matin, il y a une bonne ambiance.

Ce n’est pas une colonie de vacances, on travaille. On est précis dans notre job et on ne rigole pas avec cela. Mais ce n’est pas pour autant que ça doit être fastidieux, ennuyeux.

Donc, on rigole beaucoup. On se chambre toute la journée, ça rigole, etc.

On fait une fois par an des séminaires, on part à l’étranger. On fait des paint balls de temps en temps. On fait un repas tous les mois tous ensemble.

Il y a vraiment une culture aussi. Pour moi, l’entreprise doit être un outil d’épanouissement pour les gens qui sont à l’intérieur.

C’est vraiment ma vision du business parce que quand je travaillais, ça m’a souvent marqué où on pressait les vendeurs. Quand tu étais meilleur vendeur, il fallait encore faire plus. Et les vendeurs qui vendaient moins bien étaient écrasés, etc.

J’avais 20 piges. Donc, les gens me parlaient. Je voyais la souffrance que ça générait dans le travail, et après les stress à la maison, etc. Je me suis dit : si un jour j’ai des boîtes, je ne veux pas que ça se passe comme ça.

Olivier Roland : Donc, la boîte commence à bien fonctionner. Je suppose que tu avais le rythme de vie d’un entrepreneur classique. Tu travaillais beaucoup à l’époque ?

Matéo : Quand ça a commencé à bien fonctionner, forcément je rentre dans les travers de l’entrepreneur. C’est-à-dire que je me crois tout puissant, que je peux tout gérer, je suis le meilleur, j’allais faire tout seul.

J’avais un BlackBerry à l’époque, j’étais connecté. Le jeu, c’était de répondre le plus vite aux emails.

Olivier Roland : Donc, tu étais interrompu tout le temps.

Matéo : Oui, j’étais interrompu tout le temps. Et puis surtout, on travaillait avec les États-Unis, on était sur plusieurs fuseaux horaires. Le but, c’était, je me lève à trois heures du matin pour aller faire pipi et je réponds aux mails.

Puis, c’est un jeu. On était dans un phénomène collectif : qui répondait plus vite ? Jusqu’à un moment donné où j’ai fait un burn-out. Je n’avais même pas 30 piges.

C’est assez marrant, je me suis écroulé dans ma baignoire. J’ai dû ramper jusqu’au lit. Je n’arrivais plus à bouger, j’étais paralysé.

Olivier Roland : Tu étais en train de prendre ton bain ?

Matéo : Oui, j’étais en train de prendre mon bain et je me suis écroulé. Je suis tombé et je me suis fait mal et tout. Ce n’était pas rigolo.

Olivier Roland : Tu n’avais plus d’énergie.

Matéo : Je n’ai plus d’énergie.

Olivier Roland : C’est dingue, tu ne pouvais plus rester debout.

Matéo : Oui, je n’arrivais plus à rester debout. Et puisque j’avais arrêté le sport, je bouffais super mal.

Et donc, je vois un docteur qui me dit : oui, vous avez fait un burn-out. Faites attention.

J’ai dit : j’ai 30 ans, je n’ai pas pu faire un burn-out, ce n’est pas possible. De toute façon, ce n’est rien, j’ai mal dormi la nuit d’avant. Ça doit être ça.

Et puis 6 mois après, j’en refais un. Pareil. Et là carrément, impossible de bouger.

C’est marrant comme sensation où tu te dis : oui, il faut que mon bras bouge et il ne bouge pas. Ça fait super flipper surtout. Tu te dis : qu’est-ce qui m’arrive, etc. ?

Olivier Roland : Ça dure combien de temps ? Quelques minutes ?

Matéo : Ça dure quelques minutes. Ça m’a paru une éternité.

Olivier Roland : Tu as vraiment épuisé ton corps jusqu’à ses limites.

Matéo : J’ai épuisé mon corps. Puis surtout, comme j’ai une tête dure, même quand je suis fatigué, je n’étais pas à l’écoute de moi-même. J’ai tiré sur la corde.

C’est un travail artistique. On était en studio, on se couchait très tard. Je me levais tôt puisqu’il fallait que je gère les trucs au bureau. Je creusais.

Donc, j’ai fait un deuxième burn-out. Là, je commence à me poser des questions.

Quelque temps après, mon père meurt du cancer du poumon. Et là, je me dis : la vie peut s’arrêter brutalement, il faut faire attention. Puis surtout, je ne fais pas tout ça pour être en mauvaise santé et pour ne pas en profiter.

Je digère le décès de mon père. Je m’assois. Et puis, je me dis : je reprends tout à l’endroit.

Et là, je recommence le sport. Je commence à me dire comment je pourrais améliorer ma vie.

Mon père avait quelques bouquins de développement personnel dans ses livres. J’en lis un ou deux. Et je me dis : oui, ce n’est pas mal ce truc.

Puis, je vais sur Internet. Je commence à regarder. Je tombe sur ton blog, sur d’autres blogs. Je vois les livres, je commence à lire des bouquins jusqu’à ce que je lise « La semaine de 4 heures ». Et là, je me dis : mais oui, c’est ça en fait. Pourquoi se faire chier dans la vie ? A un moment donné, il faut optimiser des trucs.

Olivier Roland : Ce livre a influencé tellement d’entrepreneurs, c’est incroyable.

Matéo : Il y a deux livres qui m’ont vraiment influencé, c’est La méthode GTD, « The Getting Thing Done » de David Allen et « La semaine de quatre heures ».

Je n’ai pas tout suivi à la lettre. Mais la philosophie, c’est avoir une organisation fiable pour ne pas avoir tout dans la tête, et après, automatiser le maximum de choses pour passer un maximum de temps sur ce que tu aimes faire.

Donc, j’ai lu tout ça et j’ai commencé à déléguer, à automatiser et à me dire : qu’est-ce que je peux faire avec le plus d’efficacité en utilisant le moins d’énergie ?

Olivier Roland : C’est vers 2009-2010 ?

Matéo : C’est ça, 2010.

Olivier Roland : Donc, burn-out. Tu commençais une nouvelle manière de s’organiser. Et tu le mets en place progressivement alors ?

Matéo : En fait, je teste. Si ça me va, je continue. Si ça ne me va pas, j’arrête. Ou alors, si ça ne va pas, j’arrange à ma manière.

Et surtout, je prends une ligne directrice où tout doit être simple. Donc, plus de réunion dans ma boîte, plus de report, plus de compte rendu. Tu passes plus de temps à écrire qu’il y a une vraie efficacité. Et on optimise vraiment sur l’efficacité.

J’allège tous les process au maximum. Je donne un maximum d’autonomie à tous mes gars. Vous gérez comme vous voulez, vous faites comme vous voulez, il y a un certains boulots à faire, vous avez un certain budget à respecter, vous vous débrouillez.

Tant que vous restez dans ces clous-là, peu importe la manière dont vous le faites, il n’y a pas de problème.

Je suis toujours disponible s’il y a un souci. Moi, je suis un peu l’artillerie. S’il y a un souci, je déboule et je règle le truc. Mais vos problèmes, c’est vos problèmes.

Comme ça déjà, tu as moins de problèmes à gérer.

Quand tu es dans le micro management et un peu le paternalisme, tu essaies de savoir s’ils font tout, etc., déjà un, tu démotives les gens puisque forcément ils se disent : il est tout le temps sur mon dos, c’est un peu chiant. Et de deux, tu bouffes beaucoup d’énergies pour pas grand-chose.

Olivier Roland : Oui. D’ailleurs, c’est un des feedbacks que note Tim Ferriss dans son livre. C’est qu’à partir du moment où il a autorisé ses assistants à faire tout, ce qui est en tout 300 dollars comme dépense tout seul, d’un seul coup, sa vie a changé.

Matéo : Exactement.

Et surtout le truc qui est très marrant, c’est que cela fait vachement progresser les équipes.

Tu te retrouves avec des mecs qui sont de plus en plus performants, qui peuvent faire de plus en plus de choses et tu leur confies de plus en plus de choses. Et toi, tu en fais de moins en moins.

Donc, j’ai pu me concentrer sur remettre en place une hygiène de vie avec beaucoup de sport, le sommeil, l’alimentation, l’hydratation, la lecture. Et je me suis mis à la méditation alors que pour moi, c’est un truc de bobos. Je me suis dit : je ne ferai jamais un truc comme ça.

Sauf que je me suis mis à essayer une minute, deux minutes. Puis, j’ai trouvé que ça me calmait et que ça augmentait ma concentration.

Olivier Roland : Ça, c’est intéressant. Tu as vraiment une démarche de bon sceptique parce que je dis toujours qu’il y a une différence entre les bons et les mauvais sceptiques.

Les mauvais sceptiques vont voir un truc, ils vont se dire que c’est un truc de bobos, c’est de l’arnaque, ce n’est pas pour moi, etc., et ils vont rien faire. Et les bons sceptiques vont se dire la même chose, mais ils vont se dire : il n’y a qu’une seule manière de savoir si ça fonctionne pour moi, c’est de le tester.

Tu peux faire des petites… une minute, ça suffit.

Matéo : Récemment, j’ai mon meilleur ami avec qui on est associé qui fait de la boxe, qui est dans les trucs durs, et qui s’est mis à faire du Bikram yoga, c’est-à-dire du yoga dans des salles à 45 degrés. Tout le monde se moque de lui.

Tout le monde se fout de sa gueule. Il vient me voir, il me dit : Matéo, c’est mortel, essaies.

Je me dis : Ok. Donc, c’est super marrant parce que tu te retrouves en maillot de bain dans des salles où il n’y a que des meufs. Et là, tu dis : qu’est-ce qu’on fait là ? Et tu te dis : ça va être facile. De toute façon, c’est un truc de meufs. Et tu souffres.

D’ailleurs, je préfère faire une heure et demie de boxe qu’une heure et demie de Bikram yoga.

Mais par contre, quand tu sors de là, tu es détendu, tu es apaisé. Tu as passé un moment où tu as été concentré sur ta pratique. Tu as vidé un petit peu ta tête et c’était mortel.

Maintenant, tout le monde se fout de nous. Sauf qu’en ayant essayé, j’en retire un bienfait et j’ai bien fait d’essayer. Je pars du principe où j’essaie.

Olivier Roland : Retenez bien cela, c’est vraiment important.

Matéo : C’est super important parce que si tu n’essaies pas, tu passes peut-être à côté des choses qui peuvent être bénéfiques dans ton organisation, dans ta vie, dans ta relation.

C’est comme rencontrer des gens et discuter un peu, ça ne paie pas de mine, mais ça peut apporter beaucoup.

Tout le monde peut être un mentor pour tout le monde sur quelque chose qui m’est arrivé ou une manière de gérer une situation : oui, je n’avais pas pensé. C’est pour cela qu’il ne faut jamais se fermer en se disant : moi, je suis Matéo, j’ai fait ça. Donc, je sais.

La femme de ménage peut m’apprendre demain un truc ou comment mieux nettoyer son bureau plus rapidement qui vont me servir, et je vais me dire : oui, ce n’est pas con, je n’y avais pas pensé, merci.

C’est pour ça que c’est vraiment dans cette approche où j’essaie d’avoir un maximum d’humilité dans les choses parce qu’on ne sait jamais tout.

Olivier Roland : Tu nous avais partagés lors de la rencontre à Bangkok dans Mastermind ton rituel du matin, ce que j’appelle le rituel du moine Shaolin. Tu peux résumer un peu aujourd’hui ? Quand tu te lèves, qu’est-ce qui se passe ? Comment se passent tes matinées ?

Matéo : À travers toutes mes lectures, je me suis rendu compte que si je voulais avoir un moment qu’à moi, ça ne pouvait être que le matin très tôt parce qu’après, on est dans le rush de la vie, de la famille, j’ai un petit garçon, des trucs, etc.

Je me suis dit : si je veux avoir un moment à moi tous les jours, ça ne peut être que le matin très tôt.

Donc, je me suis mis à me lever un petit plus tôt, en général 6h du matin. Mais là, je repasse à 7h du matin parce qu’au final, je n’ai pas besoin de me lever à 6h par rapport à mon boulot et tout.

Après, c’est vrai que je cumule un peu de la fatigue comme j’ai tendance à me coucher après 23h, minuit.

Et donc, je me dis : je vais me lever plus tôt pour faire quoi ?

Je lis des bouquins, je fais de la méditation. Je vais prendre mon petit déjeuner et je vais mettre des choses comme ça qui m’intéressent le matin et je vais voir un peu ce que ça donne.

Aujourd’hui, ça évolue. J’essaie de les faire évoluer, de faire en sorte que ça ne soit pas une contrainte, que ça soit toujours un plaisir de se lever et de faire des choses que j’ai envie de faire.

Donc, je me lève, je prends mon café, mon petit déjeuner qui est juste des fruits, des amandes, un truc assez simple puisque j’essaie de garder les choses saines.

Derrière, je planifie ma journée : qu’est-ce que je vais faire ? Avec qui ? Où je vais être ? Mes rendez-vous, de telle heure à telle heure. Etc.

Olivier Roland : Tu te lèves à quelle heure ? 6h ?

Matéo : 6h. Pendant un quart d’heure, je fais mon petit déjeuner, je prends mon petit déjeuner. En même temps, je planifie ma journée.

Je me lève à 6h. A 7h, je vais faire du sport. A 8h, je fais une interview avec Olivier.

Olivier Roland : C’était aujourd’hui ça puisque là, tu es en voyage.

Matéo : Oui, je suis en voyage. A midi, j’ai mon avion. A 17h, j’arrive à Paris. J’ai un checking là. Après, j’ai rendez-vous à 20h 30.

Olivier Roland : Mais quand tu ne voyages pas, ta matinée typique, c’est 6h, 6h 15 petit déj.

Matéo : Je fais mon petit déj. Après, je planifie ma journée. Après, je checke mon hygiène de vie. J’ai un tableau où je regarde mes heures de sommeil, ce que j’ai mangé. Est-ce que j’ai fait du sport ? Est-ce que j’ai fait mes étirements ? Est-ce que j’ai fait ma méditation ?

J’ai un système qui m’appartient où j’ai une notation pour savoir quand est-ce que je tire sur la corde ou pas. Si je suis en dessous de 10 pendant plus de 30 jours, je regarde, je dis : attention, là, je suis…

Ça permet d’être conscient de ce que tu fais tous les jours parce que dès fois, tu enchaînes les activités. Tu passes d’un truc à l’autre, tu n’as pas le temps de te poser, de réfléchir.

Ça me permet d’avoir un feedback sur ce que je fais et de voir est-ce que je puise dans mes réserves ou pas ?

Donc, je checke mon hygiène de vie. Après, j’écris mon journal. J’utilise le five minute journal. Qu’est-ce qui m’a plu hier ?

Olivier Roland : Le five minute journal, oui, j’en ai déjà parlé plein de fois.

En gros, tous les matins, tu fais les trois choses pour lesquelles tu éprouves de la gratitude. Cela peut être des choses simples comme être à une terrasse et prendre un café. Ensuite, trois choses que tu veux faire aujourd’hui et qui vont te rendre heureux, des choses sur lesquelles tu as le contrôle. Genre, il va faire beau, donc je vais être heureux. Et tu te définis.

Matéo : Oui, c’est ça. Qu’est-ce que tu vas incarner aujourd’hui ?

Puis, avant de se coucher, je réfléchis à ma journée d’hier : qu’est-ce qui a été bien, est-ce que je peux améliorer ? Et après, je mets en place dans la journée.

Une fois que j’ai fini ça, je me mets à lire des articles de développement personnel.

Olivier Roland : Tu lis des blogs inspirants.

Matéo : Des blogs. En ce moment, je suis sur « Devenez meilleur ».

Olivier Roland : Qui est un de mes blogs. C’est une traduction des articles de Steve Pavlina.

Matéo : Qui est vachement bien je trouve dans l’approche, qui est très performant.

Une fois que j’ai fini ça, je fais ma méditation. Ça dure en général 10-15 minutes, ça dépend des jours. Et après, je vais au sport, des petits work-out, des petits circuits.

Olivier Roland : Tu dis petit, mais tu fais facilement une heure de sport au moins.

Matéo : Non, c’est vraiment 20 minutes de manière intensive. C’est une minute par exemple de corde à sauter, une minute de traction, une minute de rameur, une minute de vélo, etc. C’est très intensif, pendant 20 minutes sans s’arrêter, avec un échauffement et des étirements à la fin. Ça me prend une demi-heure.

Il y a des jours où je suis à la boxe, donc c’est une heure ou je vais courir une heure.

Ça dépend des jours, de où je suis, etc. Mais sur le sport, j’essaie de tout le temps changer parce que quand tu fais tout le temps la même chose, ça devient très vite ennuyeux. Tu perds la motivation et tu perds le plaisir.

Et donc, j’ai fait souvent du sport de manière contraint en me disant : oui, c’est mon programme, il faut que je le fasse. Mais ça marche beaucoup moins bien que de se lever en se disant : aujourd’hui, qu’est-ce que je vais faire ?

Se Réfléchir à son petit programme, aller sur Youtube, regarder un peu les vidéos et dire : je vais prendre ça, je vais mettre ça, etc. Ça permet de se faire sa petite sauce à soi. C’est plus motivant.

Une fois que j’ai fait ça, je me prépare, je m’habille et je suis prêt pour ma journée.

Olivier Roland : Tu médites combien de temps à peu près par jour ?

Matéo : 10-15 minutes. Avant, j’ai fait jusqu’à une demi-heure. Je méditais, je visualisais. Mais c’était trop contraignant et ça me demandait deux heures et demie, trois heures le matin. Et c’était trop parce que des fois, on devait se lever tôt, je dois prendre des trains, je dois prendre des avions. C’était un petit peu compliqué. Donc là, j’ai essayé de tout faire rentrer dans 1h 45.

Je me lève à 6h. À 8h, je suis prêt à prendre un avion ou à partir.

Olivier Roland : En sachant que tu travailles 3h par jour à peu près 5 jours par semaine.

Matéo : Après ce que je fais, c’est que je vais au bureau le matin. Je gère mes mails, je gère mes tâches importantes de la journée. Dans mon organisation, c’est comme ça. Une fois que j’ai fini ça, ma journée est finie.

J’entends par travail les choses que je n’aime pas vraiment faire. C’est-à-dire répondre à des mails.

Même dans les tâches que j’ai à faire, il y a des trucs qui m’éclatent. Par exemple, j’adore checker ma compta analytique, savoir ce qui rentre, etc., puisque j’ai un cerveau qui fonctionne comme un tableau Excel. Donc forcément, j’ai des facilités et ça m’éclate.

L’après-midi, je vais rencontrer des gens, soit des amis, soit des partenaires. On mange, on boit le café, on discute. C’est quand même plus agréable. Donc, je vais voir mon équipe, on discute.

Olivier Roland : Quel changement entre le Matéo qui s’effondre dans sa baignoire, qui ne faisait pas de sport, qui travaillait 70 heures par semaine et le Matéo d’aujourd’hui !

Quand tu as partagé cela dans le groupe, dans le mastermind il y a quelques mois, tout le monde était vraiment scillé. Tu as inspiré beaucoup d’entre nous.

Matéo : Pour moi, c’est normal. C’est vrai que je ne me rends pas compte.

Olivier Roland : Le Matéo d’il y a dix ans, s’il te voyait maintenant ?

Matéo : Le truc, c’est que je suis beaucoup plus efficace qu’il y a 10 ans en travaillant beaucoup moins. Pour moi, ce n’est pas une logique, c’est juste ce souci d’amélioration.

Olivier Roland : Et tu as fait cela vraiment petits pas par petits pas.

Matéo : Petits pas par petits pas.

Olivier Roland : Il a commencé par une minute de méditation.

Matéo : Attention, si on commence par une demi-heure, on ne le fera jamais.

Olivier Roland : Si vous n’avez pas encore commencé la méditation malgré toutes les vidéos où je vous ai montré tous les avantages que ça a et des témoignages comme celui de Matéo, commencez par faire juste une minute. Tout le monde a une minute dans sa journée.

Matéo : Après, ça ne va pas à tout le monde. Mais il faut être sûr d’avoir essayé pour se dire non, ce n’est pas mon truc. Moi, je l’ai essayé.

A force de voir des gens qui en parlent, je me suis dit : ce n’est pas possible que je passe à côté de quelque chose, que tout le monde le voit et moi je ne le vois pas. Donc, j’ai essayé.

Olivier Roland : Tu as vu les bénéfices.

Matéo : J’ai vu sur une semaine et je me suis dit : ce n’est pas mal.

On a plein de choses qui nous passent par la tête tout le temps. Et le fait d’entraîner son cerveau à rester concentré sur quelque chose, c’est vachement important.

Par exemple, avec mon fils. C’est-à-dire que quand on est père de famille ou mère de famille, quand nos enfants nous parlent, on a aussi notre boulot, les trucs qu’on doit gérer, etc. Sauf que quand je me dis que je suis avec mon fils, je me concentre sur lui.

La méditation m’a amené en disant : je suis avec lui, je joue au foot avec lui, je joue au pistolet avec lui, ou je discute, je fais ses devoirs avec lui puisque pour les entrepreneurs comme nous, ça va tout le temps à 2000 et tu es tout le temps en train de réfléchir. A un moment donné, écrire le lapin pendant 10 lignes, il faut le ralentissement, il faut savoir le gérer.

Et c’est vrai que la méditation dans cette manière de ne pas avoir peur, d’être dans le moment présent, ça a été bénéfique pour moi.

Olivier Roland : Parce que tu es passé du BlackBerry qui t’apprend au contraire à jamais être dans le moment présent, à toujours te faire interrompre et à te déconcentrer à un truc où tu…

Matéo : J’ai toujours un iPhone. Mais c’est vrai que la plupart du temps, j’ai un groupe avec mes amis avec qui on a commencé. Tout le monde croit que je travaille quand je suis dessus, mais je passe ma journée à rigoler avec eux.

Même si on ne se voit pas physiquement, on est tout le temps en contact toute la journée : moi, j’ai fait ça, j’étais là. L’équipe de France a gagné, j’étais au stade hier et il m’est arrivé un truc de fou. Tout le monde m’a sauté dessus.

Tout le long de la journée, on rigole. Et ça permet aussi de garder les liens avec les gens qu’on aime même si on n’est pas tout le temps avec eux.

Olivier Roland : Je pense qu’on a un très bon aperçu de ton parcours. Là en plus, ton prochain projet est un projet très ambitieux avec Soprano. Tu peux nous en parler ?

Matéo : Le dernier album, on en a vendu 630 000. Aujourd’hui, on a fait une tournée. Ça se passe bien. C’est beaucoup de boulot, beaucoup de réflexion, mais beaucoup de plaisir. Puis, on est entre nous.

On a une économie, on a des partenaires qui sont contents de travailler avec nous. Et aujourd’hui, on est dans une position où on ne travaille qu’avec des gens qu’on aime bien. On n’est plus contraint de travailler avec des gens.

Est-ce qu’on aime ces personnes humainement ? Est-ce qu’on est capable de s’entendre ? Est-ce qu’il y a un intérêt à ce qu’on travaille avec eux ? Si oui, on travaille et puis après, on voit ce qui se passe.

Il y a toujours des galères, mais au moins on est dans une bonne dynamique humaine. Je pense que c’est important. Les gens oublient quand même pas mal que derrière le business, il y a de l’humain.

On n’est pas des robots, il y a des affinités avec des gens qui ne sont pas avec d’autres, et ça fait partie du jeu. Mais quand tu passes tes journées ou tes années à travailler avec des gens, il y a quand même de l’humain derrière tout ça. Et moi, en tout cas, je suis sensible à ça.

Donc, on sort un album qui est un grand succès. On se dit : mais qu’est-ce qu’on va faire de plus ? Parce que refaire la même chose, c’est déjà régresser un petit peu.

On se pose la question et Soprano dit : je vais appeler le prochain album L’Everest, et je veux faire un truc sur le dépassement de soi.

C’est le thème. On est arrivé à un haut niveau, comment on va plus loin ?

Puis, on en discute. On développe le concept. Puis à un moment donné, je lui dis : tu sais quoi ? Soyons fous, pourquoi on ne ferait pas un concert au Stade Vélodrome ?

Olivier Roland : Combien de places ?

Matéo : 60 000 personnes.

Olivier Roland : 60 000 personnes. Et jusque-là, le plus maximum que tu avais fait, c’était ?

Matéo : A Marseille, le maximum qu’on a fait c’est, on a fait trois fois la salle qui fait 7000 personnes.

Olivier Roland : Pas en même temps.

Matéo : Pas en même temps. A la fin, quand tu fais un album qui s’appelle « l’Everest » et tu dis : je tente un stade Vélodrome, c’est cohérent.

Olivier Roland : Oui, c’est trois fois plus.

Matéo : C’est trois fois plus.

Olivier Roland : Sans compter que ce n’était pas en même temps.

Matéo : Voilà. Et surtout que c’est un stade et qu’aujourd’hui, il n’y a que Johnny Halliday qui fait des stades.

J’en parlais avec Soprano, je dis : je pense que c’est ce qu’il faut faire. Il me dit : oui, mais tu te rends compte si on ne le remplit pas.

Et là, je dis : et si on remplit ? Puis là, il me regarde et il me dit : oui, si on remplit ?

Je dis : on rêve un peu.

Aujourd’hui, même si on perd de l’argent, ce n’est pas grave. Je préfère perdre de l’argent et me planter en disant : on a essayé d’aller au bout de nos rêves et on a essayé d’écrire les soirs que plutôt que de me dire : on ne l’a pas fait, et toute notre vie, on regrette.

Il me dit : oui, tu as raison.

Du coup, on va voir tous nos partenaires qui disent : mais vous êtes des malades ?

Et puis dans nos yeux, il y a l’étincelle qui fait que nos partenaires se disent : Ok, ils y croient. Ils ont l’énergie pour le faire. On vous suit.

C’est là où l’humain est important. Si ce n’est que les chiffres, ils disent : non, les gars. On prend trop de risques, laissez tomber. Mais après, je pense qu’il y a une dynamique humaine qui se met en place et que tu te dis : allez, on peut le faire et ce n’est pas facile. On a l’énergie, on y croit.

Et c’est aussi ce challenge parce que quand tu fais des succès et des succès, à un moment donné, c’est grisant et tu commences à te ramollir. Mais quand tu dis : je vais faire un stade de vélodrome, tu ne peux pas te ramollir parce que le gap est encore plus haut. Tu dis : comment on va faire, par quel opération on va passer, etc.

C’est un projet très ambitieux et c’est aussi un projet qui fédère. Puis, Soprano est quelqu’un qui a un public fidèle, qui le suit depuis longtemps. Je dis : c’est l’imposer quelque chose.

Et quand ton album s’appelle « L’Everest », tout est cohérent et ce n’est pas un hasard si on a cette idée maintenant dans ce temps-là de ta carrière.

Donc, on part dans cette aventure-là. Le concert, c’est l’année prochaine, le 7 octobre 2017.

Olivier Roland : Dans un peu plus d’un an.

Matéo : On va travailler, on va sortir l’album, on va créer des partenariats, on va créer un show exceptionnel. C’est aussi écrire une histoire.

C’est ce que j’ai dit : de là d’où on vient, de là d’où on part, faire un concert au stade Vélodrome, même au début, on n’y avait jamais pensé.

C’est-à-dire que même dans nos rêves, ce n’était pas accessible. Après, au fur et à mesure, on se disait que ça serait bien de faire un stade Vélodrome.

Tu vois des interviews il y a 6-7 ans où les journalistes posent la question à Soprano : Alors, vous pensez que tu peux faire le stade Vélodrome et tout ? Il dit : non, c’est impossible. C’est un de mes plus grands rêves, mais c’est impossible et tout.

Puis quand on voit les interviews, on se dit : maintenant, ce n’est plus impossible, on le tente. On y est.

Je suis convaincu qu’on va réussir le pari, qu’il y aura 60 000 personnes et que ce sera un super moment. Et à 90 ans, quand on se regardera, on se dira : tu te rappelles le stade Vélodrome ?

On a écrit l’histoire, on a fait le truc.

Même pour nos enfants, même pour les gens qui sont autour de nous, de dire : hé les mecs, c’est possible si nous, on y est arrivé.

Je suis comme tout le monde. Comme je dis tout le temps, je n’ai pas les meilleurs joueurs, mais la meilleure équipe. Je n’ai pas besoin d’avoir l’attaquant qui marque le plus de but, mais la meilleure équipe, les gens qui travaillent l’un pour l’autre et qui travaillent ensemble, c’est super important.

Olivier Roland : Pour résumer un peu tout ce que tu as dit, d’abord, tu as eu l’appel vraiment de l’aventure. Tu sentais qu’il manquait quelque chose quand tu étais dans ton boulot de salarié même alors que tu étais très bien payé.

Beaucoup de gens auraient pu se contenter de ça. Mais toi, tu as ressenti un manque. Ensuite, il y a eu finalement ce choix de répondre à cet appel malgré le fait que c’était…

Matéo : S’écouter.

Olivier Roland : Oui, de t’écouter. C’est très important malgré le fait que c’était plus difficile matériellement pour toi. Tu as eu la persistance en essayant plusieurs méthodes, plusieurs trucs jusqu’à ce que tu choisis celle qui fonctionne.

Et quand tu as enfin eu le succès matériel, tu as eu l’intelligence de comprendre les limites de ton rythme de vie d’entrepreneur classique et d’adopter une mode de vie, des habitudes qui te permettent de profiter des fruits de ton travail et d’avoir une vie géniale.

Matéo : J’ai aussi la chance d’avoir le bon environnement, la bonne équipe, les bonnes personnes qui m’ont soutenues, que j’ai soutenu. C’est plus facile quand c’est collectif que tout seul.

Olivier Roland : C’est quand même toi le chef d’orchestre.

Matéo : C’est moi le chef d’orchestre. Mais un chef d’orchestre sans musicien, ça ne marche pas.

Olivier Roland : Oui, on est d’accord. Et donc, tu as trouvé les bons musiciens.

Matéo : J’ai trouvé les bons musiciens qui jouent bien ensemble. Et je pense que c’est aussi un cerveau collectif que j’ai des travers, que mes partenaires et mes amis savent compenser. C’est ça qui est bien aussi. Ça me permet moi d’être encore plus efficace.

Quand je pars trop tout seul dans mon trou en disant : on va faire ça, on y va les mecs, ne vous inquiétez pas, etc., je peux recevoir un coup de fil : passe me voir à la maison. Assieds-toi. Matéo, là tu t’enflammes trop, ça va trop vite. Ils ne suivent pas, on ne comprend pas.

Ça me permet de prendre du recul et d’avoir une autocritique sur ce que je suis en train de faire parce qu’il est quand même important d’avoir des gens qui te renvoient le miroir en disant : attention, là, tu déconnes.

Ce n’est pas facile quand tu es chef d’entreprise, que tu as de la réussite, que tu gagnes de l’argent d’avoir des gens qui sont capables de dire ça. Tu t’assois et tu dis : si lui me dit ça, c’est qu’il y a un problème. Donc, c’est aussi important.

Olivier Roland : Merci d’avoir partagé tout ça. Je pense qu’on a eu un excellent aperçu de ton parcours.

En plus, c’est d’autant plus exceptionnel et impressionnant que tu es parti de zéro. Vraiment tu n’avais pas de réseau particulier, tu n’as pas eu un diplôme d’une école de commerce prestigieuse, tu n’avais pas de parents qui ont pu te pistonner, tu t’étais vraiment forgé tout seul avec ton équipe et tes amis.

Du coup, pour les gens qui se sentent ultra motivés et qui ont envie de se lancer dans l’entreprenariat, quels conseils tu leur donnerais ?

Matéo : Vraiment, si j’ai un conseil à donner, c’est de s’écouter. Faites ce que vous avez envie de faire malgré tous les murs, tous les carcans, tous les schémas sociaux qui peuvent y avoir.

Ce n’est pas trop à dire, mais on ne peut pas kiffer sa vie si on n’est pas aligné avec ce qu’on a envie de faire.

Même moi à mon niveau aujourd’hui, je suis encore enfermé dans des choses. Sauf que je m’en rends compte et que je travaille dessus.

Et plus, je suis aligné avec moi-même et je deviens injouable à un moment donné parce que je fais ce que je veux, je suis avec les gens que je veux, je vis des expériences que j’ai envie de vivre. C’est vraiment important.

Et le deuxième conseil que je donnerai, c’est n’essayez pas de ne pas échouer. Le truc qu’il faut vraiment travailler, c’est je me relèverai quoi qu’il arrive.

C’est quand même plus facile que de se dire : il ne faut pas que je me plante, et si je me plante, etc. Dites-vous : peu importe ce qu’il arrive, je me relèverai quoi qu’il se passe.

Ça peut prendre du temps de se relever, 10 jours, une semaine, un mois, 6 mois, mais toujours se mettre dans la tête : je me relèverai, j’y arriverai, ou je ferai autrement mais je vais me relever. On ne peut pas m’arrêter. On peut me ralentir, on peut me stopper, je peux faire des state back, mais je me relèverai.

Olivier Roland : Merci d’avoir partagé tout cela.

 

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