Comment Manuel Diaz a créé sa MULTINATIONALE à 18 ans

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Transcription texte (littérale) de la vidéo « Comment Manuel Diaz a créé sa MULTINATIONALE à 18 ans » :

Olivier Roland : Bonjour, je suis avec un invité de marque puisque je suis avec Manuel Diaz. On s’est rencontré il y a quelques jours sur Paris.

J’étais très impressionné par ton histoire parce que tu as créé ta première entreprise à 18 ans. Cette entreprise existe toujours aujourd’hui et elle emploie aujourd’hui 1500 personnes. Ce n’est pas rien. C’est ça ?

Manuel Diaz : Oui, on a plus de 700 collaborateurs en Europe, plus le réseau international. Ça fait du monde, oui.

Olivier Roland : Ça fait du monde. Puis, c’est super inspirant comme histoire. J’ai envie de la partager avec mon audience.

Ton entreprise, c’est Emakina. Qu’est-ce qu’elle fait exactement ?

Manuel Diaz : Notre travail au quotidien, c’est aider les grandes marques, les entreprises à appréhender la transformation digitale, en leur fabricant ce que nous appelons des expériences clients réussis.

On se rend compte à travers les années que ce que le digital a introduit entre la marque et leur client, c’est une relation d’une grande proximité beaucoup plus fort. Le client peut interpeler la marque quand il est content ou pas content, etc., et cela met le bazar dans les entreprises.

Les entreprises ne sont pas structurées pour ça.

Elles savent dire : regarde mon produit, comme il est beau, je vais faire une super campagne pour te le montrer sous son meilleur angle, je fais te le mettre à la télé, à la radio, dans la presse et dans des bannières. Mais gérer de la conversation entre une marque et un client final, elles ne savent pas appréhender cela ou très, très mal.

Si tu mélanges à ça le fait que les clients maintenant disent : je veux acheter en ligne et les retirer au magasin, je veux être dans le magasin et me fait livrer chez moi, etc., ça pose des problèmes logistiques incroyables.

Donc nous, notre positionnement, c’est d’aider les grandes marques à faire en sorte que leur expérience soit la plus réussie possible, la plus satisfaisante et exceptionnelle à vivre pour que les clients adorent, préfèrent leurs marques, en parlent et la préfèrent à d’autres.

Olivier Roland : Pour résumer en quelques mots, on peut dire que c’est une agence de communication sur le web.

Manuel Diaz : Exactement, on va dans une seule et même offre de servir. C’est à partir de cette idée : où est le problème et comment on peut le résoudre.

Ensuite, dans l’agence, il y a toutes les compétences pour le faire. Il y a plus de 300 ingénieurs, il y a des ergonomes, il y a des gens spécialistes sur la sémiologie, sur le langage, sur l’interculturalité, sur le design, sur la user expérience. Bref, tous les métiers qu’il faut pour répondre à ces problèmes.

Olivier Roland : Et donc, tu l’as créé à 18 ans.

Manuel Diaz : A 18 ans, cela ne ressemblait pas à ça.

Olivier Roland : Oui, j’imagine bien. C’était en quelle année déjà ?

Manuel Diaz : 97.

Olivier Roland : 97, c’était vraiment le début de l’Internet. Je pourrais même dire la préhistoire.

Manuel Diaz : Oui. J’ai assisté à des réunions où la question, c’était : est-ce qu’on va donner des adresses emails à tout le monde ? Vous vous rendez compte, on va pouvoir envoyer un email au patron directement, etc.

On a été une des premières agences web en France.

Je me souviens d’ailleurs pour l’anecdote quand j’ai créé cette agence avec mon frère, quand on a été à la chambre de commerce, on ne savait pas dans quel registre nous immatriculer. Ça ne correspondait à rien, aucun métier de référencé connu, etc.

Et puis, on a démarré par la partie la plus simple qui est de créer des outils, créer des sites web, créer de la communication pour ces gens qui découvraient Internet, et surtout les aider à comprendre quels était les enjeux d’Internet. Ensuite, l’agence s’est développée jusqu’à être ce qu’elle est aujourd’hui.

Olivier Roland : C’est dingue parce que tu as 18 ans en 97. Comment tu as l’idée de faire un truc pareil ?

Manuel Diaz : En fait, j’allais assez jeune beaucoup en Angleterre et j’ai découvert Internet chez mon correspondant de l’époque sur les campus universitaires. Et dans la fascination, je me suis dit : il va se passer un truc.

Je me suis intéressé à Internet. J’ai passé un temps énorme pour les plus anciens qui fréquentent Internet sur ton channel, dans IRC.

Olivier Roland : C’est la communication à l’époque, un peu le skype d’aujourd’hui.

Manuel Diaz : C’est ça, mais en beaucoup moins sexy, avec beaucoup de lignes de commande, etc. C’était assez rigolo.

J’ai rencontré des super potes dont un de mes meilleurs amis avec lequel je suis toujours ami et qui a joué un rôle important dans le développement de l’agence.

Ça s’est passé petit à petit. J’ai découvert cet univers. Je me suis dit : il va se passer quelque chose.

Et j’ai dit à mon frère à l’époque : il faut faire quelque chose.

Mon frère s’apprêtait à être prof, il est un peu plus vieux que moi. Finalement, on s’est dit : on va créer cette agence ensemble et on va voir ce que ça donne.

On ne vient pas du tout d’un background étude du commerce. Moi, à 18 ans, j’avais juste mon bac, mais on n’a pas été prédestiné à être entrepreneur avec des études des commerces, etc.

En même temps, tu as beaucoup d’engouement parce que tu es en train de défricher un nouveau territoire et tu as envie de réussir et de montrer que ton intuition était juste.

Par ailleurs, il faut que tu travailles plus que les autres parce que tu es confronté à des gens qui ont été plus préparés à être entrepreneur. Ça donne beaucoup. Je ne sais pas, toi qui vois beaucoup d’entrepreneur, si c’est un train commun entre les autodidactes ou pas, mais je trouve que beaucoup d’entre nous, des autodidactes, y travaillent plus que la moyenne.

Il y a cette frustration ou ce côté un peu mal à l’aise où tu te dis : est-ce que je suis légitime ou pas légitime ?

Il faut que je sois meilleur que les autres. Il faut que je prouve que je suis plus pertinent que les autres. Donc, je travaille plus que la moyenne. En tout cas, pour moi, ça a joué beaucoup.

Olivier Roland : C’est intéressant parce que j’ai un parcours qui est très similaire au tien, sauf que je n’ai pas développé une boite aussi grosse.

Mais c’est pareil, je suis autodidacte, je n’ai même pas le bac. J’aime bien dire que j’ai un Bac-2.

Est-ce que le fait d’être autodidacte ça m’a donné la niaque ou pas ?

Ce qui est sûr, c’est que j’étais ultra motivé pour réussir ma boite parce que quand tu arrêtes tes études aussi jeunes, tu dois aussi prouver à tes parents, à tous des entourages, à tes amis et tout ça que tu n’étais pas planté et qu’au début, tu as le feu sacré.

Manuel Diaz : Oui, je pense que si tu as une motivation saine qui est de te dire : j’ai envie de réussir, pas pour toi ou quoi que ce soit, mais comme tu dis pour montrer aux autres qu’ils peuvent être fiers de toi, je pense que c’est un sentiment agréable quand tu es un enfant de dire que tes parents sont fiers de toi.

Puis ensuite, par source d’épanouissement, c’est déjà dire : un challenge après un autre. Je pense que quand tu as mis ton doigt dans la machine, tu as envie d’un autre chalenge, puis d’un autre chalenge et d’avancer comme ça.

Olivier Roland : Quand même 18 ans, moi, j’ai connu. Mais pour beaucoup de jeunes et de moins jeunes qui nous regardent, ils se disent : mais comment il a fait ?

Donc, tu as ton bac et tu te dis avec ton frère : on va arrêter nos études pour nous lancer dans ce projet d’agence web alors que le web à la limite, sans doute tes parents ne savent même pas ce que c’était. Comment ils ont pris la chose tes parents ? Comment tu les as convaincus ?

Manuel Diaz : Mes parents, la seule matérialité qu’ils avaient du web, c’était le montant des factures téléphoniques qui arrivait à la maison puisqu’à l’époque, on payait à la minute les connexions, il ne faut quand même pas oublier. Ce qui m’a valu quelques explications bien normales d’ailleurs. Mon frère avait fini ses études.

Mes parents ne m’ont interdit de faire quoi que ce soit. Ils m’ont toujours dit : tu peux choisir n’importe quoi, mais à partir du moment où tu as choisi : un, tu le fais à fond et deux, tu le fais du mieux possible.

Je n’ai pas eu trop à lutter. Mon père qui est artisan, donc avec une fibre entrepreneuriale et d’autonomie dans son entreprise, était très encourageant. Ma mère aussi, mais elle était comme une maman un peu inquiète, de se dire : comment ça va se passer ? Puis, au bout d’un moment, elle s’est dite : si ça ne marche pas, si dans un an ou dans deux ans, il doit reprendre ses études, ce n’est pas la fin du monde. Il n’a jamais redoublé, etc.

Ils ont été très encourageants.

À partir du moment où la décision a été prise, où on est venu avec mon frère dire : on veut faire ça, ils ont été très encourageants. Ils ont même beaucoup aidé les premières années de l’entreprise et encore aujourd’hui.

Olivier Roland : Un soutien moral.

Manuel Diaz : Mon frère était déjà parti de la maison puisqu’il est plus vieux que moi. Les premières années, je suis resté chez mes parents, le temps de savoir comment ça allait avancer.

Dès que tu commences à bosser à fond, tu as un rythme de vie qui change. Tu n’étais pas forcément synchrone avec le reste du foyer familial. Accepter ça.

Puis, il y a beaucoup d’encouragement et le fait d’y croire, ce qui te donne du courage.

Olivier Roland : Et quand tu as pris cette décision d’arrêter les études et de te lancer à fond dedans, est-ce que tu avais déjà commencé à tester le concept vraiment sur le terrain en mode lean startup, c’est-à-dire avoir des clients ou tu te basais juste sur ton idée et ton étude de marché ?

Manuel Diaz : Il faut bien se remettre dans le contexte de l’époque, c’est-à-dire qu’on parle vaguement d’Internet. La France regarde Internet en se disant : le minitel n’est pas mort. Donc, la France regarde l’Internet en disant : qu’est-ce que c’est ? C’est un minitel en couleur ? C’est américain, ce n’est pas américain ?

Et au final, si j’avais fait le modèle lean que je préconise beaucoup aux startups que je croise aujourd’hui ou que je conseille et dans lesquels j’investis, ça aurait été compliqué parce que je pense que globalement, le marché n’était pas prêt à entendre ou à tester ou à comprendre.

Si j’avais écouté les gens autour de moi, je ne l’aurais pas fait.

Olivier Roland : C’est la même chose pour moi. Si j’avais écouté le sondage, je ne l’aurais pas fait.

Manuel Diaz : Exactement. J’aime bien ce que disait Steve Jobs là-dessus, il disait : ne demandez jamais aux consommateurs ce qu’ils veulent. Sinon, vous allez faire des trucs complètement aberrants. Ayez des convictions.

Après, il faut essayer de les objectiver, il faut prendre beaucoup de distance avec ce qui t’entoure, il faut regarder l’international. Ça compte beaucoup par rapport à ton marché de base pour dire : est-ce que mon marché de base est en retard ?

Mais si le reste de l’international est en train d’y aller, ça veut sûrement dire qu’à un moment, on va suivre. La question, c’est : est-ce que c’est trop tôt ?

Il faut toujours être dans le bon timing. Il y a une histoire de timing qui est important.

Si tu es trop tôt, c’est compliqué parce que tu n’as pas assez de revenus pour vivre. Si tu es trop tard, tu as beaucoup de compétiteurs qui sont devant et ça va être compliqué de les rattraper.

Donc, il y a une histoire de timing aussi. Et je pense qu’aussi, c’est plus facile d’entreprendre quand tu n’as rien à perdre.

Olivier Roland : Moi, j’ai toujours dit qu’avoir créé si jeune, c’était une super chance.

Tout n’est pas évidemment positif.

Par exemple, en négatif, on n’a pas beaucoup d’expériences, on n’a pas de réseau. Ce n’est pas forcément facile d’être crédible. Dans l’informatique, ça va. Mais si on avait voulu créer une boite dans le bâtiment, ça aurait été compliqué.

Par contre, on a très peu de besoin matériel. On peut encore vivre chez ses parents.

Moi, en l’occurrence, mon père m’avait mis dehors, mais j’ai vécu dans une petite chambre d’étudiant. Ça ne me dérangeait pas. Puis, on a vraiment le feu sacré comme tu disais, on n’a rien à perdre. Et en même temps, on a tout à prouver.

Manuel Diaz : Exactement. C’est ça qui crée le grip.

Olivier Roland : On n’a pas de famille, on n’a pas d’enfant à nourrir, on n’a pas de prêt à rembourser sur la maison.

Manuel Diaz : Le coût du fail est très bas.

Olivier Roland : Oui, complètement parce qu’au pire, tu reprends tes études. Puis, ça te fait une bonne expérience.

Manuel Diaz : C’est ça, et tu as vécu un truc.

Même si on est très irrigué par la culture plutôt anglo-saxonne qui dit : le fail est une expérience, etc., et je pense qu’en France, on n’en est pas là.

L’acceptation du fail dans un parcours professionnel, tout le monde en théorie dit : c’est super, on a appris des choses, etc.

Je vois beaucoup de recruteurs, de gens qui recrutent en disant : quelqu’un qui a échoué, il va peut-être être plus cuisiné en entretien que les autres.

En théorie, on accepte le fail. En pratique, je ne le vois pas tant que ça.

Donc, il faut prendre un peu de distance avec la réalité de ce truc-là en France. Il y a d’autres pays qui l’appréhendent très différemment, mais il y a un côté très conservateur en France.

Olivier Roland : Oui, complètement. Les mentalités changent, mais lentement. On voit pas mal de choses.

Donc, tes parents étaient un support. Ils n’étaient pas trop dans l’équation. Finalement, ils n’ont pas été des freins majeurs.

Manuel Diaz : Non, ils ont été un vrai encouragement.

Olivier Roland : Comment était ton premier client ? Comment ça s’est passé ?

Manuel Diaz : Il faut quand même préciser que j’ai créé cette agence en province, pas à Paris, je ne suis pas Parisien, à Limoges.

Olivier Roland : Limoges, ce n’est pas le plus dynamique.

Manuel Diaz : Et là, on se dit : Limoges, qu’est-ce qu’on a autour de nous ?

On a la porcelaine, on a le grand électrique, on a toutes les grosses boites régionales. En fait, on n’a pas attaqué par ça. On a regardé plutôt le secteur.

Quand on se rappelle des débuts du web, les premiers secteurs qui s’y sont intéressés ont été les petites annonces – on comprit que c’était une menace parce que ça allait beaucoup se passer par là – et le secteur du tourisme.

Et notre premier client a été une agence de tourisme locale qui avait envie de parler plus loin et plus fort à une quantité de clients plus importante, et d’être trouvable plus facilement, y compris pour des clients étrangers qui avaient envie de venir dans la région. Notamment les Anglais qui fréquentent la région de Limoges, le Périgord, etc.

Ça a été notre premier client. On a passé énormément de temps à expliquer comment ça fonctionnait, à convaincre.

Quand j’y pense, je me dis : on a dû passer autant du temps à expliquer qu’à fabriquer le projet.

Olivier Roland : C’était vraiment l’évangélisation à l’époque. Tu as tout expliqué.

Manuel Diaz : De zéro : comment tu te connectes, comment tu récupères tes mails, à, à la fin, on va faire un site web ensemble et tu vas peut-être faire un business avec.

Et je me souviens aussi des yeux du client quand il a reçu ses premiers emails de personne qu’il ne connaissait pas et qui lui demandait des offres et des bouquets, des réservations à l’agence. C’était marrant.

Olivier Roland : Incroyable, tu as vraiment vu le début du début. Et tu étais un acteur majeur de ce début.

Manuel Diaz : C’était marrant à observer.

Olivier Roland : Et ça fait du bon souvenir.

Manuel Diaz : C’est génial. J’ai passé des personnalités qu’on connait tous. Jean-Michel Billaut qui avait créé l’atelier BNP Paribas, mes premiers voyages d’études aux États-Unis, je partais avec lui. À l’époque, Loïc Le Meur était hébergeur de site web.

Olivier Roland : C’était vraiment l’époque héroïque.

Manuel Diaz : Tout le monde cherchait dans des voies différentes. Et globalement, on est resté tous assez potes les uns des autres en prenant des directions différentes.

Olivier Roland : J’ai oublié de préciser aussi que tu es l’auteur d’un livre que tu as sorti il y a deux ans. C’est ça ?

Manuel Diaz : Non, en octobre dernier.

Olivier Roland : « Tous digitalisés ». Le sous-titre, c’est « Et si votre futur avait commencé sans vous ? » où, en gros, tu partages la disruption qu’amène tous ces nouvelles technologies.

Manuel Diaz : L’idée, ce n’était pas faire un bouquin pour les spécialistes qui connaissent déjà l’Internet, mais plutôt de s’adresser aux économies traditionnelles, aux business traditionnels qui ont besoin de se dire : je n’ai pas trop investi sur ces sujets-là ces derniers temps, je n’ai pas suivi tout ce qui s’est passé. Maintenant, j’ai compris qu’il fallait que je m’y mette. Comment je rattrape mon retard ?

L’idée de ce bouquin, c’est de dire : si vous n’avez pas saisi toutes les subtilités du truc en à peu près 200 pages, vous allez comprendre ce qui s’est passé, ce qui est en train de se passer,

Olivier Roland : Ce que vous avez loupé, ce que vous êtes en train de louper et ce qu’il ne faut pas que vous loupiez.

Manuel Diaz : Exactement. Et toutes les opportunités qui se présentent, et regarder le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide en se disant : c’est génial, on vit une époque d’une créativité extraordinaire où tout est à réinventer. Tu es la preuve vivante de ça.

Olivier Roland : Toi aussi. On est la preuve vivante.

Il y a presque 20 ans que tu faisais le même métier finalement. Et tu as toujours des gens que tu dois convaincre encore aujourd’hui.

Manuel Diaz : Bien sûr, à des échelles différentes. Les combats ne sont plus les mêmes.

Olivier Roland : Tu n’as pas besoin de dire aux gens : mettez un mail pour chacun.

Manuel Diaz : Non, bien sûr. Mais aujourd’hui, les grandes discussions sont autour de la data, la stratégie du management de la data, qu’est-ce que je fais de cette data.

Il y a beaucoup de clients qui sont obsédés. Ils ont compris à force d’entendre.

Il faut comprendre aussi qu’à l’époque, il n’y avait pas un magazine qui parlait d’Internet ou très, très peu. Il y avait les magazines sur l’informatique et il y avait deux pages sur Internet quelque part ou deux rubriques.

Tout ça a énormément changé. Mais le fait de l’avoir vécu et d’avoir beaucoup passé de temps à accumuler une expérience sur la capacité à être pédagogue et à faire comprendre les enjeux, je crois que ça joue beaucoup. Et puis, c’est très profondément ancré dans l’ADN de l’entreprise.

Je pense que c’est quelque chose que tous les collaborateurs chez Emakina ont parce qu’on leur a consciemment ou inconsciemment beaucoup transmis ça.

Donc, c’est une particularité de notre entreprise.

Olivier Roland : Donc, premier client à Limoges. Tu continues ton petit bonhomme de chemin en province toujours dans Limoges, comment ça s’est passé ?

Manuel Diaz : Ce n’est pas une grosse ville, mais c’est une très belle ville.

Olivier Roland : Ce n’est pas la ville où on pense en premier quand on veut démarrer une startup.

Manuel Diaz : Non, c’est sûr. Mais le côté lean, c’est de se dire : je me donne aucune raison de ne pas le faire.

Si on veut se trouver des raisons de ne pas le faire, on dit : il faut que je déménage à Paris, je ne connais personne, etc. Non, tu démarres maintenant. Tu testes, tu vois ce que ça donne.

Tant et si bien qu’après, on a ouvert un bureau à Paris quelques années plus tard, 4-5 ans après. Mon frère en premier faisait les allers retours à Paris.

Tu viens, tu fais deux jours de rendez-vous, tu essaies d’aller dans les salons, les expos qui sont organisés autour de ce métier parce que l’industrie a commencé à se structurer. Tu rencontres des gens. Les blogs apparaissent et ça aide à rencontrer des gens aussi.

Je me souviens de notre premier parisblogtil, etc.

Tu passes deux jours à Paris, tu fais à fond des rendez-vous. Puis, tu rentres à Limoges et tu briefes ta production à tes équipes sur les gens que tu as croisés, qu’est-ce qu’on pourrait faire pour eux, quelles idées on pourrait avoir, comment on pourrait les aider.

Petit à petit, ça se met en place. Puis, on ouvre un bureau physique à Paris. On commence à embaucher des équipes à Paris. On décide de garder la production à Limoges et d’entretenir des relations étroites avec les écoles d’ingénieurs de là-bas, avec la filière universitaire.

Tant est si bien aujourd’hui qu’il y a d’ailleurs en partenariat avec l’université de Limoges une Emakina Code Academy qui apprend à des jeunes à coder sur des techno web assez pointus, assez précises. Notre directeur technique est très investi là-dessus.

Olivier Roland : Et après, vous en embauchez quelques-uns, j’imagine ?

Manuel Diaz : Oui, c’est le but.

Olivier Roland : C’était sûr qu’ils ont les compétences que tu recherches. Puis, c’est une bonne promesse pour eux pour les motiver.

Manuel Diaz : Ensuite, développement international.

Olivier Roland : C’est en quelle année ?

Manuel Diaz : 2006. On commence à se dire : on a des gros clients maintenant nationaux qui ont eux-mêmes des entités à l’étranger. Si on n’est pas capable de les accompagner à l’étranger, ça va être compliqué parce que du coup, on sera l’agence en France, mais on ne sera pas leurs conseils en Allemagne, en Belgique, en Suisse, en Angleterre. Ils vont confier ça à d’autres agences et on fragmente la relation avec le client.

On a aussi beaucoup construit la croissance de l’agence sur des relations de profonde confiance avec nos clients, à des clients qui nous ont fait confiance très tôt comme Business Objects qui a été une des stars du Software français. Et on a grandi avec eux, ils nous ont amené à l’international.

Donc, l’international a été un sujet.

Et là, on se dit : il y a deux façons de faire l’international : soit on le fait tout seul et il y a beaucoup de risque, c’est long et c’est cher, soit on essaie de le faire avec d’autres personnes et ça peut-être plus rapide, plus sûr et apporter des solutions plus rapides à nos clients.

Et là, mon fameuse amie d’enfance que j’avais rencontrée sur IRC à l’époque et que j’allais voir régulièrement qui est Belge, Diteur, me présente un de ses amis qui venait d’investir dans une boite en Belgique qui faisait exactement le même métier que nous.

Pour faire l’histoire courte, on décide de vendre notre structure française à cette structure belge pour rapprocher les deux et démarrer un développement international avec l’ambition de construire ensemble avec ces nouveaux associés un groupe international indépendant qui allait compter.

À l’époque, ils sont un peu plus gros que nous, ils n’ont pas du tout d’activité en France. La France est un marché stratégique. Ils sont très forts au Benelux depuis de nombreuses années. Ils ont un positionnement reconnu du marché, des beaux clients, etc. et on y va.

Et puis, on s’était donné comme ambition d’être la première agence indépendante en Europe. C’est fait aujourd’hui. Donc, maintenant on s’est donné comme ambition d’être la première agence indépendante dans le monde.

C’est la prochaine road map et on y travaille.

Olivier Roland : Qu’est-ce que tu veux dire par agence indépendante ?

Manuel Diaz : Tu as deux catégories d’agence sur la planète. Tu as les grands réseaux publicitaires qu’on connait tous : PUBLICIS, WPP, OMNICOM, DENSO.

En gros, tu as quelques grands réseaux très peu, moins de 5, qui ont construit leurs histoires sur la publicité : les folles années de la pub, HAVAS, SEGUELA, la télé, la radio, les médias classiques.

Et puis sont arrivés les agences digitales qui, elles, ne sont pas du tout arrivées par le prisme de l’idée créative du slogan, mais sont arrivées par le prisme de la technologie.

Donc, tu as deux cultures. Tu as d’un côté les gens qui disent : le slogan, le truc que tu vas mémoriser, c’est important. Et de l’autre côté, tu as les gens qui disent : non, c’est la technologie qui va manger le monde.

Evidemment, tout le monde converge vers le même endroit qui est de se dire comment on parle, comment on conseille le mieux possible les marques.

La réalité est souvent au milieu du gué. Donc, ce n’est pas que l’idée et ce n’est pas que la technologie puisque si c’est que la technologie, c’est des guides qui font des tonnes de lignes de code super fonctionnel. Mais ce n’est pas très joli, ce n’est pas très encourageant. Ça ne fait pas envie, ce n’est pas beau.

Olivier Roland : C’est un peu les années 90.

Manuel Diaz : Et de l’autre côté, que l’idée dans un monde qui est de plus en plus technologisé, ça ne suffit pas non plus.

Donc, les groupes de pub se sont mis à racheter des agences digitales en les intégrant très mal parce qu’ils n’ont pas l’habitude de gérer ces animaux-là de la savane. Ça fait longtemps qu’ils n’ont pas vu un zèbre, une gazelle et un lion.

Ils voient arriver des mecs avec une culture digitale grès forte qui ne travaillent pas avec les mêmes process, les mêmes habitudes de travail. Tu imagines le choc culturel.

Olivier Roland : C’est une disruption comme il arrive dans des tas de domaines.

Manuel Diaz : C’est ça.

Dans la grande académie de la pub où tu as un directeur créatif tout en haut, qui a le mec qui a les idées, que tout le monde vénère et qui règne sur des créatifs. De l’autre côté, tu as une organisation à plan en Network, des mecs ont des casques qui ne se parlent pas. Ils sont à 2 m l’un de l’autre, mais ils chatent dans Slack ou dans Skype. Ce n’est pas la même culture.

Et donc, agence indépendante, c’est que nous n’appartenons pas à un réseau d’agence publicitaire. Nous sommes indépendants et c’est très important pour nous parce que, du coup, la qualité de notre conseil n’est pas dépendante des revenus publicitaires.

On ne fait pas à la fois notre revenu sur les espaces médiatiques vendus et on va forcément pousser à acheter de la télé et de la radio ou je ne sais pas quoi. On essaie d’avoir une objectivité très forte. Et on ne fait pas que du digital d’ailleurs, on fait aussi du Offline.

C’est en cela que l’agence a grandi. On a ajouté des compétences de communication traditionnelle dans l’agence. Mais on essaie de diagnostiquer quel est le vrai problème et comment on va le régler.

C’est en cela qu’on dit qu’on est indépendant et qu’on n’appartient pas à un groupe de publicité.

Olivier Roland : Il n’y a pas de conflit d’intérêt.

Quand vous commandez quelque chose à un client, c’est vraiment parce que vous pensez à 2000 % que c’est quelque chose qui va apporter de la valeur.

Tu as eu cette stratégie pour l’international, ça fonctionne très bien. Au final, après toutes ces années, quel est le conseil que tu te donnerais à toi qui démarre en 97 ? Tu as peut-être fait une erreur ?

Manuel Diaz : J’en ai fait des tonnes. Ça veut dire que je me donnerais plein de conseils. Mais le conseil principal, je me dirais : il faut plus poser de questions qu’apporter des réponses quand il s’agit de gérer des équipes.

Le meilleur ressort de management, parce qu’en fait quand on a fait l’histoire de cette agence, tu imagines la rapidité de la croissance à travers les années. Tu passes d’une boite de 2 où je suis avec mon frère à une boite de 10, de 15, de 20, de 50, de 100. Et ça va très, très vite.

Quand tu dois gérer et fédérer des équipes, encore plus quand tu dois le faire dans plusieurs géographies, à un moment, il faut avoir ce déclic – et j’aurais aimé l’avoir plus tôt – de se dire : ce n’est pas en affirmant des choses, en apportant des réponses que tu aides les gens à progresser. C’est en leur posant les bonnes questions, en leur faisant réaliser ce qu’ils ont sous le nez et qu’ils ne voient pas.

Simplement si tu leur donnes la réponse, tu règles le problème à un instant T, mais tu ne le règles pas durablement.

Si tu leur poses la question, tu mets en route le mécanisme qui leur permet de trouver la réponse. Et là, tu règles le problème durablement et tu les mets sur la voie de progrès.

Et souvent en management, les micro managers ont tendance à traiter les situations les unes derrière les autres, à être toujours débordés, à vouloir intervenir sur tous les sujets parce qu’il y a un niveau d’importance égal sur tous les sujets.

Il faut savoir abandonner des choses en les déléguant vraiment, en faisant confiance, et en se disant : ça ne va pas être fait comme moi, je l’aurais fait. Mais il est plus important que ça soit fait on time et différemment plutôt que je le garde pour moi, je n’ai pas le temps de le faire et on va prendre 3 mois de retard.

Ce serait vraiment ces sujets-là que je donnerais comme conseils : poser des questions pour aider les gens à progresser par eux-mêmes et leur donner l’envie.

Olivier Roland : Pour leur donner la prise de conscience finalement.

Manuel Diaz : Et accepter que les choses soient faites différemment par ces gens-là et débriefées après. Mais en attendant, il n’y a qu’une chose qui compte dans la vie : c’est l’exécution.

Les gens qui ont des bonnes idées. Il y en a plein, tu en croises, j’en croise, j’en vois plein. La quantité des gens que j’ai entendu me dire : oui, mais moi, j’ai eu l’idée de Facebook avant Facebook. J’ai eu l’idée d’IB avec l’IB.

Olivier Roland : Il y en a plein.

Manuel Diaz : Mais la seule différence, c’est

Olivier Roland : C’est qu’ils n’ont rien fait, ou ils ne l’ont pas fait assez bien.

Manuel Diaz : C’est ça. Donc, il n’y a que l’exécution qui compte.

Olivier Roland : Ça, c’est vraiment intéressant parce que j’en ai interviewé des entrepreneurs et ça revient toujours : la clé, c’est l’action.

Tu parlais aussi de l’approche lean startup qui est d’arrêter de se prendre la tête et de se donner des excuses pour ne pas agir, et vraiment de démarrer le plus vite possible en connexion avec le terrain, se mettre dans des conditions réelles pour tester son idée. Ça fait partie de la même démarche.

Vous pourrez toujours retrouver toutes les excuses du monde parce qu’il n’y a jamais de moment parfait pour démarrer. Ça n’existe pas.

Le moment parfait pour démarrer, c’est le moment où vous avez décidé de démarrer.

Ça ne veut pas dire juste démarrer pour histoire de démarrer. Il faut mettre toutes les chances de son côté, y aller à fond, le couteau entre les dents, avec le feu sacré et tout ça.

Il y a des gens qui passent leurs vies à se former, à lire des bouquins de business, aller dans des conférences et tout ça, et au bout de 10 ans, ils n’ont toujours rien fait. Ce sont des mecs qui sont intéressés par la culture générale, l’éducation, mais pas l’action.

Ne faites pas partie de ces gens-là.

Manuel Diaz : Oui, c’est clair.

Je pense aussi que depuis qu’Internet est à la mode, tu ne peux plus voir un journal ou un magazine sans que tu vois le mot startup quelque part, etc., il faut faire attention aussi à une chose qui est que tout le monde n’est pas entrepreneur.

Et j’ai envie de dire : ce n’est pas grave.

On peut très bien dans sa vie ne pas être entrepreneur, ne pas être numéro un, mais être un super numéro deux, un super numéro trois, et aider quelqu’un qui a une vision à l’exécuter et participer au projet.

Je pense que c’est dangereux le brainwashing qu’on a en ce moment de dire à tout le monde : vous êtes des entrepreneurs. Tout le monde peut monter sa boite. Entreprendre, ça s’apprend.

Moi, je pense que ça ne s’apprend pas. Ça se stimule, ça s’encourage. Ensuite, tu as les prédispositions naturelles et tu vas les bosser, ou tu ne les a pas.

Ça ne veut pas dire que tu ne peux pas être dans une aventure entrepreneuriale, mais ça veut peut-être dire que tu ne peux pas la leader.

Olivier Roland : Comment tu sais si tu es entrepreneur ou pas ? Est-ce que tu le sais intrinsèquement ? Tu ne te poses même pas la question ?

Manuel Diaz : Je pense que ceux qui sont entrepreneurs ne se posent pas cette question.

En fait, ils n’ont pas peur, ils vont essayer, commencer à exécuter et ils vont réussir ou              rater, mais ça ne les tétanise pas.

Quand tu commences à cogiter comme tu disais en disant : je vais lire 25 bouquins, je vais aller voir plein des gens qui l’ont déjà fait. Et puis dans un an et demi et 2 jours et 3 heures, je prévois de lancer ma boite, là déjà, ça ne part pas très bien.

Olivier Roland : Je suis assez mitigé par rapport à ça. Je pense que tu as raison, tout le monde ne peut pas être entrepreneur, c’est clair. Mais je pense qu’il y a aussi beaucoup de personnes qui pourraient l’être et qui n’y pensent pas.

Manuel Diaz : Ça, c’est vrai.

Olivier Roland : Et je pense qu’en France, parce qu’il y a aussi l’influence de la société tout ça qui jouent, il y a un manque d’état d’esprit entrepreneurial. On en discutait avant, on partage le même constat là-dessus et on est dans le même combat finalement pour souffler sur les braises.

Mais je pense que quand tu es dans un environnement comme la France qui n’est pas très entrepreneur friendly, tu peux avoir des petites braises comme ça qui se prennent de gouttes d’eau et qui s’éteignent. Alors que si tu souffles là-dessus, ça deviendrait des vrais brasiers.

Est-ce que Steve Jobs s’il était né en France, il serait devenu Steve Jobs ? C’est une grande question, on ne pourra jamais répondre à ça. Mais il y a sans doute des gens qui pourraient être des vrais entrepreneurs. Il faut juste qu’on leur dise : attendez, c’est possible, voici la voie.

Manuel Diaz : Je pense qu’il faut aussi dédramatiser ce que c’est qu’entreprendre parce qu’il y a une espèce de starification des entrepreneurs : soit passe par la taille des entreprises. Tu vois les couvertures des magazines et on te dit : oui, ils ont vers 25 pays, ils sont 2500…

Je pense que ce n’est pas ça l’objectif premier. Ma définition d’un bon entrepreneur, pour moi, entreprendre, c’est présider à son destin.

Olivier Roland : Etre responsable. C’est le pilote de son avion avec tous les risques et les joies ça amène.

Manuel Diaz : Tu peux le faire seul, tu peux le faire à plusieurs. Tu peux avoir la joie de le faire seule à un moment et la joie de le faire avec un peu de gens à un autre moment et avec beaucoup de gens à un autre moment parce que ta source de satisfaction change à travers les années.

D’abord, tu prouves des choses à toi-même. Puis, tu prouves des choses aux gens qui t’entourent. Ensuite, tu as envie d’aider les autres à se prouver des choses à eux-mêmes. Donc, tu es plus dans une logique de transmission et de mentoring, ou de leadership. Ce qui est plus mon cas dans cette phase-là après presque 20 ans d’entreprenariat.

Ma source de plaisir aujourd’hui, c’est de voir progresser mes équipes, de recruter des gens sans distinction de diplôme, mais sur le mérite, sur la passion et sur les compétences réelles avérées, et de les voir progresser à travers les années.

Il y a des personnes chez nous qui sont dans l’agence depuis 10 ans, qui ont démarré comme designer ou développeur et qui, aujourd’hui, encadrent des équipes, ont hyper progressé, sont responsable d’unité entière, etc.

Ça, pour moi, c’est une source de joie immense.

Olivier Roland : Tu as même ce qu’on appelle des intrapreneurs, des gens qui entreprennent à l’intérieur d’une entreprise, qui ont une certaine autonomie par rapport au projet.

C’est aussi une manière d’entreprendre sans entreprendre avec moins de risque, mais qui peut aussi être très satisfaisante pour les gens.

Finalement, cela rejoint à ce que dit Oussama Ammar, le co-fondateur de The Family qui dit : « Anyone can business entrepreneur but not everyone ».

Ce qu’il veut dire, c’est que tout le monde ne peut pas devenir entrepreneur, mais les entrepreneurs peuvent venir de n’importe où, de n’importe quel milieu.

Tu peux être fils d’ouvrier et devenir un super entrepreneur. On a plein d’exemple comme cela dans le monde. On sait qu’il y a 1/3 de milliardaires américains qui n’ont même pas de diplôme. Vous pouvez être un fils de fermier et devenir un super entrepreneur.

Après, je pense que parfois souffler sur la braise, cela peut aider. Mais quand tu es une braise qui s’est fait mouiller toute ta vie, comment tu sais que tu es un entrepreneur ?

Je pense qu’il y a des gens qui vont se révéler à eux-mêmes quand ils vont se lancer dans un projet. Parfois, ils peuvent hésiter un peu au début. Mais ils ont quand même cet appel de la liberté en eux.

Vous sentez quelque chose, une émotion. Vous savez que vous n’êtes pas fait pour être employé. Il y a quelque chose de plus grand qui vous appelle.

Manuel Diaz : Je pense que c’est au fond de toi. Si tu prends le temps de l’écouter, tu ne risques rien parce que cela veut dire que tu vas effectivement souffler sur la braise et que tu peux allumer le feu sacré.

Maintenant, si tout ce qui t’entoure : la morosité, l’économie, tous les conseillers vont te dire que ce n’est jamais le bon moment, qu’il faut attendre un peu avant les élections présidentielles. Après, mais là, tu comprends, c’est la crise. Et que tout cela, ce sont des paramètres qui t’affectent et qui te font dire qu’ils ont peut-être raison, alors il faut faire attention. Peut-être que ce n’est pas fait pour toi.

Olivier Roland : Peut-être que pour résumer l’état d’esprit de l’entrepreneur, c’est quelqu’un qui non seulement est responsable de sa vie, mais qui comprend, qui peut changer l’environnement autour de lui si cela ne lui convient pas. Il ne va pas juste subir en victime ce qui est autour de lui.

Un entrepreneur va avoir plus facilement le réflexe. Il va davantage se dire quand il y a quelque chose qui l’emmerde : qu’est-ce que je peux faire pour changer cela ?

Manuel Diaz : Il faut comprendre que dans ta vie d’entrepreneur, tu passes de l’immense joie au drame total d’un email à un autre, ou d’un rendez-vous à un autre. Donc, si tu as peur des difficultés, c’est compliqué.

Je pense qu’il faut aimer affronter les difficultés et se surpasser.

C’est pour cela qu’on voit beaucoup d’entrepreneurs avoir des pratiques sportives parce que de mon point de vue finalement, ils font la même chose que dans l’entreprise.

Ils s’affrontent à des nouvelles difficultés qu’ils affrontent d’habitude avec leurs cerveaux. Là, ils les affrontent avec le physique et ils voient s’ils en sont capables.

Olivier Roland : On voit beaucoup de points communs comme cela.

Quand j’étais aussi JD par exemple au Centre des Jeunes Dirigeants, j’étais frappé par le nombre de jours qu’ils faisaient des marathons.

Ça a été une proportion largement supérieure à la population normale parce qu’un marathon a beaucoup de points communs avec le fait de diriger une entreprise. C’est un combat contre soi-même.

Il faut avoir de la discipline pour se préparer. 42km à courir, ce n’est pas rien. Il faut tenir jusqu’au bout.

Manuel Diaz : Beaucoup d’abnégations, oui.

Olivier Roland : Personnellement, je n’ai jamais été très sportif. Maintenant, ça va mieux. Donc, il y a les exceptions. Mais c’est vrai qu’il y a une forte corrélation après aussi.

Il y a beaucoup d’entrepreneurs qui lisent davantage que de regarder la télé, plus que la moyenne de la population, qui ont l’esprit plus ouvert, qui ont ce qu’un prof du Cnam disait : locus of control positive, c’est-à-dire cette envie de changer l’environnement plutôt que de le subir.

Donc, si vous vous reconnaissez dans tout cela, c’est une bonne nouvelle. Et si vous n’êtes pas encore entrepreneurs, c’est peut-être le signe qu’il faut vous y mettre.

Manuel Diaz : Oui, bien sûr.

Olivier Roland : Pour conclure, quels conseils tu donneras aux entrepreneurs en 2016 ou quelqu’un qui veut se lancer ?

Manuel Diaz : Je lui dirai que quelle que soit les idées, le concept, la boîte, si tu te dis : si quelqu’un d’autre l’a fait à ma place, ça va me rendre la vie impossible, ça va me rendre fou, je vais m’en vouloir, etc., alors il faut le faire.

Il faut le faire maintenant et sans attendre.

Ne laissez pas les autres exécuter à votre place, ça serait dommage. Allez-y, foncez !

Olivier Roland : Exactement. Merci.

Comme d’habitude, on en fera quasiment comme tout le temps. On conclut sur cela : bougez-vous les fesses, agissez, faites quelque chose dans le monde même si vous vous plantez.

Il ne faut pas non plus se mettre en mode kamikaze. Les bons entrepreneurs, ce serait faux de croire que s’ils y vont comme ça en mode bonzaï, ils prennent des risques calculés.

Après, il faut aussi vous former un minimum à ça. Mais lancez-vous et accomplissez votre rêve.

D’ailleurs, tu as aussi une chaîne YouTube et une page Facebook où tu partages. Ça va être l’occasion pour des personnes qui seront intéressées par ce que tu fais d’aller voir un peu parce que finalement, tu es dans une démarche similaire à la mienne de vouloir démocratiser un peu l’entreprenariat, de montrer un peu les coulisses et de donner des conseils concrets pour les entrepreneurs qui se lancent.

Comment on fait pour trouver ta chaîne ?

Manuel Diaz : On tape « Manuel Diaz » dans YouTube et sur ma page Facebook.

J’essaie à travers un programme qui s’appelle « Marche ou Crève » parce que je pense que le jour où on ne marche plus, on est un peu mort.

Olivier Roland : Cela résume bien l’état d’esprit d’un entrepreneur.

Manuel Diaz : C’est cela.

Je partage des feedbacks sur ma vie d’entrepreneurs, les questions qu’on me pose beaucoup dans les conférences que je fais ou qu’on m’envoie par email. Et je prends l’actualité liée à notre environnement digital et j’essaie de la décortiquer et de montrer les opportunités qu’il y a là-dedans.

Puis, tous les 10 jours, sur un format un peu plus long, j’ai un autre programme qui s’appelle « Non-Stop » où là, on me dit souvent : mais comment tu gères ton temps, comment tu gères ta journée, comment tu fais ci, comment tu fais ça ?

Et en fait, je me suis dit : le plus simple, c’est d’abaisser toutes les barrières et d’amener une caméra avec moi pendant une journée non-stop, qui me suit du moment où je sors de chez moi jusqu’à mon dernier rendez-vous le soir et qui a accès à tout ce que je fais.

Donc, je vous amène dans les coulisses de ma vie : comment fonctionne l’agence avec des clients, à l’intérieur, en meeting, les problèmes, les trucs qu’on doit surmonter, etc.

Olivier Roland : C’est une très bonne idée. Tu as quelqu’un qui t’accompagne, et mode totale transparence.

Manuel Diaz : Exactement. On le monte quand même pour que ce ne soit pas chiant, mais c’est l’idée.

J’ai commencé tout cela en septembre dernier. Je suis un petit poucet comparé à toi et d’autres personnes qui sont sur Youtube depuis longtemps. Mais je me dis après tout que mon milieu, le milieu des agences de com., il est toujours en train de conseiller des marques, dire : vous devriez faire ci ou ça, etc. Finalement, très peu le font.

Donc, je me suis qu’il faut y aller. Il faut montrer l’exemple, il faut essayer. Il y a des gens à qui cela va plaire et d’autres à qui cela ne va pas plaire, mais ce n’est pas grave. Ce qui est important, c’est le chemin.

Je me suis lancé. Et timidement, petit à petit, je m’approche de mes 1000 abonnés sur Youtube. Là, on ne doit pas en être loin.

Si vous voulez m’aider, abonnez-vous à ma chaîne Youtube.

Olivier Roland : Si vous êtes entrepreneur et que cela vous intéresse de voir un peu les coulisses d’un super entrepreneur, je pense que cela vaut vraiment le coup.

On va attendre avec impatience ces 10 000 abonnés.

Manuel Diaz : On y travaille.

Olivier Roland : Merci beaucoup d’avoir partagé ton parcours et tout cela avec nous.

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