Comment Kate Strong est devenue CHAMPIONNE du monde de triathlon en 14 mois

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– La vidéo « Comment j’ai publié une NOUVELLE de SF et comment RÉUSSIR votre projet » :
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– La vidéo « Un champion du MONDE de karaté partage comment RÉUSSIR dans la vie » :
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– La vidéo « Un 4X CHAMPION du MONDE partage comment RÉUSSIR, avoir de la DISCIPLINE et KIFFER 🙂 Stig Severinsen » :
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Transcription texte (littérale) de la vidéo « Comment Kate Strong est devenue CHAMPIONNE du monde de triathlon en 14 mois » :

Olivier Roland : Kate Strong a fait quelque chose d’assez exceptionnel. On s’est rencontré récemment dans un évènement et elle a une histoire absolument incroyable.

Donc, tu vivais en Australie et tu t’es dit qu’il faut absolument que tu te mettes au triathlon. C’est génial.

Le triathlon,  c’est 3,2 km de nage, ensuite 160 km de vélo. C’est ça ?

Kate Strong : C’est plus, 180 km.

Olivier Roland : 180 km de vélo.

Ensuite, tu as un marathon. Tu cours 42 km parce que ce n’est pas parce que tu as nagé 3 km et que tu as fait beaucoup de vélo que tu dois t’arrêter. Et ceci, sans prendre de pause entre chaque épreuve.

Un jour, tu t’es dit : Ok, je le fais. Mais si je le fais, je le fais vraiment. Et je veux être vraiment bonne là-dedans. Et 14 mois plus tard, tu deviens une championne du monde.

Kate Strong : Oui.

Olivier Roland : C’est absolument incroyable.

Là, on est actuellement à Londres. Tu vis aujourd’hui au Pays de Galles. Tu as un léger accent parce que tu es Britannique à la base.

Kate Strong : Oui, c’est ça. Exactement.

Olivier Roland : Avant de te mettre à cela, qu’est-ce que tu faisais ?

Kate Strong : A cette époque-là, j’étais chef d’entreprise. J’avais une chambre d’hôte et un restaurant.

Je travaille tous les jours, 7 jours sur 7, à peu près 10 heures par jour. Et je travaille toute seule. C’était à fond tous les jours et c’était une vie assez complète déjà.

Donc, quand j’ai dit que je voulais m’entraîner pour un ironman qui est la distance dont j’avais fait en triathlon, tous mes amis pensaient que j’étais folle.

Olivier Roland : Parce que ironman, c’est comme un triathlon.

Kate Strong : C’est les distances officielles.

Olivier Roland : D’accord. Rien à voir avec le film Iron Man

Kate Strong : Malheureusement, non.

Olivier Roland : Ok. Donc, tu dis à tes amis que tu veux réussir le ironman. Et là, ils te prennent pour une folle.

Kate Strong : Oui. Ils ont sorti des raisons pour lesquelles je n’arriverais pas, et ils avaient raison parce qu’il faut s’entraîner 40 heures par semaine à peu près.

Olivier Roland : Pendant combien de temps ?

Kate Strong : Normalement, des années. Mais au moins, 9 mois avant la compétition.

Olivier Roland : Comme un bébé.

Kate Strong : Exactement.

Olivier Roland : 40 heures par semaine.

Kate Strong : C’est 10 km pour nager.

Olivier Roland : Chaque jour ?

Kate Strong : Non, dans la semaine.

Olivier Roland : D’accord. 10 km.

Kate Strong : 400 km en vélo. Et il faut courir 75 km par semaine aussi.

Olivier Roland : C’est le programme standard pour ceux qui veulent passer l’épreuve.

Kate Strong : Qui veulent gagner.

Olivier Roland : Qu’est-ce que tu faisais comme métier à ce moment-là ? Comment as-tu fait pour avoir 40 heures par semaine ?

Kate Strong : J’étais obligée de penser autrement, parce que j’avais toujours mon travail. Je travaillais 7 jours sur 7.

Olivier Roland : Qu’est-ce que tu faisais comme travail ?

Kate Strong : J’avais ma chambre d’hôte.

Olivier Roland : Tu es une entrepreneuse et tu avais ta chambre d’hôte en Australie. Tu recevais des gens régulièrement.

Kate Strong : Oui. A 7 heures et demie pile, je commençais le travail, prendre le petit déjeuner. Après, il faut accueillir des gens, des clients.

Il faut aussi préparer les chambres. La maison était assez grande, donc il faut tout nettoyer aussi tout le temps.

Et il y a les appels, les livres, l’internet et tout ça. C’était carrément un business à fond.

Olivier Roland : Tu as ton business que tu dois gérer 7 jours sur 7. Comment fais-tu pour dégager 40 heures de temps dans ta semaine ?

Kate Strong : Il faut réfléchir, il faut être plus productif.

Ce que j’ai fait, c’est de dormir moins. Je ne dormais que 4 heures par jour.

Olivier Roland : Pendant combien de temps ?

Kate Strong : 6 jours sur 7. Le 7ème jour, je me levais vers 7 heures du matin. Mais pendant 2 ans, je faisais cela.

Olivier Roland : Et tu as tenu le coup ?

Kate Strong : Non, il faut carrément avoir l’habitude. Mais on peut tout faire si on veut le faire.

Olivier Roland : Pourtant, j’ai vu des études qui montrent que si tu dors moins de 8 heures, au bout d’un moment tes performances diminuent vraiment. Et pour toi, ça n’a pas été le cas.

Kate Strong : Des fois, il ne faut pas poser des questions aux autres. Il faut le faire et voir

Olivier Roland : Tu as expérimenté pour toi-même. Tu fais partie des 5% de la population qui peut dormir moins 8 heures.

Kate Strong : Pour gagner chaque mondial, il faut s’entraîner pendant 3 ans. Et moi, je l’avais fait en 11 mois. Donc, il faut savoir ce qu’on veut faire et il faut essayer de le faire.

Après, c’est à nous de décider si on peut le faire ou non.

Olivier Roland : C’est un super premier principe.

De toute façon, tu ne voyais pas trop comment gagner du temps dans ta semaine. Donc, tu as réduit ton temps de sommeil. Et tu as fait une expérience.

Si au bout de deux semaines, tu n’arrivais plus à marcher, tu aurais arrêté. Mais tu as tenu avec 4 heures par jour. Je pense que tout le monde ne peut pas faire cela.

Kate Strong : Non.

Olivier Roland : Mais ce que tout le monde peut faire, c’est expérimenter, avoir cette démarche d’expérimentation que tu as fait pour tester ses limites. Ça, c’est très intéressant.

Kate Strong : Moi, je suis experte en ma vie. Toi, tu es expert dans ta vie. Il n’y a personne dans la vie qui peut être toi.

Olivier Roland : Oui, c’est vrai. Et du coup, tu commences à dormir 4 heures par jour. Avant, tu dormais combien de temps ? 8 heures, 7 heures ?

Kate Strong : Oui, j’étais debout avant. Et malheureusement, ça me manquait, mais je n’avais pas besoin de dormir autant.

Si on mange des toxines, on a besoin de dormir plus pour qu’on puisse digérer et réparer les pores. Donc pour éviter toutes les toxines de la vie, oui, c’est extrême.

Pour moi, c’était une nécessité pour gagner mon objectif.

Olivier Roland : Tu n’as absolument rien laissé au hasard. Tu as vraiment optimisé ta vie pour réussir cet objectif.

Cela veut dire que tu passes de 7 heures à 4 heures de sommeil par jour, 6 jours par semaine. Ça te fait gagner 18 heures.

Kate Strong : Oui.

Olivier Roland : C’est bien, mais il te faut 40 heures par semaine. Comment tu fais ?

Kate Strong : Oui, c’est vrai. Je n’avais plus de télévision.

Olivier Roland : Tu n’avais plus de télé. Ça fait déjà gagner du temps.

Kate Strong : Oui.

Olivier Roland : D’ailleurs, tu n’avais plus de loisir ?

Kate Strong : Non. En fait, je choisissais mes amis qui voulaient s’entraîner avec moi. Au lieu d’aller au bar ou au restaurant, on est allé faire des courses. Donc, du footing.

Mes amis et mes copines qui ne pouvaient pas courir prenaient le vélo, et moi, je courais.

Olivier Roland : Avant de faire l’interview, tu m’as montré des photos d’amis qui manifestement ne font pas beaucoup de sport. Ils sont en train de courir avec toi. C’est très intéressant.

Tu as cet objectif, tu tiens à fond. Tu remplaces tes loisirs qui ne te font pas avancer vers cet objectif par des loisirs qui vont t’avancer vers cet objectif-là, et tu embarques tes amis avec toi.

Pourquoi tu as fait cela ? Pourquoi tu as voulu embarquer tes amis ? Qu’est-ce que ça t’a apporté ?

Kate Strong : Au départ, c’était un objectif pour moi-même.

J’avais peur que tout le monde aille dire que je suis égoïste, que je le fais pour gagner une médaille d’or. Mais en réalité, c’était pour m’inspirer à créer une vie avec ce que je peux être fière.

Tous les jours, c’était pour avoir la joie dans ma vie. Et peu à peu, mes amis s’en inspirent.

Olivier Roland : Ça les inspire.

Kate Strong : Oui. Ils commencent à faire le changement dans leurs vies.

Ils ne veulent pas faire du triathlon, mais je voyais que mes copines commençaient à faire ses études pour être docteur. Je voyais quelqu’un d’autre qui voulait faire ironman pour un sport différent.

On commençait à s’aider l’un à l’autre pour s’en inspirer. Après, c’était comme un cercle vertueux.

Olivier Roland : J’ai eu la même démarche quand j’ai écrit ma première nouvelle de science fiction. Je m’étais créé un cercle d’amis comme ça.

Et ce qui est intéressant, c’est que tu as vraiment embarqué des gens qui n’étaient pas du tout dans le même objectif que toi, qui n’étaient pas aussi ambitieux, mais qui étaient prêts à t’accompagner dans l’entraînement et à en faire un jeu, une compétition amicale, et à créer une émulsion entre les gens. C’est super.

Kate Strong : Par exemple, j’étais obligée de donner mon site web à ma copine qui faisait ses études pour être docteur en éducation. Elle m’a dit : je vais courir 5 kilomètres pour toi si tu crées un site web et un blog. Comme ça, mes clients peuvent te suivre et tes clients peuvent m’être utiles.

Olivier Roland : Excellent. Là, on avait des bons échanges de procédés. Il y a de la vraie synergie.

Kate Strong : Oui.

Olivier Roland : Ok. Tu t’entraines avec tes amis, c’est bien. Je suppose que ça ne suffit pas pour faire un bon entraînement pour gagner en compétition. Qu’est-ce que tu fais après ?

Kate Strong : C’était un état d’esprit parce que je ne m’entrainais jamais avec des gens qui faisaient du triathlon. Je ne connaissais rien de tout ce que je dois faire, ni si je les faisais du bien ou mal.

Il faut dormir, il faut montrer la vulnérabilité de soi pour obtenir des situations d’aide.

Sur mon site web, mon blog, j’avais posé des questions en disant que j’ai besoin d’aide. Je ne sais pas ce que je fais. Je ne sais pas si je cours bien ou si je nage bien, si mes distances sont bien correctes.

Il y avait des entraîneurs qui sont venus me chercher, me donner des conseils, des gens qui sont experts en alimentation qui m’ont donné des conseils.

Peu à peu, j’ai créé un club ouvert avec des idées pour faire des échanges.

C’est pour cette raison que je pouvais continuer en sachant ce que je faisais toute seule des fois souvent. C’était avec l’objectif que ça va marcher, continuer l’objectif.

Olivier Roland : C’est encore un excellent exemple.

Est-ce que tu as fait des choses spécifiques dans ton entraînement parce que je vois que tu essaies vraiment d’optimiser chaque partie ? Comment tu as réussi ? Est-ce que tu as hacké ton entraînement ? Est-ce que tu essaies d’être efficace avec ça ? Comment tu as fait ?

Kate Strong : J’avais coupé en 4 semaines. Chaque semaine, j’avais un seul objectif.

Olivier Roland : Chaque mois, il y avait un peu plus que 4 semaines. Et chaque semaine, c’est différent.

Kate Strong : Oui parce que je m’entrainais avec dix sessions chaque semaine : 3 nages, 3 courses, 4 vélos et des abdos.

Chaque semaine avait un objectif pour que je puisse optimiser et former de meilleure façon. C’est toujours la récupération.

Il faut donner le temps pour réparer, pour prendre une pause et digérer ce qui s’est passé avec tout ce qu’on fait de nouveau.

Une semaine, c’est la vitesse pour courir plus vite, aller plus vite. Une, c’est la force pour avoir des muscles qui peuvent pousser quand il faut le faire. Et la quatrième, c’est la distance.

Olivier Roland : Là, tu en as donné deux : vitesse et force. Récupération et distance.

Et tu n’as pas les mêmes exercices à chaque fois ?

Kate Strong : Non.

Olivier Roland : C’est intéressant. Une semaine pour chaque. Comme ça, tu dis que tu as le temps de récupérer et que le cerveau fasse les connexions par rapport à ce que tu as fait.

Kate Strong : Exactement. Cela donnait du temps, c’est pour être plus efficace.

Olivier Roland : Et tu as vu un coach sportif ou pas ?

Kate Strong : J’avais, mais elle ne me voyait jamais.

Olivier Roland : C’est incroyable. Tu t’entraînais quasiment toute seule. Elle t’a coaché un peu.

Kate Strong : Elle m’envoyait par Internet qu’il faut courir telle distance. C’est tout.

J’habitais dans les collines en Australie. Pour trouver un endroit plat, j’étais obligée d’attendre que le train passait et je courais. Je faisais mes un kilomètre.

Olivier Roland : Sur la voie ferrée ?

Kate Strong : Oui.

Olivier Roland : Donc, il ne fallait pas que tu te prennes un train dans le dos. Tu connaissais les heures exactement.

Kate Strong : Exactement. J’attendais cachée parce qu’il ne faut pas y aller non plus. Et avec ma lumière attachée à ma tête, je courais dans la nuit aussi. Sinon malheureusement, les gendarmes vont dire que ce n’est pas légal, donc ils peuvent tout faire rater.

Olivier Roland : Tu t’entraînes pendant 14 mois comme ça, à faire des rotations et avoir des compétitions amicales avec tes amis. Et c’est là que tu fais ta première compétition ?

Kate Strong : J’avais fait après 4 mois d’entraînement.

Olivier Roland : Et là, tu as fait ton premier ironman.

Kate Strong : Moitié.

Olivier Roland : Moitié. C’est une bonne première étape.

Kate Strong : Oui, exactement.

Olivier Roland : La photo de toi qui arrives sur la ligne d’arrivée, c’est un truc de fou parce que tu es vraiment en train de sauter en l’air. On dirait que tu as vraiment gagné le truc alors que tu n’es même pas arrivée première, mais tu as gagné le défi avec toi-même.

Kate Strong : Exactement.

Olivier Roland : C’est ce qu’on voit sur la photo, et on voit encore la joie dans tes yeux quand on parle même si c’était 4 mois.

Kate Strong : ironman, c’était 9 mois après le départ.

Olivier Roland : 9 mois après le premier entraînement.

Kate Strong : Exactement. Mon premier demi, c’était 4 mois.

Olivier Roland : Et le premier complet, 9 mois.

Kate Strong : Le premier complet, 7 mois.

Olivier Roland : Donc, ça a été progressif.

Kate Strong : Exactement. Et je n’ai pas gagné l’ironman. En fait, mon rêve s’était échoué.

Olivier Roland : Tu es arrivée combien ? Tu sais ?

Kate Strong : J’étais 10ème.

Olivier Roland : Sur combien de participants ?

Kate Strong : 2500. 60e sur 2500 si on inclut les hommes. C’est 10ème pour les filles.

Olivier Roland : C’est déjà un beau résultat pour un premier ironman.

Kate Strong : Merci, c’est le pari.

Olivier Roland : Tu dois quand même être contente même si tu n’avais pas réalisé ton rêve. Mais toi, tu vises vraiment le top. Tu ne pouvais pas te satisfaire de ça.

Il s’est passé un truc avec l’équipe d’Australie.

Kate Strong : Oui. C’était ma cinquième compétition l’ironman, mais j’ai obtenu des points.

Je ne me suis pas rendu compte qu’on a des points quand on fait des compétitions.

Olivier Roland : Tu ne le savais même pas, en fait.

Kate Strong : Non. J’ai reçu une lettre en disant que je suis la seule équipe de l’Australie pour une compétition différente, une distance un peu plus courte. C’était 4 km pour nager, 120 km pour le glisser et 30 km pour courir.

J’ai gagné une place sur l’équipe de l’Australie. Le championnat mondial, c’était en Chine.

Il n’y avait qu’une centaine de filles de même âge que moi parce que c’était que les filles qui ont obtenu de classement. Donc, je nageais avec une mer assez enchainée. Je faisais du vélo avec une température de 31 degrés.

Olivier Roland : C’est chaud !

Kate Strong : Et il y avait beaucoup de collines. Le dénivelé, c’était à peu près 800 mètres.

Pour une compétition, ce n’était pas terrible. Il faut courir 30 km après.

J’ai couru avec une joie de vivre et je voyais des petits enfants. J’ai dit : merci d’être venu parce que c’est une journée où on est nombreux. Ce n’est pas que moi qui attends dans le soleil. Il y a les spectateurs.

Je finissais ravie d’être en Chine pour porter les vêtements de l’Australie aussi. Et après 5 minutes, j’ai entendu une voix dire mon nom : Kate Strong, s’il vous plaît, venez au coin au bout de transition, de là où on attendait toutes les équipes.

Donc, j’ai suivi quelqu’un. Je dis : mais qu’est-ce qu’il y a ? Est-ce que j’ai perdu quelque chose avec mon nom dessus ? Il dit : non, il faut avoir la médaille. Et j’ai dit : Ok, je suis troisième ou deuxième ou je suis bien placée ? Il dit : tu as gagné !

Olivier Roland : C’est génial. On te retrouve sur le podium en première position avec la médaille d’or.

Kate Strong : C’était mon rêve.

Olivier Roland : 14 mois après ton premier entraînement.

Kate Strong : Exactement.

Olivier Roland : Tu as battu des gens qui s’entraînaient depuis des années.

Kate Strong : Oui. Au minimum 10 ans normalement. 4-5 ans pour être compétitif. Mais pour gagner, c’est toujours un gros effort avec un changement de vie énorme.

Olivier Roland : D’après toi, qu’est-ce qui fait la différence ? Qu’est-ce qui a fait que tu réussisses en si peu de temps là où il y a les gens qui font ça depuis 10 ans n’ont pas réussi à te battre ?

Kate Strong : La base, c’est le muscle que personne se rende compte. C’est le cerveau. Il faut croire qu’on peut le faire et savoir que c’est faisable.

Olivier Roland : Il faut savoir vraiment au fond.

Kate Strong : Oui, ce n’est pas seulement en disant : oui, je veux le faire, mais…

Olivier Roland : Ce n’est pas non plus : oui, j’aimerais dans l’idéal.

Kate Strong : Non.

Olivier Roland : C’est I want it.

Kate Strong : Je veux le faire.

Quel que soit le problème, je vais le faire. C’est la base.

Après, j’ai quatre principes.

Le premier, c’est de sortir hors de ta zone de confort pour qu’il y ait du stretching, de la possibilité.

Je n’ai jamais dit : je veux finir. Je dis que je veux gagner parce que ce n’est pas à moi de décider mon potentiel.

Olivier Roland : Ce n’est pas à toi de décider ton potentiel. C’est une belle phrase.

Kate Strong : Merci.

Olivier Roland : Ce n’est pas à vous de décider de votre potentiel. Toi, tu vas à fond et tu vois bien ce qui se passe.

Kate Strong : Exactement. Et la deuxième, c’est : ne jamais te comparer aux autres.

Je fais mon maximum, tu fais ton maximum, et on verra qui va gagner. Mais moi, je vais gagner dans ma vie comme toi.

Olivier Roland : C’est étonnant parce que j’avais interviewé deux autres champions du monde Stig et Ricardo. Ils ont dit exactement la même chose. Ils étaient d’abord en compétition avec eux-mêmes.

Mais en même temps, je me dis que c’est un peu utile de se comparer aux autres pour savoir comment on se positionne dans l’échelle des choses. C’est aussi pour ça qu’on participe aux compétitions.

Kate Strong : Oui.

Olivier Roland : C’est aussi pour savoir quelle est ta vraie valeur parce que si tu fais juste la compétition avec toi dans ta chambre, tu vas toujours être le premier.

Est-ce que quelque part, le fait de faire une compétition, ce n’est pas aussi une manière de se comparer d’une manière saine, d’une manière qui crée de l’émulsion et qui donne envie de se dépasser ?

Kate Strong : Oui. Tu as raison parce que tous les jours, quand je finissais mon jogging à la fin de la journée, après le travail, j’imaginais que c’était la fin d’une compétition et j’ai gagné.

Chaque jour, j’étais championne du monde. Mais le jour du champion mondial, j’ai dû ouvert toutes les options.

Si on ne fait pas la compétition, ça devient l’égo. On est trop attaché aux points, aux chiffres, aux numéros, à la compétition.

Il y a des sites web maintenant où on peut faire des comparaisons avec un portable tous les jours, toutes les minutes.

Selon moi, ce n’est pas bien. Comme tu as dit, la compétition c’est dû où on fait des comparaisons. Le reste, c’est pour nous.

Olivier Roland : Il ne faut pas tomber dans le piège de trop se comparer aux autres, il faut faire un petit peu.

C’est comme mettre du sel dans un plat, il faut en mettre juste tout ce qu’il faut pour relever le goût.

Kate Strong : Oui, à la fin.

Olivier Roland : Si tu en mets trop, tu perds toute la saveur.

Kate Strong : Exactement.

Olivier Roland : Ça, c’est très intéressant aussi.

J’ai interviewé plusieurs champions sur cette chaîne. Ça revient tout le temps cette idée de se battre avec soi-même. Et la compétition, c’est là où on voit vraiment notre niveau. Mais il ne faut pas se focaliser en permanence à geeker ou pour se masturber la tête à se dire que ce mec-là fait deux dixième de plus que moi, qu’est-ce que je vais faire ?

Kate Strong : Exactement.

Et le troisième, selon moi, c’est d’être proche aux personnes qui t’inspirent. Par exemple, je peux être inspirée par toi, mais tu ne fais pas du triathlon.

Tu peux me dire en donnant des idées pour ton projet et ton business. Ça m’inspire de faire le maximum dans ma vie.

Donc, tu dois être toujours proche à des personnes qui font l’effort pour améliorer ta vie. C’est ce que je faisais.

Olivier Roland : Tu t’es rapprochée de personnes inspirantes.

Kate Strong : Oui.

Olivier Roland : Je suppose à la fois physiquement, mais aussi virtuellement, souvent des gens sur le web peut-être.

Kate Strong : Des fois, oui. Moi je ne faisais pas cela. Je n’avais pas la télévision, je n’avais pas un ordinateur.

Olivier Roland : Tu n’as pas d’ordinateur ?

Kate Strong : Oui, mais ce n’est que pour le travail.

Olivier Roland : D’accord.

Kate Strong : Je n’avais même pas le chauffage parce que quand je me lève

Olivier Roland : Oui, en Australie, tu n’en as pas besoin.

Kate Strong : Il faisait moins deux degrés.

Olivier Roland : Cela dépend où tu es alors. Tu es près de Sidney, la ville, non ?

Kate Strong : Oui.

Olivier Roland : L’Australie, c’est à côté.

Kate Strong : Oui, exactement. Au milieu. S’il faisait chaud dans ma chambre, je ne me levais pas. Mais s’il faisait froid, je me levais et je pouvais m’entraîner.

Le quatrième, c’est d’avoir les habitudes qui sont productives au lieu d’être busy. Il faut être productif dans toutes les minutes.

Si je prends une pause, je ne regarde pas Facebook. Je prends une pause carrément pour s’amuser et bien concentré.

Olivier Roland : Reposé.

Kate Strong : Exactement.

Donc quand je m’entraîne, ce n’est pas pour lire des emails ou écouter de la musique, c’est pour carrément s’entraîner, être présente. La présence, c’est ce que je fais.

Il y a une phrase d’Aristote qui dit : « L’excellence n’est pas une action mais l’habitude. »

Il faut être productif. Si on a la flemme et on ne veut pas s’entraîner, on ne s’entraîne pas.

Ce n’est pas la peine d’être occupé en disant : oui, je vais le faire. C’est mieux de prendre une pause de deux ou trois heures et revenir rafraîchissant.

Olivier Roland : Faire les choses au moins à fond à l’instant T.

Kate Strong : Exactement.

Olivier Roland : Dans ta présentation de cet évènement, tu as donné une métaphore par rapport au crayon.

Kate Strong : Oui. Quand je travaille, j’ai un stylo et j’ai un chronomètre. Et toutes les 20 minutes, ça sonne.

Donc au bout de 20 minutes, je me demande si j’ai été productive ou je ne bougeais que mon stylo d’un côté de la table à l’autre.

Si la réponse est oui, je suis productive, je continue. Mais si je suis occupée, je prends une pause.

Je prends 5 minutes pour faire une petite balade. Je fais un changement de projet et je reviens pour être productive parce que ce n’est pas la peine d’y rester pendant des heures en ne faisant rien.

Olivier Roland : C’est un super truc que vous pouvez appliquer aujourd’hui.

Vous commencez, vous vous mettez un petit chrono. Toutes les 20 minutes, vous regardez si vous avez été occupé ou productif.

J’aime bien donner cette image pour distinguer les deux trucs.

Si vous poussez la Tour Eiffel pendant toute la journée, vous êtes en train d’essayer de la pousser pour la bouger, à la fin de la journée, vous serez crevés. Vous serez en sueur.

Vous aurez l’impression d’avoir beaucoup travaillé, mais qu’est-ce que vous aurez accompli ?

Absolument rien parce que la Tour Eiffel n’aura pas bougé d’un millimètre.

On peut très bien se donner un énorme tas de travail et être complètement épuisé à la fin de la journée, et n’avoir rien fait du tout.

Kate Strong : Oui. La plus simple, c’est de prendre une pause après 20 minutes : faire une petite balade et se rendre compte qu’en fait, la Tour Eiffel a bougé parce que nous avons changé la perception du problème.

Peut-être que ce n’était même pas la peine de bouger la Tour Eiffel.

Olivier Roland : Excellent. Super cadeau.

Du coup, est-ce que tu peux nous résumer les quatre choses que tu as maîtrisées pour devenir championne du monde en 14 mois ?

Kate Strong : Oui, bien sûr. Le premier, c’est de rester hors de ta zone de confort.

Le deuxième, c’est d’avoir des amis qui t’inspirent.

Le troisième, c’est d’avoir des habitudes qui sont productives et qui sont toujours liées avec ton objectif.

 Le quatrième, c’est de ne pas faire de comparaison aux autres.

Olivier Roland : Juste un peu. Comme du sel pendant la compétition.

Kate Strong : Dans la compétition, c’est tout.

Olivier Roland : Dans la compétition.

Et tu disais aussi quelque chose par rapport à la zone de confort. C’est que tu distingues la zone de confort. C’est vraiment ce que j’appelle les pantoufles en ciment. C’est confortable et on ne bouge pas.

Ensuite, tu as la zone d’entraînement qui est à l’extérieur. On va plus vite que la musique si on met la charrue avant les bœufs dans la zone de panique. C’est là où on fait des choses qui sont trop ambitieuses tout de suite par rapport à nos objectifs et à notre compétence.

Il faut trouver l’équilibre entre sortir de sa zone de confort et ne pas faire un truc complètement dingue.

Kate Strong : Je peux te donner un exemple si tu veux.

Je n’avais jamais fait de marathon avant l’ironman et j’ai dit : mon objectif, c’est de courir le marathon en moins de trois heures.

C’est énorme parce que le record mondial pour un marathon, c’est deux heures deux minutes sans avoir pédalé et nagé avant. Donc pour courir moins de trois heures, c’était immense.

J’ai paniqué et je n’arrivais pas à m’entraîner parce que j’étais trop stressée.

Olivier Roland : Ça te paraissait sur une montagne.

Kate Strong : Oui. J’ai dit moins quatre heures. Maintenant, je sais que c’est faisable. Il faut que je fasse un effort pour l’obtenir, mais je peux imaginer que je vais le réaliser.

Mon premier ironman, je l’avais fait en trois heures quarante-cinq. Je l’avais fait facilement.

Mais si j’avais fait trop d’effort pour être à trois heures, peut-être que j’arriverai à trois heures quinze, mais carrément pas pour s’amuser parce que le trajet, c’est pour s’amuser aussi. C’est l’objectif.

Il faut rester dans la zone de faire un effort, mais pas dans la zone de panique.

Olivier Roland : Je pense qu’on a eu un très bon aperçu de comment tu as réussi à te hacker et à bosser, avoir un entraînement à la fois dur mais intelligent pour devenir championne du monde.

Aujourd’hui, tu m’as dit que tu as un autre objectif. Qu’est-ce que tu veux faire maintenant ?

Kate Strong : C’est inspirer des autres.

Maintenant, je suis coach pour des business et des individus comme toi et moi qui veulent faire des changements dans leurs vies.

J’ai créé des produits pour que nous puissions changer notre vie, notre qualité de vie et tout. Mais en même temps, aider des personnes dans la communauté et j’espère éventuellement dans le monde.

Olivier Roland : Et c’est quoi ton objectif au niveau sportif ?

Kate Strong : Cette année, je vais faire un dernier ironman avec un bon ami à moi. Il n’arriverait jamais à faire l’ironman tout seul. On va le faire ensemble pour qu’il puisse réaliser son rêve.

Et pour moi-même, j’ai un petit objectif pour en faire un record mondial avec le vélo.

Olivier Roland : Juste un petit objectif. Tu veux exploser le record mondial en vélo.

Maintenant, Kate fait cela le week-end, tranquille. C’est son hobby.

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