Comment Hugo a subi 3 ÉCHECS de création d’ENTREPRISE… et s’en est REMIS :)

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Dans cette vidéo, Olivier Roland interviewe un jeune entrepreneur dénommé Hugo Amsellem. Ce dernier souhaite nous partager ses échecs pour nous prouver que la vie de tout entrepreneur n’est pas toujours rose ; qu’il y a des obstacles à surmonter, mais surtout qu’il faut les surmonter pour pouvoir aller de l’avant.

– Présentation d’Hugo Amsellem : âgé de 27 ans, il est un serial entrepreneur qui opère actuellement comme alchimiste auprès de The Family. Il a déjà créé 3 startups, mais qui, malheureusement ont toutes échouées.
– Le 1er projet d’Hugo Amsellem : en 2009, il a lancé sa première entreprise spécialisée dans la géo localisation. Il s’agit d’une plateforme pour échanger des bons plans entre amis dont le principal concurrent était Instagram. Tous polyvalents, ses membres excellent dans divers domaines. Et cette force d’exécution d’Instagram a pénalisé la startup d’Hugo.
– Le 2e projet d’Hugo Amsellem : il s’agit d’une plateforme de crowdfunding et de crowdsourcing pour musiciens. Le souci avec ce projet c’est qu’Hugo s’est associé à 3 de ses amis dont l’un d’eux n’arrivait pas à être d’accord avec les autres. Du coup, cette mésentente au niveau de l’association a fait tomber le projet à l’eau.
– Le 3e projet d’Hugo Amsellem : en lançant avec ses 2 associés restants une application pour faciliter l’organisation de plans à court terme avec ses amis à Silicon Valley, Hugo s’est rapidement rendu compte de la violence de l’entrepreneuriat dans cette région. En effet, la compétition est tellement rude que les entrepreneurs utilisent des moyens extrêmes pour être plus productifs.

– Les leçons à tirer des expériences d’Hugo Amsellem : l’idée du projet ne vaut rien si son exécution n’est pas déterminante, bien pensée et rapide. Il faut également choisir les bonnes personnes avec qui travailler : celles qui vont nous emmener vers la réussite. Et l’idéal serait de limiter à 3 au maximum le nombre d’associés ; c’est pour augmenter les chances de réussite, sans pour autant installer une désorganisation.

– Les ressources utilisées par Hugo Amsellem : en étant étudiants, lui et ses amis ont bénéficié des ressources logistiques et de comptabilité gratuitement pour pouvoir couvrir leurs besoins pour une ou deux années. Une preuve qu’il est beaucoup avantageux de se lancer dans un business, d’un point de vue financier.

– Les conseils d’Hugo Amsellem pour gérer l’échec : il ne faut pas dramatiser l’échec, au contraire, il faut le respecter, savoir l’apprécier et savoir surfer dessus pour être plus flexible et pour mieux rebondir. Il est également important de considérer l’échec comme un processus d’exploration plutôt qu’une finalité, c’est pour cela qu’il faut le prévenir pour pouvoir planifier des actions pour lui faire face et le surpasser.

Crédits :
_ Logo The Family
http://www.thefamily.co/#welcome
_ Instagram-logo
https://www.flickr.com/photos/jamoutinho/7448717958
Auteur : José Moutinho
_ Santa Clara Valley « The Valley of Heart’s Delight »
Auteur : Michael
http://commons.wikimedia.org/wiki/File:San_Jose_Skyline_Silicon_Valley.jpg
_ Oussama Ammar
http://www.teamdigital.tv/2013/11/01/les-barbares-attaquent-la-sante-par-oussama-ammar-cofondateur-et-partner-de-thefamily/

https://www.youtube.com/watch?v=jEyO48HmpMw

 

Transcription texte (littérale) de la vidéo « Comment Hugo a subi 3 ÉCHECS de création d’ENTREPRISE… et s’en est REMIS 🙂 » :

Olivier Roland : Bonjour, ici Olivier Roland. Je suis actuellement avec Hugo. Salut Hugo.

Hugo Amsellem : Salut Olivier.

Olivier Roland : Je parle beaucoup de success story sur ma chaîne. Je présente les entrepreneurs qui ont réussi et je me suis dit que ce serait intéressant de montrer que la vie d’un entrepreneur n’est pas toujours tout rose, que l’échec fait partie du parcours d’un entrepreneur.

Nous venons juste de nous rencontrer et Hugo m’a dit qu’il a créé trois boîtes dont deux se sont plantées et l’autre, semi-planté. Il a bien voulu partager cela avec nous.

On est actuellement dans les bureaux de The Family. Tu travailles à The Family. Qu’est-ce que tu fais ?

Hugo Amsellem : Je suis un alchimiste à The Family.

Olivier Roland : Ils ont des noms de poste génial. J’ai rencontré le chef en bonheur de The Family qui est chargé de rendre tout le monde heureux. C’est extraordinaire.

Hugo Amsellem : Alchimiste, c’est un peu pareil. Je crée de l’alchimie entre les gens.

Je crée les évènements et j’essaie de faire venir le plus de gens cools qui parlent et qui inspirent les entrepreneurs de venir de la place parisienne puisque tous nos évènements sont gratuits et ouverts.

Olivier Roland : Tous les entrepreneurs peuvent venir à The Family rue du Petit Musk pour découvrir l’écosystème extraordinaire qui a été mis en place.

Je pense que le but notamment d’Oussama, d’Alice et de Nicolas, c’est d’essayer de recréer l’ambiance qu’on peut trouver à San Francisco, un écosystème simple aux entrepreneurs. C’est vraiment extraordinaire l’ambiance que vous avez créée. C’est toute une infrastructure et un accompagnement qui sont concrets pour aider les jeunes entrepreneurs.

Donc, tu as toi-même un parcours d’entrepreneur. Quel âge as-tu aujourd’hui ?

Hugo Amsellem : Je fais beaucoup plus jeune, mais j’ai 27 ans.

Olivier Roland : Tu as 27 ans et tu as quand même créé 3 entreprises. Quand est-ce que tu t’es lancé pour la première fois ?

Hugo Amsellem : Je suis parti à San Francisco pour faire 6 mois d’études sur la musique. Je suis revenu avec le virus des startups. C’était en 2007.

Et à partir de 2007, j’ai commencé à lire les TechCrunch et tous les médias qui commençaient à arriver sur la place startup, qui relataient les levées de fonds, les nouvelles startups et les nouvelles applications puisqu’en 2007, iPhone venait de sortir. Petit à petit, je me suis intéressé à cela. Et à un moment, j’ai décidé de tenter quelque chose.

Olivier Roland : En tout cas, tu es parti pour étudier de la musique. Et tu t’es fait quand même contaminer par l’état d’esprit entrepreneurial de la Silicon Valley.

Hugo Amsellem : En fait, je l’ai cherché mais de façon un peu naïve puisque j’ai pris deux cours quand je suis parti à l’université à San Francisco. Un, c’était histoire du Rock’n Roll et deux, l’histoire des startups.

Olivier Roland : Tu étais juste intéressé à la base.

Hugo Amsellem : Je me suis dit pourquoi pas ?

Olivier Roland : Tu étais sensible à ça ?

Hugo Amsellem : Oui.

Olivier Roland : C’est peut-être aussi pour cela que tu es parti à San Francisco.

Hugo Amsellem : Non. Je suis parti parce que pour moi, c’est la ville des hippies. C’est pour ça que j’ai voulu y aller.

Olivier Roland : Intéressant. C’est là où tu as chopé le virus. Et quand tu es rentré en France, tu as voulu créer ta startup à toi.

Hugo Amsellem : Exactement. Et pour faire un enchaînement avec les échecs, j’ai fait mon premier projet en 2009. En gros, c’était sur toute la vague de géolocalisation. Il y avait tout Foursquare qui venait de sortir, qui avait défriché toute la possibilité de géolocaliser les lieux. Il proposait une base de données complètement ouverte des lieux, notamment dans Paris.

Avec un pote, on a décidé de créer une plateforme où on s’échangeait en one to one des tips des lieux qu’on aimait bien.

Je lui disais : « j’adore ce lieu-là, tu devrais… » Et tu avais une liste des lieux pour après quand tu as envie de sortir d’avoir des idées. C’est là le premier échec.

Et la première leçon, c’est qu’on a bêta-testé une app. On avait une découverte d’un entrepreneur à San Francisco qui bêta-testait aussi la nôtre. On était vraiment au même niveau, c’est-à-dire qu’on était sur une NAP Html 5. Donc vraiment, un embryon.

Nous avons commencé à développer. Ils ont développé. Ils ont appris beaucoup de choses, ils ont fait des pivots. Nous avons un peu pivoté, mais pas trop.

Olivier Roland : Pivoter vient du lean startup. Cela veut dire que quand on démarre, on a une idée de comment ça peut marcher.

Souvent, ça ne marche pas. Et quand on pivote, c’est qu’on va essayer un autre angle d’attaque pour que ça marche.

Hugo Amsellem : Exactement. Donc, c’était une version Html 5 de Foursquare.

Une Html 5, c’est dans le navigateur. L’application n’est pas en natif. On le télécharge sur App Store.

Olivier Roland : Il faut juste aller sur le site web.

Hugo Amsellem : Exactement. C’était pour dire que je suis ici ou je suis là.

Ils ont implémenté la possibilité de mettre des photos sur le checking. Donc, de dire en plus d’être là, voilà ce que je vois.

Ils ont décidé de s’enfermer pendant 4 semaines dans leurs bureaux pour, après ces leçons-là, essayer de sortir l’Instagram. Ils l’ont sorti en même temps que nous. On l’a bêta-testé, et en 30 jours, ils ont fait un million de téléchargements. Et nous, on a fait 500. Premier échec.

Olivier Roland : Un million et 500.

Hugo Amsellem : Exactement. Le succès était évident. En voyant l’évidence de ce succès de gars qu’on connaissait bien, on a décidé de se dire que nous avons échoué et d’arrêter.

Olivier Roland : Qu’est-ce qui a fait la différence entre ces deux projets ?

Hugo Amsellem : C’était des brutes de l’exécution.

Olivier Roland : Tu ne penses pas que c’est l’environnement qui était plus favorable pour eux puisqu’ils étaient à la Silicon Valley ?

Hugo Amsellem : Aussi, évidemment.

Olivier Roland : Mais ils étaient meilleurs quand même dans l’exécution.

Hugo Amsellem : Complètement, de loin.

Kevin Systrom est un gars qui est sorti de Google et qui a tenté l’aventure entrepreneuriale juste à la sortie de son expérience de grosse boîte. Il a levé un peu d’argent, mais surtout il a appris à tout faire tout seul.

Il a appris à coder le ruby en quelques mois. Il a appris à créer les filtres qu’il a utilisés pour Instagram : les filtres d’Instagram qui ont fait sa force. C’est lui qui les a compris, qui a pris les courbes mathématiques de variation de couleurs et qui les a appliquées.

Je me souviens qu’il les faisait lui-même. C’est de la résilience et la détermination que je n’avais sûrement pas à l’époque. Et donc, je n’avais surtout pas l’idée qu’il puisse avoir.

Donc, premier échec. Leur succès est évident. Nous arrêtons.

Olivier Roland : Et là, on a un concept très important. Beaucoup d’entrepreneurs débutants ont l’impression quand ils ont une idée que c’est la plus géniale du monde et que rien que ça, c’est une force.

Mais souvent ce qu’on dit dans le monde des startups, c’est que l’idée n’est rien, c’est l’exécution derrière qui fait tout parce que souvent si vous avez une idée, il y a des tas d’autres gens qui ont la même idée à ce moment-là dans le monde. Et c’est celui qui va le mettre en place le plus rapidement et le mieux sur le marché qui va gagner finalement. C’est ce qui s’est passé là.

En tout cas, tu as un regard très objectif. Tu n’hésites pas à dire que c’était ta faute, que tu n’as pas réussi à être aussi bon qu’eux. Tu ne vas pas chercher des excuses. Ça, c’est intéressant.

Je pense que c’est quelque chose qui fait partie de la démarche des entrepreneurs vraiment entrepreneuriale qui ne font pas l’autruche.

Ce qui fait vraiment la qualité première d’un entrepreneur, c’est de ne pas faire l’autruche et d’affronter les problèmes à bras le corps, et ça implique de voir les choses avec objectivité.

Hugo Amsellem : Exactement. En France, on a une grande force mais qui, pour l’entrepreneur, parfois est un grand défaut. C’est la force de la rhétorique.

On est capable pendant des heures de discuter. On voit cela dans les dîners quand on va avec des potes. On est capable sur des points très petits de prendre des grands débats et se mettre sur ses grands chevaux. On aime ça.

Olivier Roland : Oui. Et souvent les Anglo-saxons quand ils voient ça se disent : Pourquoi ils sont comme ça alors qu’ils sont potes ?

Hugo Amsellem : Après, on est toujours pote.

Olivier Roland : Ils ont l’impression que les gens sont en train de se disputer, que c’est fini alors que c’est juste une discussion entre amis un peu vive, mais un débat intellectuel.

C’est vrai que les Anglo-saxons n’ont pas cette approche.

Hugo Amsellem : Pour les startups, il y a une devise que nous avons à The Family. Les entrepreneurs l’ont de façon consciente ou inconsciente à la Silicon Valley, à San Francisco. C’est « often wrong never doubt », « J’ai souvent tort, mais je ne doute jamais. ».

Tu verras souvent un entrepreneur venir te dire que c’est la version A pendant des mois. Et quand il va se rendre compte que ce n’est pas ça, très rapidement, il va faire B.

Olivier Roland : C’est le pivot.

Hugo Amsellem : C’est ça le pivot. Le but n’est pas d’avoir raison, de prouver que tu as raison. C’est juste que ça marche, qu’il se passe un truc.

Olivier Roland : Il y a une dimension pragmatique que les Anglo-saxons ont qu’on n’a pas puisque comme tu dis, on est capable de se perdre dans des débats théoriques.

Hugo Amsellem : Dans plein de domaines, c’est génial. Pour l’entrepreneuriat, ils ont un autre dicton qui est très drôle pour montrer leur objectivité face à l’entrepreneuriat, qui parle de domaine de l’idée, donc de la beauté, mais de l’exécution donc du concret. C’est qu’ils disent : « In God we trust, for all others, bring data », « On croit en Dieu, mais tous les autres vont ramener des données », pour valider ou pas ce que vous pensez. Et ça, c’est fondamental.

Olivier Roland : C’est bien les hypothèses, mais derrière, il faut des choses qui les appuient.

Hugo Amsellem : Il faut les prouver.

Olivier Roland : Donc premier projet, tu décides d’abandonner parce que tu vois le succès d’Instagram. Tu dis que tu ne pourras jamais lutter.

Hugo Amsellem : Je vois surtout la violence de ce qui est un succès.

Olivier Roland : Et tu ne t’es pas dit que tu pourrais être le Daily motion de l’Instagram ?

Hugo Amsellem : Non, on était plus dans une démarche de ce qu’on appelle de MVP, Minimum viable Product, qui est de dire qu’on sort une fonctionnalité très limitée, mais sur un usage très spécifique. Et on voit après si ça marche ou pas.

Il s’avère que le succès d’Instagram a été tellement fulgurant et on a tellement aimé ce qu’ils ont proposé dans la photo géolocalisé. Et nous nous sommes rendu compte qu’il n’y avait pas d’usage. On n’a pas voulu continuer pour trouver un autre MVP et compagnie.

Olivier Roland : Tu t’es dit que c’était un coup d’opportunité trop important par rapport au fait de lancer une nouvelle boîte.

Hugo Amsellem : Oui. On a adoré voir ce qu’ils ont fait de génial et se dire : nous, ça va.

Olivier Roland : Intéressant. Alors, le deuxième projet ?

Hugo Amsellem : Le deuxième projet mixait ma passion pour la musique et ma passion pour les startups, c’était juste après.

Olivier Roland : Tu t’es arrêté et tu t’es dit : c’est quoi mon nouveau projet ?

Hugo Amsellem : Oui. En fait, je l’avais lancé quand j’étais encore étudiant. J’étais plus dans une démarche de tester et de voir ce qu’on pouvait faire rapidement. C’est bien puisqu’on l’a fait rapidement et on a échoué rapidement.

Le deuxième projet qui était dans la musique, on a sorti une plateforme de crowdfunding et de crowdsourcing pour les musiciens qui permettait aux gens d’aider les artistes, en leur donnant soit de l’argent, soit des compétences, soit du temps.

On sait ce que c’est que l’argent. Les compétences, cela peut être de développer son site, de jouer un peu de guitare. Et le temps, ça pouvait être de faire du bénévolat pour l’artiste s’il avait besoin de coller des affiches dans la rue ou quoi que ce soit.

Donc, on l’a sorti. Il s’appelait « oocto.com ». On a beaucoup aimé le faire pendant de nombreux mois, essayer de comprendre ce qui pouvait aider le plus profondément les artistes.

On était de grands passionnés de musique. On a clairement réussi sur une partie, c’est-à-dire que des artistes sont venus et on commençait à avoir de l’attraction. Je crois que dans les 6 premiers mois, on a réussi à lever 500 000 euros pour une centaine d’artistes.

Olivier Roland : Auprès de business angels français ?

Hugo Amsellem : Non, auprès de leurs fans.

Olivier Roland : D’accord. C’est du crowdfunding.

Hugo Amsellem : Crowdfunding comme kickstarter, en plus de la possibilité de donner autre chose que de l’argent. C’était vraiment le but initial.

Au final, on a eu un associé qui ne fonctionnait pas avec nous.

Olivier Roland : Vous étiez combien d’associés ?

Hugo Amsellem : On était quatre.

Olivier Roland : C’est quand même beaucoup.

Hugo Amsellem : Exactement. Et il y en a un avec qui ça s’est un peu moins bien passé.

Comme ça se passe très régulièrement dans les aventures entrepreneuriales, on a juste eu un problème avec lui et il nous a fait un procès derrière, ce qui a bloqué le process de levée de fonds future. Il nous a mis dans une léthargie entrepreneuriale mortelle

Olivier Roland : C’est dommage. Là, c’est ton projet qui était un demi-succès ou demi-échec, mais il y avait un potentiel, il avait bien démarré. Tu es dans l’œuf à cause d’une mésentente.

Hugo Amsellem : On ne peut pas dire à cause de lui, à cause de nous. A cause d’une mésentente.

La leçon dans ce genre de configuration, c’est qu’en général avec les gens, pour l’association, il faut suivre ses premières intuitions. Elles ne sont jamais fausses. Elles s’évitent, elles se calment quand on arrive à ne plus les écouter.

C’est comme un acouphène. Au départ, c’est un petit son. Au fur et à mesure, ce son devient une force beaucoup plus grande. C’est beaucoup plus sourd, beaucoup plus pesant et plus prenant. Au bout d’un moment, on n’entend plus rien.

Et là, on se voit qu’il fallait écouter le premier acouphène au départ et décider que ce soit pour un associé, que ce soit pour un employé, que ce soit pour un stagiaire. Il faut écouter les premières intuitions d’un stagiaire parce que son inconscient sait tout de suite mieux ce qui est bon pour lui et ce qui est bon pour la boîte que le conscient.

Ça ne veut pas dire qu’il faut uniquement marcher au coup de cœur, fermer les yeux et dire : « je dis bonjour et c’est bon, non. » C’est un équilibre entre les deux.

L’intuition est beaucoup plus importante sur les gens que le rationnel de ce qu’on imagine quand on monte une boîte, un processus d’entretien avec « bonjour » et « vous vous voyez où dans 5 ans ? » Ce sont des conneries.

Allez boire un verre. Bourrez-vous la gueule avec quelqu’un, que ce soit un associé ou un premier employé, vous comprendrez beaucoup mieux qui est la personne et ce qu’il va pouvoir faire avec vous.

Olivier Roland : Là, le processus de recrutement, c’est d’aller dans un bar et de se mettre une grosse mine avec les associés parce que tu vois la personne elle-même, et pas seulement la façade. C’est important.

Il y avait aussi un entrepreneur qui m’avait donné une bonne astuce. Il m’a dit : si tu veux voir comment quelqu’un est vraiment, tu fais un long voyage en voiture avec lui.

Hugo Amsellem : C’est encore mieux.

Olivier Roland : Oui. Genre tu vas à Paris-Berlin en voiture. Il a dit : viens, et c’était une manière pour lui aussi de tester un peu la personne.

Il faut mettre en place des petits trucs comme ça.

Mais tu ne crois pas que 4 associés, déjà à la base, c’est trop et que ça augmente les risques de mésentente ?

Hugo Amsellem : Non. En général, on dit que quand on est seul dans une startup, on n’a que 5% de chance de réussir par rapport à tous ceux qui ont réussi. Cela nous ouvrait 95% de chance de réussir.

Olivier Roland : De toute façon, on voit toutes les grosses startups qui sont devenues des grosses boîtes. Aucune n’a été créée par une seule personne. C’est au moins deux personnes.

Hugo Amsellem : Exactement. Tout le reste, c’est des mythes qu’on nous a racontés.

Olivier Roland : Steve Jobs a créé avec Steve Wozniak. Sans Steve Wozniak, il n’aurait rien du tout.

Bill Gates avait Paul Allen. Et puis, il y a encore un autre dont je ne me souviens plus comment il s’appelle.

Hugo Amsellem : Ballmer était un peu là aussi au départ.

Olivier Roland : Pas tout de suite, mais oui. Rapidement.

Hugo Amsellem : C’est-à-dire qu’il y a beaucoup de gens qui ont été là dès le départ. Zuckerberg avait des co-fondateurs : Dustin Moskovitz.

Olivier Roland : Il l’a viré. Mais rapidement, il y a le mec de Napster qui est arrivé, qui était une influence importante.

Hugo Amsellem : S’il y a 4 ou 6 % comme ça.

Olivier Roland : Oui.

Hugo Amsellem : Avec l’histoire, quand on oublie ces gens, ce n’est pas grave pour eux. C’est juste que ce soit grave pour tous ceux qui pensent qu’on peut créer sa boîte tout seul.

Olivier Roland : On peut, mais ça dépend de l’ambition qu’on a.

Moi, je suis un solo entrepreneur. Je suis très content comme ça. Mais si tu veux faire une boîte qui fait des milliards et qui touche la planète entière, clairement quand tu regardes ce qui s’est passé en les datas, c’est très rare que ça marche.

Hugo Amsellem : Exactement. Les datas ont été faites sur Startup Genome qui a recensé dans le monde entier des centaines et des milliers d’entrepreneurs.

Olivier Roland : Je ne connais pas Startup Genome.

Donc, ils se sont plongés un petit peu dans ce qui fait les facteurs de succès ?

Hugo Amsellem : Ils ont demandé à toutes les startups du monde entier avec beaucoup de viralité aux startupers de donner à la fois leur expérience et leur présent, donc leur passé et leur présent, et d’en faire des données.

Ils ont crunché ça et ils ont montré que quand on est seul, on casse 95% les chances de réussir. Quand on est deux, on arrive à 95% de chances de réussir par rapport à son potentiel. Donc, on ne s’enlève pas trop de chances de potentiel absolu de la team de ne pas réussir.

Olivier Roland : Oui. On sait quand même qu’en France, 50% des entreprises mettent la clé sous la porte avant 5 ans.

Hugo Amsellem : Si tu prends un potentiel de réussite de personnes, s’il est seul, il ne va pas exprimer son vrai potentiel de réussite. A deux, on arrive à exprimer ce potentiel. A trois aussi. Et à quatre, ça revient au même niveau qu’à un.

Donc, c’est vraiment des poids. Après, au-delà, on n’en parle plus.

Olivier Roland : Du coup, là, vous êtes toujours bloqués. Vous n’avez pas une possibilité de reprendre.

Hugo Amsellem : Je suis à The Family. Je ne suis pas entrepreneur sur cette boîte. Peut-être que j’aurai arrêté, peut-être qu’on aurait échoué pour d’autres raisons.

Olivier Roland : C’est vrai. En tout cas, c’était bien parti.

Hugo Amsellem : C’était en tout cas mieux parti que ce qui s’est passé après.

Olivier Roland : Dans ce temps-là, comment fais-tu au niveau des ressources parce que vous ne pouvez pas vous payer de salaire ?

Hugo Amsellem : On se défraie des choses, on se défraie un maximum de frais.

Olivier Roland : C’est la boîte qui paie quelques frais.

Hugo Amsellem : Exactement. Nous, on était à l’incubateur Science Po, on sortait juste des études. Je n’ai pas fait Sciences Po, mais un de mes cofondateurs avait la chance de l’avoir fait. Du coup, on a pu être accueilli dans ces locaux-là.

Il nous donnait à la fois de ressource logistique, un endroit pour travailler, à la fois des ressources légales comptables gratuitement.

On a levé un peu moins de 100 000 euros pour pouvoir explorer pendant un ou deux ans. Et entre les deux, on arrive à se recouper en défrayant des choses et en se versant un minimum.

Olivier Roland : C’est aussi l’avantage quand on démarre en étant étudiant. On n’a pas de gros besoin, on n’a pas de famille. On n’est pas habitué à un certain style de confort de vie. On peut se contenter de pas grand-chose. C’est ce que j’ai fait aussi. J’ai créé ma boîte à 19 ans.

Hugo Amsellem : C’est un grand avantage.

Olivier Roland : C’est clair, c’est un grand avantage.

Alors troisième projet, c’est pareil. Juste après, tu as enchaîné ?

Hugo Amsellem : Oui. On était trois.

Olivier Roland : Tu as repris virus.

Hugo Amsellem : Oui, mais ça a continué comme ça.

Je ne sais pas si c’est un virus, mais en tout cas, on ne voit pas d’autre option pendant un bon moment quand on monte des boîtes.

Après, avec les trois restants, on est parti à San Francisco sur un projet complètement différent, sur une structure complètement différente. On s’est dit : On se donne trois mois. On a une idée et on va essayer de l’exécuter le mieux possible. Puis, on voit si ça marche ou pas.

On est parti sur l’idée de créer une NAP pour aider l’organisation des plans à court terme avec ses potes, un truc que beaucoup de gens essayaient de taper. On pensait avoir trouvé un angle particulier pour pouvoir essayer de créer un usage. Et avec ces hypothèses-là, on est parti dans la Valley.

Olivier Roland : Vous êtes repartis ?

Hugo Amsellem : Oui, on est reparti dans la Valley pour trois mois puisque le visa n’est que trois mois.

Donc, on est parti là-bas et on a découvert la violence de l’entrepreneuriat startup à San Francisco.

Olivier Roland : C’est-à-dire la compétition est tellement intense que c’est une sorte de bain de sang ?

Hugo Amsellem : C’est un bain de sang. Et surtout, nous étions dans une startup house en haut de la tour où il y a la suite Rotoworld. On voyait tout San Francisco.

On était dans une baraque de quinze startupers et on était tous en train de taffer pour vivre.

Olivier Roland : Français ?

Hugo Amsellem : Non, américains. On était les seuls français.

Et on se rend compte de la compétition quand on voit que les gars là-bas dans notre maison par exemple n’ont pas un cycle de sommeil de 24 heures. Ils se décident de dormir 9, 10 heures, de travailler 22 heures, et de repartir comme ça parce que c’est plus productif.

Plusieurs avaient commencé la cigarette électronique. Ils fumaient pendant qu’ils travaillaient, pas parce qu’ils voulaient fumer ou ils avaient fumé, mais ils se rendaient addicts au travail avec la nicotine associée à l’addiction au travail.

Olivier Roland : Ils faisaient ça consciemment ?

Hugo Amsellem : Consciemment.

Olivier Roland : Ça, c’est vraiment le type de hack que les gens de la Silicon Valley adorent.

Hugo Amsellem : Complètement. Il y avait des poudres pour .. Quand tu vois un sachet de poudre blanche, tu dis aux gars : vous faites quoi ? Vous vous déconnez ? Non. En fait, ils disent que c’est une substance qui leur permet d’agrandir la capacité connective de 20%.

Olivier Roland : C’est de la drogue ou pas ?

Hugo Amsellem : Ce n’est pas de la drogue. C’est légal. Tu peux le commander.

Olivier Roland : C’est une sorte d’amphétamine pour le cerveau.

Hugo Amsellem : Exactement. C’est totalement légal sauf que c’est du hack.

J’ai vu la violence de l’entrepreneuriat startup avec lequel on est en compétition. Même quand on est en France, on est en compétition avec ces gens puisque le marché est global.

Je me suis dit que ce n’est pas le jeu particulièrement auquel j’ai envie de jouer maintenant. Je ne préfère plus jouer au jeu de startup. Et du coup, je suis revenu en France.

Oussama qui me suivait sur les deux startups m’a dit de venir à The Family. Ils sont en train de commencer un truc cool.

Olivier Roland : Donc là, ce n’était pas un échec quand même à Silicon Valley. C’est juste que tu as trouvé que ce n’est pas compatible avec ta manière de voir les choses.

Hugo Amsellem : Exactement.

Olivier Roland : C’était aussi un choix.

Hugo Amsellem : Exactement. C’est pour ça que je dis que ce n’est pas un échec.

On n’a pas réussi à trouver d’usage. Dans un certain point, c’est un échec. Mais ce que je disais tout à l’heure, c’est que personnellement, pour moi, ça a été une grande leçon et une grande opportunité de croissance.

Olivier Roland : Super intéressant.

Merci Hugo d’avoir partagé tes trois échecs, en tout cas tes deux échecs et un demi-échec. Je pense que ça montre un petit peu aux gens que l’entrepreneuriat n’est pas tout rose, qu’on peut se vanter, mais pour autant, tu n’es pas mort.

Hugo Amsellem : Non.

Olivier Roland : Tu es toujours là, tu es vivant. Et tu es à The Family, tu apportes de la valeur.

Je suppose que tu as prévu peut-être de te relancer dans l’entrepreneuriat un jour ?

Hugo Amsellem : Peut-être dans une forme différente. Peut-être plus dans ce que tu as l’habitude de proposer, et puis dans un entrepreneuriat peut-être un peu plus équilibré.

Olivier Roland : Avec une meilleure qualité de vie.

Hugo Amsellem : Exactement.

Olivier Roland : D’accord. En tout cas, ça ne t’a pas donné une allergie à l’entrepreneuriat ces trois échecs.

Hugo Amsellem : Une meilleure compréhension des différents jeux et des différentes règles du jeu qui sont associés.

Olivier Roland : Il y a sans doute pas mal de gens qui aimeraient bien créer leurs entreprises et qui se disent s’ils vont planter ou pas. Qu’est-ce que tu donnerais comme conseil à quelqu’un qui veut créer sa boîte ? Comment gérer l’échec pour minimiser les risques d’échec et minimiser la casse si jamais il y a un échec ?

Hugo Amsellem : Pour moi, l’échec est à respecter, pas à dédramatiser parce que comme le disait Steve Jobs, la mort c’est la meilleure invention de la vie puisqu’elle donne toute la saveur à l’aventure entre les deux. Donc, il faut savoir apprécier l’échec, en avoir un petit peu peur, mais savoir surfer dessus.

Les bouddhistes disent souvent : Un homme sage est un homme flexible et doit pouvoir aller dans la vague du tao. C’est exactement pareil par rapport à l’échec. Il ne faut pas en avoir peur, il faut le respecter et être à l’aise avec l’échec dans le processus.

C’est un travail qui se fait principalement sur soi-même, et après sur le monde, mais davantage sur soi même.

Olivier Roland : Donc ce que tu es en train de dire, c’est qu’il faut avoir cette philosophie de ne pas dédramatiser l’échec, ce n’est quand même pas quelque chose de cool, on ne va pas le chercher exprès, mais d’être souple comme le roseau et de savoir rebondir.

Hugo Amsellem : Exactement. Il faut savoir rebondir. C’est pour ça qu’aux Etats-Unis, on ne parle pas d’échec en tant que finalité. Mais au final, on parle d’échec dans le processus itératif d’exploration. Et c’est très différent de ce qu’on a vu en France où on a une tendance à vouloir dédramatiser l’échec final. Dans la Valley, l’échec final, c’est la mort.

Olivier Roland : C’est intéressant. On se dit : Ok, je veux réussir. J’ai eu un échec sur mon parcours, mais au final, je vise quand même le succès à la fin.

Hugo Amsellem : Exactement, c’est une grande différence entre l’échec et la résilience.

La résilience, c’est être capable d’apprendre de ses hypothèses en échouant dans une certaine mesure pendant l’aventure dans la direction du succès. Et nous, ce qu’on entend par échec en mode c’est cool, c’est : oui, j’ai planté ma boîte, j’ai mis la clé sous la porte, mais c’est cool.

Non. Ça, c’est la mort. Et la mort, il faut en avoir peur pour bien vivre.

Si on n’a pas plus peur de la mort, on ne vit plus trop bien.

Olivier Roland : Je pense que c’est une distinction très importante. Puis, c’est aussi le fait que je me suis planté, ce n’est pas être tellement cool par rapport à ça que je ne vais pas justement analyser les causes de l’échec et en tirer une leçon.

Hugo Amsellem : Non. Si je suis dans la savane et je vois un tigre, mieux, c’est cool, je peux mourir. Je ne vais pas courir aussi vite que si j’ai vraiment peur de mourir, et là je pars en courant. Et quand on parle de startup, on dit souvent que c’est un marathon qui se court en sprint de 100 mètres.

Donc pour faire une bonne startup, il faut vachement avoir peur du tigre quand même.

Olivier Roland : Très importante nuance : l’échec, il faut quand même chercher à l’éviter. Ce n’est pas quelque chose de cool. C’est quelque chose qui ne va pas vous tuer. La preuve, tu es encore vivant. Mais il faut toujours le prendre sérieusement et analyser les causes qui vous ont emmené à ça, et surtout essayer de prévenir au maximum.

Hugo Amsellem : Très beau résumé.

Olivier Roland : Oui. Essayer de prévenir au maximum. Et aussi, essayer de planifier quelque chose pour que si vous échouez, vous perdez le moins de plumes possibles.

C’est rare, mais ça arrive qu’il y a des entrepreneurs qui se retrouvent dans la rue parce qu’ils se sont endettés.

Hugo Amsellem : Que ce soit dans la rue financièrement et physiquement, ou que ce soit dans la rue socialement.

Il y a beaucoup d’entrepreneurs qui sont exclus socialement de la Valley puisqu’ils ont échoué une fois et qu’ils ne sont pas en train d’essayer de réussir à nouveau. Du coup, ils ne rentrent plus dans le même jeu, et ils ne sont plus dans la Valley mais ils partent dans la campagne.

Olivier Roland : Il ne faut pas se faire vaincre psychologiquement. C’est le genre d’échec qui n’est pas accepté. C’est l’échec matériel qui l’est si derrière, on continue et on tire parti de cela.

Merci beaucoup Hugo, je pense qu’on a fini vraiment très bien. C’est une nuance très importante. C’est vrai que cette culture de l’échec qu’on pense comprendre et qui vient des Etats-Unis peut entraîner une certaine confusion.

Merci beaucoup d’avoir partagé tout ça avec nous. Puis, merci pour ton courage parce que ce n’est pas facile, je pense, pour tout le monde de partager ses échecs.

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