Comment Gaultier va CHANGER la VIE des entreprises (Ces entrepreneurs qui changent la France)

Cliquez ici pour découvrir le projet d’un « startupeur en série », Gauthier Laperche, qui a déjà eu 3 échecs, et comment il va CHANGER la VIE des entreprises avec sa startup Octobat !

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Cette vidéo est une interview de Gaultier Laperche, un jeune entrepreneur qui brille et excelle dans le domaine du business. Dans cet entretien, il nous partage ses parcours : échecs et réussites en tant qu’entrepreneur.
– Présentation de Gaultier Laperche : entrepreneur depuis qu’il a 20 ans. Dans ce qu’il entreprenait, il a rencontré des échecs qui lui ont permis de beaucoup apprendre. Voulant révolutionner la facturation et la comptabilité des entreprises grâce à l’automatisation maximum des tâches, il a décidé de fonder avec un de ses amis Octobat.
– C’est quoi Octobat ? C’est une solution qui automatise pour les entreprises la facturation ainsi que le calcul des taxes, notamment la TVA. Son principal but c’est de produire de manière automatique tous les documents comptables tels que les factures, avoirs, etc. De ce fait, elle se branche à des solutions de paiements comme Stripe, une des concurrentes de Paypal.
– Quand et d’où est venue l’idée de créer Octobat ? La première version a été mise sur le marché en fin octobre 2014. Clients et partenaires ont déjà pu profiter de cette solution. L’idée de créer Octobat vient du fait que Gaultier Laperche et son ami se sont rendu compte que la partie saisie de facturation est la plus casse-pied de toutes. Ainsi, ils ont décidé de la supprimer pour alléger les tâches en entreprise. Pour eux, c’est une occasion d’apporter de la valeur ajoutée et d’offrir une innovation sur le marché.
A propos de la rentabilité et du financement d’Octobat : il s’agit d’un autofinancement du fait que Gaultier et son ami ont mis de côté des économies grâce à leur ancien web agency. Actuellement, même si ce n’est pas encore très rentable, c’est déjà en pleine phase de croissance. En effet, en Saas ou « Software as a service », on ne gagne pas dès le premier jour d’activité l’argent qu’on a investit.
– Comment travaille-t-on avec Octobat ? Etant donné qu’il ne s’agit pas de vendre des licences, mais des abonnements mensuels, il est très important de miser sur la rétention que sur l’acquisition de clients pour pouvoir les fidéliser.
– Objectifs d’Octobat : être en contact le plus rapidement possible avec le marché et privilégier les relations physiques avec les clients. C’est l’occasion de vendre avant de développer et de s’adapter au fur et à mesure en fonction de la demande de la clientèle, car il faut savoir qu’à l’époque du numérique, c’est le client qui décide et impose les règles.

https://www.youtube.com/watch?v=JWmUaXUpKAM

 

Transcription texte (littérale) de la vidéo « Comment Gaultier va CHANGER la VIE des entreprises (Ces entrepreneurs qui changent la France) » :

Olivier Roland : Bonjour, ici Olivier Roland. Je suis actuellement avec Gaultier. Salut Gaultier.

Gaultier Laperche : Salut !

Olivier Roland : Donc, tu es le fondateur d’Octobat qui est une startup accompagnée par The Family puisque nous sommes actuellement dans un de ses bureaux.

Gaultier Laperche : Oui, exactement.

Olivier Roland : Tu as quel âge déjà ?

Gaultier Laperche : J’ai 27 ans.

Olivier Roland : Octobat est ton premier projet ?

Gaultier Laperche : Loin de là.

Je fais ça depuis que j’ai 22 ans, pas Octobat, mais j’ai fait autre chose.

Olivier Roland : Tu es entrepreneur depuis 22 ans ?

Gaultier Laperche : Oui, c’est ça.

Olivier Roland : On va parler de ton parcours, mais déjà, est-ce que tu peux nous dire c’est quoi Octobat ?

Gaultier Laperche : Octobat est une solution qui automatise la facturation et le calcul des taxes, notamment la TVA. On ne vend qu’à des entreprises et non pas à des particuliers.

On se branche sur des solutions de paiement. On récupère toutes les données liées à la transaction et on est capable sans aucun clic, sans aucune saisie de produire des documents comptables requis par l’administration et par l’expert comptable tels que les factures, les avoirs, et également de calculer et faire des bilans de TVA tous les mois ou tous les trois mois en fonction du régime d’imposition en France et en Europe.

Olivier Roland : En tout cas, tu as bien fait ton Elevator speech.

Pour ceux qui ne savent pas tout simplement, vous devez être capable de résumer le concept de votre entreprise et ce que ça apporte surtout, le bénéfice qu’on crée pour les utilisateurs, en une phrase ou deux. Ça vient du fait que si vous croisez quelqu’un d’intéressant dans un ascenseur, vous devez être capable de lui expliquer ce que fait votre entreprise entre le moment où vous entrez dans l’ascenseur et le moment où il arrive à son étage. Là, on a eu un très bon exemple.

C’est très intéressant parce que ça permet aux entreprises d’enlever beaucoup de travail administratif casse-pieds. Ça se plug notamment à Stripe qui est la solution de paiement montante concurrente à Paypal. Il a la réputation d’être beaucoup moins casse-pieds que Paypal.

On a tous entendu des horreurs stories sur le fait que dès que tu te mets à gagner un petit peu d’argent, Paypal te bloque ton compte. Il te demande des documents et parfois, c’est bloqué pendant 6 mois dessus parce qu’ils ont peur que les gens demandent des remboursements.

Gaultier Laperche : Oui. Puis, Stripe en plus s’installe en moins d’une heure. Et il n’a pas besoin de signer de contrat avec une banque ou une solution un peu compliqué. Donc, ça permet d’encaisser de l’argent dès le premier jour où le produit sort. C’est un sacré avantage.

Olivier Roland : Donc, c’est une solution innovante qui amène un vrai bénéfice aux utilisateurs.

Gaultier Laperche : Oui.

Olivier Roland : Vous l’avez créé quand ?

Gaultier Laperche : On a eu un petit parcours de réflexion, mais on peut dire que notre première version est sortie il y a 4 mois, fin octobre. Et depuis 4 mois, on a développé des clients, des partenariats.

On a des utilisateurs gratuits parce que les 10 premières factures sont offertes par mois. Donc, ça permet à chacun de tester, de démarrer un business sans avoir à payer et sans se prendre la tête avec cette complication administrative.

Olivier Roland : Super, c’est malin. Ça permet aux gens qui démarrent de faire ça gratuitement et ça vous permet de prendre les clients après qui se développent.

Gaultier Laperche : Oui, c’est ça.

Olivier Roland : Tout le monde est content.

Gaultier Laperche : Exactement.

Olivier Roland : Génial.

Gaultier Laperche : En ce moment, on développe des partenariats aussi avec des experts comptables pour que la relation avec le comptable soit également automatisée, qu’il n’ait pas besoin de faire de la saisie derrière parce que forcément, il vous la facture et c’est un peu plus cher.

Olivier Roland : Donc là, on a besoin de comptable avec ton système.

Gaultier Laperche : Il y a toujours besoin d’un expert comptable. Par contre, il n’y a pas besoin de la partie saisie en compta.

Olivier Roland : Tu peux lui donner toutes les factures et c’est fait automatiquement.

Gaultier Laperche : Oui, les factures.

Olivier Roland : Ça gère la TVA dans les 28 pays de l’Union Européenne puisqu’on sait que c’est vraiment casse-pieds.

Gaultier Laperche : Exactement.

Olivier Roland : Depuis le mois de janvier là 2015. Tout est fait automatiquement.

Gaultier Laperche : Tout est fait automatiquement.

Olivier Roland : Comment tu as eu l’idée de créer ça ?

Gaultier Laperche : C’est une très longue histoire.

En fait, j’étais à la tête d’un web agency avec mon associé depuis 4 ans et on nous a beaucoup demandé de développer des solutions de gestion commerciale sur mesure pour pas mal de petites entreprises.

Donc, on pensait en sortir un produit. Seulement, on s’est rendu compte que le marché était extrêmement complexe, que ça faisait beaucoup de fonctionnalités et qu’on n’avait pas vraiment d’apport par rapport à la concurrence si on se positionnait sur le secteur.

On s’est dit : qu’est-ce qui est vraiment pénible ? Qu’est-ce qu’on aimerait avoir pour nous si on était un business innovant qui vend en ligne ?

On s’est rendu compte que la partie casse-pieds était la saisie et on a voulu la tuer.

On a regardé quelles étaient les possibilités techniques et vers quoi s’orientait le marché pour justement réduire cette friction à zéro. Et là, on est plutôt satisfait d’un point de vue technologique de ce qu’on a réussi à faire, à savoir que chaque business qui utilise Stripe plus Octobat n’aura jamais à saisir de facture.

Olivier Roland : Ça enlève vraiment une grosse épine du pied aux entrepreneurs.

Gaultier Laperche : Exactement.

Olivier Roland : Donc là, vous avez une démarche intéressante, c’est que vous vous êtes dit : Ok, on veut se lancer, on veut créer une boîte, quelle est l’innovation qui manque dans ce marché ? Qu’est-ce qu’on pourrait faire qui apporte de la valeur qu’il n’y a pas aujourd’hui ?

Gaultier Laperche : C’est ça.

Olivier Roland : Vous avez vraiment eu cette réflexion et c’était vraiment en mode recherche et développement finalement, mais pas en mode : Ok, on attend que l’idée nous tombe sur la tête.

Gaultier Laperche : On est parti d’un problème qui était très concret et très épineux pour la plupart des PME, des startups. On s’en est rendu compte le jour où, pour notre web agency, on prenait du retard sur notre facturation parce qu’on n’avait pas le temps de produire des factures et de les saisir. Ça prenait 10 minutes à peu près, le temps de revérifier les données, de les envoyer, de faire le mail associé.

Olivier Roland : Là, on a un très bon exemple parce que souvent, il y a beaucoup d’entrepreneurs qui partent d’un problème qui les a touchés personnellement, où ils se disent : c’est vraiment dommage, pourquoi il n’y a pas quelque chose de mieux qui existe ? Et finalement, on est moins à se dire ça.

Et puis après, tous les jours : alors là, ça c’est casse-pieds, ça c’est long, ça ce n’est pas bien fait, ça serait quand même bien que quelqu’un se bouge les fesses pour faire un truc mieux. Il y a beaucoup de gens qui s’arrêtent là.

On est tous coupable de faire ça sur plein de choses, mais c’est là où il y a plein d’entrepreneurs qui se disent : hey ! Si c’est moi qui faisais ce truc mieux justement, si c’est moi qui résolvais ce problème et qui diminuais cette frustration, qui l’éliminait complètement ? Et c’est une source énorme d’innovation.

Donc si aujourd’hui, vous êtes quelqu’un qui cherche une idée pour créer son entreprise, vous pouvez commencer à noter tous les problèmes que vous rencontrez tous les jours.

Gaultier Laperche : C’est vraiment le problème. Et il ne faut pas tomber amoureux de la solution. Souvent les entrepreneurs ont trop tendance à aimer une solution qu’ils apportent par rapport à un problème alors qu’en fait, on se trompe souvent au premier coup.

Il faut bien savoir quand pivoter, vers quoi évoluer pour aller vers ce que le marché demande. Ça, c’est du terrain. Il faut savoir ce que les clients demandent et ce qu’ils ont besoin. Et souvent, on se trompe au premier abord. Il ne faut pas hésiter à aller voir les clients tout simplement.

Olivier Roland : Est-ce que vous utilisez la méthodologie lean startup ?

Gaultier Laperche : Oui et non. C’est-à-dire que le gros problème qu’a lean startup par rapport à ce qu’on fait, c’est que la lean startup est trop considérée comme étant une check-list. : je fais ça, je valide mon idée, je vais voir des clients. Et puis, c’est une boucle. Je recommence, je recommence.

En pratique, c’est assez difficile à appliquer à notre cas étant donné qu’on n’est pas « je valide mon marché, je valide mes clients, je valide mon produit », c’est vraiment par itération successive, il n’y a pas de cadre bien précis.

On comprend les principes de la lean startup et on essaie de les appliquer dans les grandes lignes, mais on n’a pas cette méthodo vraiment au sein de la boîte.

Olivier Roland : Vous essayez de prendre le meilleur quand même ? Par exemple, de mettre en place des produits minimum viables avec le minimum de ressources possibles, d’être en contact avec le marché le plus rapidement.

Gaultier Laperche : Exactement.

Par contre dans notre cas, le mot viable prend toute son importance. Ce n’est pas que l’aspect minimum qui est important.

Si demain, notre client produit des factures qui sont fausses, on lui produit un taux de TVA qui est faux, le client part. Il faut que ça marche bien dès le début.

On ne fait pas l’erreur non plus d’avoir un produit à la Windows ou à la MAC OS avec des dizaines d’ingénieurs et qui se distribue comme ça. Ce n’est pas du tout une lean startup. Il faut vendre et il faut vendre rapidement. Mais simplement du point de vue de recherche de produit, il faut quand même qu’il soit utilisable en l’état. Après, on l’améliore au fur et à mesure. Ça, c’est clair. Là-dessus, on adopte la méthodologie.

Olivier Roland : Là, ça fait 4 mois que vous avez démarré. Votre produit est viable depuis le début ?

Gaultier Laperche : On estime qu’on a démarré le jour où on a un client qui a sorti la carte bleue et qui a commencé à payer. Tout ce qu’on a fait avant, c’était un peu de la recherche. C’était un petit peu de produit, on n’était même pas à plein temps.

On s’est mis à plein temps depuis le moment où on a commencé à avoir des clients payants. C’est plutôt bien tombé. Mais en tout cas dès le début, il a produit les factures qu’il fallait. N’importe qui pouvait s’inscrire et l’utiliser. Même si aujourd’hui, il y a encore certains traitements dans certains cas un peu spécifiques que nous traitons à la main. Mais au final, le produit est utilisable.

Olivier Roland : Comme ça, vous repérez les choses qui doivent être automatisées plus tard et vous mettez en place un processus.

Gaultier Laperche : Exactement. C’est ça.

Olivier Roland : Là, on voit quand même l’approche lean startup, c’est-à-dire que vous faites en sorte que côté client, tout soit fait automatiquement. Et vous devez parfois mettre en place des choses manuelles parce que vous n’avez pas tout prévu dès le départ.

Gaultier Laperche : Exactement. Ce sera trop coûteux. Et puis de toute manière, on ne pouvait pas le deviner initialement.

Olivier Roland : Donc, vous adaptez au fur et à mesure.

Ce qui est bien, c’est que contrairement à une boîte qui essaierait de tout prévoir à l’avance et qui pond un truc super et tout le monde se fout complètement, vous êtes déjà en contact avec le marché. Vous voyez ce que les clients veulent vraiment.

Gaultier Laperche : Tout le temps.

Olivier Roland : C’est intéressant.

Gaultier Laperche : En fait, on a un pipeline de choses qu’on nous demande. Et en fonction de la pétance des clients pour ces fonctions-là, on dit : on fait, on ne fait pas, on le fait plus tard, on fait maintenant. Et aussi, on surfe sur les opportunités.

Par exemple, initialement, on a balancé ce produit-là pour gérer le problème de la TVA qui s’est produit au 1er janvier 2015. Il y a eu cette opportunité où on s’est dit : ça n’arrivera pas deux fois, on surfe sur la vague et on y va.

Olivier Roland : Exactement. Vous avez acquis des clients qui cherchaient spécifiquement cette solution ?

Gaultier Laperche : Il y en a qui n’utilise que ça. Il y en a qui n’ont pas spécialement besoin de factures dans certains pays un peu moins rigoureux que la France dans ces termes-là, mais par contre ont vraiment besoin de ces problématiques de TVA, et donc utilisent notre produit.

Olivier Roland : Vous avez déjà une clientèle internationale ?

Gaultier Laperche : Oui. Européenne.

On a tellement d’ailleurs mais on ne gère pas les cas encore aux Etats-Unis, en Australie.

Olivier Roland : Vous avez refusé des clients.

Gaultier Laperche : Ce n’est pas qu’on refuse, on leur dit qu’on n’est pas prêt aujourd’hui. De toute façon, ils se rendent compte tout de suite.

Et surtout, on demande leur avis : De quoi vous avez besoin ? Comment ça pourrait se faire ? Dans combien de temps, etc. On essaie quand même de garder ce lead avec eux.

Olivier Roland : Aujourd’hui, vous êtes rentables déjà ou pas encore ? Vous pouvez vous payer vos salaires ?

Gaultier Laperche : Non, on ne peut pas se payer nos salaires.

Olivier Roland : Vous êtes en phase de croissance.

Gaultier Laperche : On est en phase de croissance. On essaie à tout prix d’atteindre ce qu’on appelle le product market fit qui est pour nous la première étape hyper importante, sachant qu’on a un business SAAS en plus. Donc, c’est fondamental d’avoir de la rétention.

Olivier Roland : Le SAAS, c’est dans le cloud. C’est ça ?

Gaultier Laperche : Oui. En fait, on ne vend pas des licences en one shot, on vend des abonnements mensuels. Donc forcément si le client qu’on a gagné au mois N, on le perd au mois N+2., c’est problématique.

Olivier Roland : C’est une perte.

Gaultier Laperche : On essaie de ne pas être passoire, on bosse beaucoup plus sur la rétention que sur l’acquisition aujourd’hui. Et une fois qu’on aura des chiffres, c’est déjà pas mal par rapport à ce qu’on a.

Olivier Roland : C’est logique. Mais il y a beaucoup d’entrepreneurs qui font un peu la passe dessus, qui sont toujours dans l’acquisition de nouveaux clients sans essayer de fidéliser leurs clients existants.

Gaultier Laperche : Exactement. Après, ça va dépendre des business.

Par exemple, sur un e-commerce, je pense que la rétention c’est de l’acquisition plus simple. Mais on a toujours besoin d’acquisition beaucoup plus qu’en SAAS, faire venir du trafic dès le premier jour.

Donc sur du SAAS, ce qui est très important, c’est que les clients qui s’abonnent restent. Parce que là de toute façon, tous les mois, ça tombe. Alors que dans le e-commerce, je pense que les vagues d’achat sont un peu plus éloignées en général.

Olivier Roland : Quand vous avez créé, vous aviez des ressources ? Vous avez cherché des financements ? Comment ça s’est passé ?

Gaultier Laperche : En fait, ça faisait un moment que je cherchais à développer un produit. Ce n’est pas non plus ma première tentative avec mon associé. On avait notre web agency, donc on avait mis un peu de côté.

Olivier Roland : Vous avez financé vous-mêmes.

Gaultier Laperche : On s’est autofinancé, on n’a pas pris un euro à l’extérieur.

De toute manière, on a envie de lever à terme pour accélérer le développement et pour monter une équipe. Mais d’un autre côté, c’est très important de savoir produire nous-mêmes du revenu. C’est-à-dire qu’on ne lève pas, on ne va pas arriver devant un investisseur en disant on ne produit pas de revenu. On a envie de montrer une courbe de croissance parce que déjà, ça donnera du poids dans les négociations et ça a toujours une importance.

Ça nous permettra peut-être aussi d’attirer l’attention d’investisseurs experts en la matière et qui comprennent notre problématique, plus que de devoir lever à tout prix et prendre ce qu’il y a. Et puis aussi, c’est très important de prouver à n’importe qui qu’on sait faire du revenu.

Olivier Roland : Oui, je suis d’accord. Tu connais l’émission Shark Tank ?

Gaultier Laperche : Non.

Olivier Roland : C’est une émission de business angel anglo-saxon, américain. En gros, tu as les startupper qui viennent présenter leurs projets pour que les mecs investissent. Pour l’instant, ça ne peut pas exister en France. C’est trop en dehors de la culture. Mais ce qui est intéressant quand tu regardes ça, l’une des premières choses qu’ils regardent, c’est : est-ce que tu générais déjà du revenu ?

Parce que ça les rassure énormément, ça montre qu’il y un business model, qu’il y a quelque chose de concret derrière. Il suffit de se caler. Ils savent que s’ils mettent des fonds dedans, au moins ça ne perd pas dans un puissant fond et qu’il y a déjà quelque chose de concret.

C’est le problème de beaucoup de startups. Elles n’ont pas encore de business model quand elles font les premières levées de fonds. Ce n’est pas votre cas, c’est juste une question de toucher davantage de clients.

Gaultier Laperche : C’est ça, mais je pense qu’on n’aura pas atteint le business model parfait. Je pense qu’il mériterait d’être optimisé.

En fait, je les teste par une check-list parce que ce n’est pas du tout ma façon de faire. Mais si je devais résumer en trois phrases ce qu’on fait en SAAS, c’est d’abord, obtenir un product market fit, donc permettre aux clients qui rentrent de rester. Donc là, c’est vraiment un travail de rétention abouti.

La deuxième partie, c’est qu’une fois qu’il y a ça qui arrive, on fait l’acquisition. Mais surtout, on scale. On essaie justement d’optimiser et d’automatiser au maximum les process de vente. On construit une machine à vendre, une machine à marketer. Et une fois que celle-ci est élaborée et qu’on arrive à savoir pour un euro qui sort, combien d’euros rentrent, et qu’on est capable de dire s’il suffit juste de tirer la courbe dans Excel ou dans n’importe quoi pour se rendre compte qu’on a un bel effet de levier, là on injecte énormément de cash.

Pour en arriver là, il en faut quand même un petit peu avant.

Olivier Roland : Oui. Tu dis : si on sait que quand on investit 1 euro, on en tire 1,10 euro, on met le maximum.

Gaultier Laperche : Ce n’est pas 1,10 euro. Dans notre cas, c’est fois trois, minimum.

Olivier Roland : D’accord. C’est rentable, il n’y a pas de raison de ne pas investir.

Gaultier Laperche : En SAAS, il faut que ce soit fois trois. Minimum.

Olivier Roland : Fois trois. Sinon quoi ? Pourtant, vous n’avez pas des frais énormes par rapport à une industrie lourde par exemple. Vous avez des marges importantes.

Gaultier Laperche : Parce que c’est le marché qui veut ça. Il faut que ce soit fois trois en fait, il faut compenser les charges. Donc, c’est la perte de clientèle. Il faut faire une personne sur 3%. Et les effets sur une courbe quand on tire sur un an sont assez impressionnants. Et surtout pour un euro, il y a 1,10 euro, il y aurait un problème de réinjection de cash derrière.

On met beaucoup de temps à obtenir ces 10 centimes de marge. Et le gros problème qui va se poser derrière, c’est qu’il y a un timing pour tout. Je pense que là, c’est un problème fondamental de business.

Olivier Roland : Donc, il y a un coût d’opportunité trop important. Et dans un business, c’est 10% de marge plutôt que 300%. C’est logique.

Gaultier Laperche : C’est ça.

Et aussi ce que je n’ai pas expliqué, c’est qu’en SAAS, on encaisse mensuellement ou annuellement. On ne touche pas dès le premier jour l’euro qui a été dépensé. Et même le 1,10 euro ou le 300, il faut attendre patiemment que ça tombe. C’est pour ça qu’il faut réduire absolument le taux d’abonnement.

Olivier Roland : Oui, tout à fait.

Je sais que c’est le plan et ça va peut-être changer, mais c’est prévu pour quand la première levée de fonds ?

Gaultier Laperche : On n’a pas de date.

Olivier Roland : Quel est votre objectif en termes de nombres de clients ?

Gaultier Laperche : Ce sera plutôt un objectif en termes de croissance. On va commencer à s’intéresser lorsqu’on va obtenir une croissance hebdomadaire de l’ordre de 5%, 7%. Quand on va arriver là en termes de revenus parce que c’est la seule chose qui nous intéresse, c’est notre ligne de vie en tant que SAAS, on se dit : là, on est bon, on peut aller voir des VCs.

Par contre, on sait très bien qu’aller voir des VCs, c’est à peu près un travail à temps plein sur une certaine durée. Alors, même si on a des structures aujourd’hui qui nous aident pour ça et qui permettent de réduire un peu la friction, on est quand même sur quelque chose qui nous prend du temps. Et c’est autant de temps passé à ne pas développer sa boîte.

Olivier Roland : Oui. Encore, il faut jongler.

Gaultier Laperche : Oui, il faut jongler, il faut saisir les opportunités quand elles viennent.

Olivier Roland : Super intéressant. En tout cas, ça montre qu’on peut créer sa boîte avec ses propres fonds en essayant de minimiser au maximum les coûts. Vous ne payez pas de salaire aujourd’hui ?

Gaultier Laperche : Non, je ne paie pas de salaire aujourd’hui. On vit sur de la réserve et on a réduit notre train de vie.

C’est fondamental, c’est même une des principales causes d’échec, une des raisons pour lesquelles les gens finissent en France toujours par finir en web agency parce qu’il faut générer du revenu vite.

Olivier Roland : Moi qui voyage partout dans le monde, il y a un truc qui me vient à l’esprit : pourquoi vous ne partez pas dans un pays du genre la Thaïlande où ça ne coûte vraiment pas cher de vivre parce que ça vous permettrait de faire durer la réserve très longtemps ?

Gaultier Laperche : Le marché. Il faut qu’on soit près de nos clients. Et d’ailleurs, c’est une des raisons pour lesquelles il y a des chances qu’on aille aux UK ou aux USA.

Olivier Roland : Même là avec aujourd’hui Internet, tu dois parler aux gens, tu dois les rencontrer physiquement ?

Gaultier Laperche : On les rencontre physiquement. Il faut être dans l’écosystème, aujourd’hui. On vise particulièrement l’écosystème startup parisien ou londonien.

Olivier Roland : Donc là, vous allez partir à Londres ?

Gaultier Laperche : Il a des chances. C’est un des projets, oui.

C’est là où il y a les VCs européens quand même. Donc, c’est là forcément où il y a plus de boîtes qui se créent. On a un marché naturel parce qu’on se plug à Stripe, la solution de paiement dont on parlait tout à l’heure.

Olivier Roland : Et ils sont londoniens ?

Gaultier Laperche : Non, ils sont américains, mais ils se sont lancés immédiatement dans tous les pays anglo-saxons.

Olivier Roland : Oui, c’est logique.

Gaultier Laperche : Donc forcément ils sont très implantés aux UK.

Olivier Roland : Donc, tu privilégies les relations quand même personnelles. Tu essaies de les rencontrer souvent.

Gaultier Laperche : Oui.

Olivier Roland : Ok, intéressant. Puisque la personne que j’ai interviewée juste avant, Hugo, a une approche totalement différente où lui et son équipe sont partout dans le monde. Et c’est intéressant de voir que malgré Internet, tu privilégies quand même la relation humaine de proximité. Après, tout est possible avec Internet aujourd’hui.

Gaultier Laperche : Bien sûr. On peut faire beaucoup de choses.

Olivier Roland : C’est aussi une manière de se distinguer finalement par rapport aux gens qui se disent : on est à l’étranger, on s’en fout de la distance avec nos clients.

Gaultier Laperche : Aujourd’hui, c’est aujourd’hui. Peut-être que demain, ça change.

Il y a un truc très important, c’est que dans ce qu’on fait, rien n’est figé, rien n’est établi. Je peux dire quelque chose aujourd’hui et demain, changer d’avis parce qu’il y a une opportunité qui se crée, quelque chose comme ça.

Olivier Roland : Oui, parce qu’il y a quelque chose qui t’a fait réfléchir.

Gaultier Laperche : Exactement.

Olivier Roland : Tout à fait. L’entrepreneur est toujours à l’affût de quelque chose qui peut remettre en cause son model, pour le mettre à jour, pour qu’il soit plus pertinent par rapport à la réalité. Si tu dis : En faisant ça, j’ai un avantage pour ma boîte et pour ma qualité de vie, par exemple, on ne va pas le changer.

Tu nous as un petit peu appâtés avec ton parcours en disant : oui, ce n’est pas mon premier projet, loin de là. Est-ce que tu peux résumer un petit peu toutes les choses que tu as créées ?

Gaultier Laperche : C’est une longue histoire.

Olivier Roland : Tu as commencé à être entrepreneur à 21 ans, c’est ça ?

Gaultier Laperche : Oui, c’est ça.

Olivier Roland : C’est assez jeune quand même.

Gaultier Laperche : Je sortais de l’école d’ingénieur, Bac + 5.

Olivier Roland : Bac + 5 à 21 ans ?

Gaultier Laperche : On peut dire 22. J’étais diplômé 5 jours avant mes 22 ans.

Olivier Roland : Tu as eu ton bac à 17 ans et tu as enchaîné directement.

Gaultier Laperche : C’est ça, oui. J’ai enchaîné 5 ans.

Olivier Roland : Aucune fausse note.

Gaultier Laperche : Oui, aucune fausse note. Un peu triste, mais enfin, je ne suis pas triste.

Olivier Roland : Pourquoi c’est triste ?

Gaultier Laperche : Parce que c’est vrai que ça manque un peu de piment, peut-être d’avoir fait une césure, ou partir loin à l’étranger. Je pense que c’est assez enrichissant de faire tout ça. C’est quelque chose qu’il faut faire jeune. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut faire plus tard, sauf dans notre cas si on réussit carrément. De toute façon, on va réussir.

Olivier Roland : Ok. Donc, tu passes ton diplôme, tu es là, tu as 22 ans, Bac + 5.

Gaultier Laperche : Je ne savais pas trop quoi faire. J’ai toujours voulu monter ma boîte, mais je ne connaissais a priori rien, à part les jolis cours qu’on nous avait dispensés à l’école qui sont très, très bons pour être chef ou gestionnaire d’entreprise, mais qui n’ont rien à voir avec la création de startup.

C’est-à-dire, créer un business plan, passer des mois dessus et faire un plan de financement très précis lorsqu’on monte une startup, ça n’a pas de sens parce que de toute façon, au bout de 10 jours, on peut le foutre à la poubelle et recommencer un autre. On peut passer toute sa vie à faire ça.

Donc, je voulais monter ma boîte, en même temps pas trop. J’avais un projet de vente et négoce de végétaux en ligne à l’époque avec un camarade de promo. Lui venait de signer un CDI, moi j’ai trouvé un CDI dans une boîte de conseils. Donc, ça n’allait pas très, très vite.

Puis, je m’embêtais quand même pas mal. J’étais en mission dans une grosse boîte d’assurance. Je trouvais ça assez déshumanisé comme structure. Je trouvais que la culture d’entreprise était trop fermée et pas du tout appropriée à ce que je voulais faire et ce que je voulais être.

Olivier Roland : Et ça ne formait pas bien ton esprit avec ce que tu voulais faire.

Gaultier Laperche : Non, c’était très axé sur de la performance.

En tout cas, ma startup est très axée sur la performance, mais on a d’autres aspects culturels qu’on essaie de développer qui n’était pas la culture d’une grosse entreprise où en gros, tout était archi-processé. Il ne fallait pas sortir des lignes. C’était un peu politique en même temps. Donc, j’ai très rapidement démissionné. Très, très rapidement.

Et il se trouvait que j’avais un ami de lycée qui était autoentrepreneur.

Olivier Roland : Tu as démissionné parce que tu en avais marre ou parce que tu t’es dit : j’en ai marre, je vais créer ma boîte ?

Gaultier Laperche : J’en ai marre, je vais créer ma boîte.

Olivier Roland : Ok. C’était vraiment ce projet, mais tu n’avais pas de projet défini quand tu as fait ça ?

Gaultier Laperche : Non. En fait, j’avais l’impression de perdre 11 heures de ma journée en comptant le temps de trajet, le machin, la pause midi, etc.

Olivier Roland : Il y a tellement de personnes qui pensent ça.

Gaultier Laperche : Ce n’était juste pas envisageable pour moi. Et je me suis dit que je serais plus libre en me finançant ma vie, en faisant des missions free lance. Donc, avec un ami de lycée qui était autoentrepreneur, à ce moment-là il développait des applis et des sites web, on s’est dit on va faire ça à deux. Et puis, on va trouver des clients.

C’est ce qu’on a fait pendant un an. Ça s’est super bien passé parce que le statut le permettait et on développait notre clientèle. On avait déjà un beau réseau. Et donc, on a créé une web agency qu’on a bien développé.

Seulement très rapidement, on s’est rendu compte que ce n’était pas fait pour nous parce que déjà, c’était frustrant de ne pas avoir notre propre projet. Et on se rendait compte que soit on devenait une …, on sera juste passé de l’autre côté de la barrière par rapport à ce qu’on ne voulait pas faire initialement, ce n’est pas fait vraiment pour nous, soit on faisait de la régie. Là au moins, on était sûr de gagner de l’argent. Mais le problème, c’est que faire de la régie, c’est du salariat déguisé.

Olivier Roland : Tu veux dire, la régie, c’est que tu vas chez un client en mission.

Gaultier Laperche : Oui, il te paye à la journée. Mais au final, c’est du salariat déguisé. Ça n’a rien d’extraordinaire et ce n’est pas comme ça qu’on allait s’en sortir. Donc, on a gagné un peu d’argent.

On a essayé de développer un peu la structure, mais on s’est rapidement rendu compte qu’il fallait qu’on vole un peu plus de nos propres ailes.

Et à ce moment-là, j’ai un autre ami d’enfance qui m’a contacté parce qu’il avait une idée comme ça qui passait. Donc là, a démarré une phase de ma vie qui a duré 16 mois, qui était le développement d’un projet qui est parti initialement de recherches qualitatives de lieu de consommation, type bar, restaurant autour de soi en essayant de guider des promotions intéressantes, des happy hour étendus en fonction de la clientèle qu’il y avait autour, un peu comme ce qu’essayait de faire Foursquare, sauf qu’on a fait toutes les erreurs possibles et imaginables, c’est-à-dire qu’on est parti à cinq.

Olivier Roland : Cinq !

Gaultier Laperche : Oui cinq associés dont quatre techniques.

Je n’ai rien contre la technique. On est quand même deux technos à avoir lancé Octobat.

Olivier Roland : Mais ça ne devrait pas être facile de se mettre d’accord sur quelque chose.

Gaultier Laperche : C’est surtout impossible de se mettre d’accord sur quoi que ce soit. Au final, on passe plus de temps à s’informer les uns les autres, à essayer de se trouver des consensus que de faire une boîte.

On a essayé de faire des tableaux financiers, on a essayé de remplir des dossiers de concours mais qui n’avaient absolument rien à voir avec la réalité du terrain. On n’a pas fait de ventes. On a réussi au bout d’un an à sortir une espèce de prototype de produit qui ne ressemblait à rien. On s’est rendu compte que plus personne n’avait de cash sur son compte en banque.

Bref, c’était une expérience très intéressante parce qu’on s’est rendu compte de ce qu’il fallait faire, de ce qu’il ne fallait pas faire, de pourquoi il fallait le faire et pourquoi il ne fallait pas le faire, et des erreurs qu’on n’avait plus envie de refaire. Malheureusement, c’était 2012-2013 où en France, il n’y avait que le camping qui commençait un peu à comprendre ce que c’est vraiment une startup.

Mais à l’époque en France, la distinction entre startup et PME n’existait pas. Dans la tête des gens, une PME était égale à une startup. Tout était orienté vers la création d’entreprise traditionnelle. Toutes les ressources qu’on trouvait sur Internet étaient orientées là-dessus.

Olivier Roland : Vous avez cherché sur le web anglo-saxon ?

Gaultier Laperche : Non.

Olivier Roland : Sans doute, il devait y avoir plus de ressources.

Gaultier Laperche : Oui, il devrait y avoir beaucoup plus de ressources à ce moment-là.

Et c’est à ce moment-là aussi où on a vu ressurgir tout ce qui était lean startup, tout ce qui était ces méthodologies Customer discovery, qui permettent de voir les erreurs à ne pas faire et donner un certain cadre à pourquoi faire une startup, comment faire une startup, etc.

Fin 2013, on se retrouve sur un clash où on arrête tout, on a dit stop. Ce n’est plus possible, terminé. Surtout qu’avec mon associé Nicolas, on avait déjà en tête de faire Octobat à ce moment-là, pas sous la forme actuelle bien entendu mais on voulait refaire un truc à deux, on ne voulait pas s’arrêter là.

On voulait cette fois-ci prendre l’expérience qu’on avait et faire un truc qui marche mieux. C’est comme ça qu’on a lancé Octobat.

Olivier Roland : Donc là finalement, tu as eu deux échecs déjà.

Gaultier Laperche : J’ai eu un échec qui était la boîte d’avant, la web agency. C’est une décision personnelle.

Olivier Roland : D’accord. C’est une décision qui a marché au niveau business, mais ce n’était pas quelque chose que tu voulais pour ta qualité de vie ?

Gaultier Laperche : C’est ça. C’est lié à plusieurs choses.

Olivier Roland : Une décision et un échec.*

Donc, tu commences à être pas mal expérimenté dans l’entreprenariat.

Gaultier Laperche : Exactement.

Olivier Roland : Et là, qu’est-ce que tu as fait ? Est-ce que tu as essayé de mettre en place dans ta nouvelle entreprise quelque chose pour éviter cet échec ? Est-ce qu’il y a quelque chose qui a changé dans ta méthodologie que tu n’aurais peut-être pas fait ?

Gaultier Laperche : Oui, radicalement, j’ai arrêté de développer des produits, des concepts et des idées sans validation du marché, sans clientèle. On vend avant de développer.

Octobat, on l’a vendu avant de le développer. On allait voir des gens, on leur a dit : Système de facturation, oui, on vous le fait, pas de problème, ça sera prêt dans tant de jours.

Ça n’a jamais été prêt dans tant de jours parce que c’était plus que ce qu’on imaginait, mais ce n’est pas grave. Les gens étaient là, ils signaient. Il ne nous est pas arrivé le jour du lancement de ne pas avoir de client. Ce n’était pas acceptable pour nous. On avait des clients.

Déjà sans clients, c’est impossible de se motiver correctement.

Olivier Roland : Quand vous avez des clients, vous ne pouvez pas procrastiner toute la journée.

Gaultier Laperche : Ce n’est pas possible.

Olivier Roland : À un moment, on vous paie, donc il faut derrière assurer.

Gaultier Laperche : Et puis sinon, ça motive. Contrairement à un prospect qui vend quelque chose, on fait ou on ne fait pas en fonction de notre vision aussi. Mais on trouve les arguments qui vont, et on essaie de répondre à sa problématique du mieux qu’on peut. Sachant qu’on ne fait pas du sur mesure, c’est vraiment un produit. Donc, ça change aussi par rapport à la web agency. Et ça, c’est archi-motivant quand on a des clients. Alors que sans client, on voit très bien comment ça se passe. Ce n’est pas viable.

Et après, il y a peut-être des projets un peu différents.

Olivier Roland : C’est ça le problème. C’est que tous les entrepreneurs sont super enthousiastes par rapport à leurs projets. Et puis, on a tendance à bâtir des tours d’ivoire. Et en fait, tout le monde s’en fout. Les gens s’intéressent à des trucs auxquels on n’avait pas pensé. C’est toute l’essence du lean startup. C’est vraiment de mettre le produit le plus vite possible en contact avec le marché parce que c’est la seule manière d’être sûr qu’on ne développe pas quelque chose dans le vent.

Gaultier Laperche : Complètement. Et The family a un très beau slogan, c’est “Your solution is not my fucking problem”.

Olivier Roland : Oui, c’est ce que tu as dit tout à l’heure. Il ne faut pas tomber amoureux de la solution. Il y a un problème à régler, il faut trouver la solution que le marché veut.

Gaultier Laperche : Exactement, c’est ça.

Olivier Roland : Du coup, ce que tu as aussi appris, c’est à ne pas prendre 4 associés avec toi, j’imagine.

Gaultier Laperche : Oui, c’est impossible. La force de travail, c’est génial. Etre à 5, on peut croire qu’on avance sur des choses. En fait, on se pose des problèmes qui ne devraient pas être. Il y en a toujours un qui va remonter des problèmes qu’on avait volontairement choisi d’ignorer. C’est toujours comme ça. Et après, on se pose des questions : est-ce qu’on va à droite ou est-ce qu’on va à gauche ? Est-ce qu’on va tout droit, est-ce qu’on va derrière ? Au final, on fait du sur place.

Et du sur place en entreprenariat, c’est reculer parce que le monde avance et nous, on reste sur place. Donc, ça veut dire qu’on recule.

Olivier Roland : J’adore ce slogan. Quand on fait du sur place en entreprenariat, c’est qu’on recule parce que le monde avance.

Gaultier Laperche : Exactement.

Olivier Roland : Excellent. C’est de toi ?

Gaultier Laperche : Non, je l’ai trouvé.

Olivier Roland : En tout cas, je pense que c’est un excellent slogan pour tous les entrepreneurs qui nous regardent. N’oubliez pas ça : toujours en croissance, toujours en mouvement et savoir s’adapter au monde.

C’est vrai qu’on voit tellement de boîtes qui se sont faits dépasser comme l’industrie musicale qui s’est fait complètement démolir par les toons.

Gaultier Laperche : Ça, c’est ce qu’ils ont choisi. Ils ont fait un pari, ils ont perdu.

Olivier Roland : Je pense que c’est aussi parce qu’ils n’ont pas su s’adapter.

Gaultier Laperche : Non, ils n’ont pas su. En fait, ils ont pensé qu’ils vivaient dans l’ancien monde où il suffisait de légiférer et de maîtriser la distribution pour gagner la guerre, alors que le numérique est venu bousculer tout ça et il a apporté quelque chose de fondamental. C’est que c’est le client désormais qui décide et qui impose ses règles. Ce n’est plus le législateur ou le distributeur. Aujourd’hui, si Uber est en train de gagner la guerre tout simplement c’est parce que…

Olivier Roland : Pourtant, on essaie de lui mettre les bâtons dans les roues

Gaultier Laperche : On essaie de le pourrir, mais je pense qu’ils vont gagner la guerre sans aucune difficulté.

Olivier Roland : C’est pour ça qu’ils ont levé d’ailleurs des milliards. Il y a beaucoup de gens qui sont convaincu de ça.

Gaultier Laperche : Mais de toute façon, le client a compris que l’expérience avec un Uber était supérieure. Et ça, une fois qu’on a essayé, on ne peut plus s’en passer.

Olivier Roland : C’est ça qui est intéressant. On est dans une période tellement passionnante parce qu’on voit sous nos yeux les disruptions qui arrivent grâce aux innovations technologiques qui changent du jour au lendemain le secteur entier du e-commerce.

Là, les taxis défilent dans la rue pour se protéger contre Uber, mais ils ne se rendent pas compte que dans quelques années, on aura tous des voitures automatiques et que les taxis vont sans doute disparaître assez rapidement.

Gaultier Laperche : On ne sait pas. Mais au lieu d’essayer de niveler l’économie vers le bas, ils devraient augmenter leur qualité de service et proposer des solutions alternatives innovantes parce que je pense qu’ils ont les moyens de faire.

Le problème, c’est qu’ils sont assis sur une rente et c’est toujours très difficile. Ils sont attachés à cette rente et ils ne veulent pas innover.

Olivier Roland : Tous les … qui se sont battus pour que les innovations technologiques dans l’histoire se sont faits exposer au bout d’un moment, souvent dans la douleur.

Gaultier Laperche : Exactement.

Aujourd’hui, les lobbys qui vont essayer de faire passer des lois n’ont pour conséquence que la destruction des startups françaises qui essaient de se lancer sur un certain créneau.

Par exemple, toutes les boîtes qui essayaient de travailler avec les VTC, je pense à un chauffeur privé par exemple, en France, ont vu leurs services être interdits ou devant être adaptés avec de sacrés contraintes. Derrière, ils meurent, parce que c’est très compliqué pour le client au final. Et lorsqu’un géant américain arrive, il n’en a rien à faire. Il va voir la commission européenne comme Uber est en train de le faire. Il dit : ce n’est pas légal. Ou au pire, mettez-moi une amende, c’est comme si je donnais un petit pourboire. Et il remporte le marché parce que il a l’adhésion du client. Et au final, tout l’argent qui était censé changer finalement de main mais devait rester dans l’économie française part à l’étranger.

Olivier Roland : Oui. Et c’est une énorme fuite des cerveaux, des capitaux, même de l’enthousiasme.

Gaultier Laperche : Et donc, il faut qu’on s’adapte. Après, je comprends les problèmes éthiques qui sont la destruction des jobs, etc. C’est difficile. On n’a pas aujourd’hui trouvé de solutions.

Je pense que personne n’en a parce que c’est vrai que le numérique concentre de plus en plus de richesse dans les mains de ceux qui tentent d’innover et qui réussissent.

Il y a des problèmes éthiques qui peuvent se poser maintenant, de voir comment faire évoluer l’économie dans le bon sens

Olivier Roland : En plus, on a eu une petite perspective plus globale. C’est toujours intéressant.

Des peurs, des doutes dans ton projet actuel ?

Gaultier Laperche : Comme on dit, dans le numérique, on peut être emporté en deux secondes. Stripe peut nous couper la patte. Après, on a développé de bonnes relations avec eux. Donc, il n’y a pas de raison que ça se passe mal.

Mais sinon, il faut juste que nous, personnellement, on s’épanouisse dans le projet parce qu’au final une startup, c’est la force de ses fondateurs. Il n’y a rien de plus.

C’est à nous de nous ménager correctement aussi et de mener ce projet à bien, le faire vivre, le faire scaler et le faire réussir tout simplement.

Olivier Roland : Merci d’avoir partagé tout ça avec nous. Je pense que là, on a un excellent exemple d’un entrepreneur qui fait bouger la France. Comme on dit, la France n’est sans doute le meilleur pays au niveau du cadre législatif et fiscal pour entreprendre, mais il y a quand même des gens qui essaient de faire bouger les choses de l’intérieur, qui essaient d’amener des innovations.

Ton site web, c’est ?

Gaultier Laperche : octobat.com.

Olivier Roland : Ok. Donc, c’est un super système pour tous les entrepreneurs qui se lancent. En plus, on a droit à 10 factures gratuites par mois.

Gaultier Laperche : C’est ça.

Olivier Roland : C’est parfait quand vous venez juste de démarrer et que vous avez un système comme ça qui prend les choses en charge pour vous.

Merci beaucoup d’avoir été avec nous.

Gaultier Laperche : Merci.

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