Comment Eddy a REFAIT sa vie et ACCOMPLI ses RÊVES après 2 ANS de PRISON

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A 18 ans, j’ai décidé de quitter l’école pour créer ma première entreprise. Je n’avais qu’une envie : être libre. Après avoir surmonté de nombreux obstacles, j’ai réussi à mettre mon entreprise au service de ma vie, plutôt que d’avoir une vie au service de l’entreprise… Aujourd’hui, je voyage 6 mois par an et j’inspire des milliers d’entrepreneurs et de créateurs à être plus libres et plus heureux.

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Transcription texte (littérale) de la vidéo « Comment Eddy a REFAIT sa vie et ACCOMPLI ses RÊVES après 2 ANS de PRISON » :

Olivier Roland : Je suis actuellement avec Eddy Lesage. Tu étais venu me voir à Londres parce que je voulais absolument t’interviewer.

On s’est rencontré à l’Académie Zéro limite de Martin Latulippe, et tu m’as dit que tu as fait de la prison pour trafic de drogue. Tu es sorti de là, tu as vécu une rédemption. Tu m’as parlé de ton histoire et j’ai trouvé ça vraiment fascinant.

Tu as accepté de partager cela aujourd’hui avec nous.

On n’a jamais eu l’occasion de parler de ces sujets-là sur cette chaine. Donc, ça va être très intéressant de voir comment tout ça t’a amené à l’entreprenariat et à d’autre chose.

Déjà avant cette interview, tu m’as dit quelque chose qui m’a surpris. Tu m’as dit que tu avais quitté l’école à la 5e.

Eddy Lesage : Exactement.

Olivier Roland : Donc, tu avais 15 ans ? Même pas ?

Eddy Lesage : J’étais assez en retard, je dois avoir 15-16 ans.

Olivier Roland : L’école, ce n’était pas ton truc.

Eddy Lesage : Ce n’était vraiment pas mon truc.

Olivier Roland : Et pourquoi tu l’as quitté aussi jeune ?

Eddy Lesage : J’ai quitté aussi jeune parce que j’étais sportif.

Je faisais de moto cross. J’étais sportif de haut niveau. Donc, j’avais besoin de temps pour m’entrainer.

Je faisais les championnats de France, championnats d’Europe. Puis, ma carrière s’est arrêtée à à peine 16 ans ou 17 ans avec un grave accident qui m’a causé 44 heures de coma, à peu près un an et demi pour pouvoir remarcher correctement.

Voilà pourquoi j’ai quitté l’école pour le sport.

Olivier Roland : Il y a eu cet accident malheureusement qui a mis fin à ta carrière prématurément.

Donc, tu as cet accident. J’imagine que tu rêvais vraiment de faire ta carrière là-dedans. Ça a un peu refroidi tes ardeurs.

Est-ce que c’est à cause de ça ou c’est à partir de ça que tu as plongé après dans cet univers de la drogue et du banditisme ?

Eddy Lesage : Le fait que je pars très tôt de chez moi, ce n’est pas forcément parce que j’ai eu cet accident. C’est surtout parce que je voulais quitter ce milieu familial.

J’ai choisi de faire un parcours seul pour pouvoir me trouver peut-être en me perdant évidemment. Mais ce n’est pas forcément suite à cet accident. C’est surtout pour quitter le milieu familial dur, violent.

Évidemment, on va parler de mon parcours carcéral. Mais je pense que j’étais déjà en prison très jeune.

J’ai eu un beau-père assez violent, tortionnaire et qui, d’un côté, m’a encensé pour que je devienne professionnel de moto cross. Et d’autre côté, je n’avais rien à dire.

Si tu veux, quand on est un enfant, il faut que tu sois excellent d’un côté. Puis de l’autre côté, on lui dit : tu es nul, tu ne seras rien, tu es un bon à rien à longueur de journée. Il y a vraiment un paradoxe énorme et tu as l’impression de faire un grand écart.

Donc, il y a un moment où ton être dit stop et tu t’en vas.

Ou tu t’en vas, tu ne sais pas, mais tu sautes du haut de la falaise et on verra ce qui se passe.

C’est ce que j’ai fait à 18 ans. J’ai passé mon permis et je suis parti. Un sac à dos sur le dos et sans savoir où j’allais.

Olivier Roland : Tu n’avais pas de plan. Tu ressentais juste cette envie de partir et tu es parti.

Eddy Lesage : Mon envie de partir, de liberté, de m’épanouir, de me découvrir.

C’est drôle parce que surtout à l’époque, je pense qu’on est dans un cocon. On est à l’intérieur des murs de la maison, c’était dur. En même temps, on est choyé parce qu’on doit être au top de son sport. Mais on n’est pas forcément préparé à la vie.

Dans ce départ, il y a une personne qui a vu une certaine qualité qu’il y avait chez moi. C’est là que j’ai reçu les premiers compliments disant que j’étais sympathique, que j’étais doué, que j’avais certainement de belles compétences à partager.

Il se fait que c’était quelqu’un qui naviguait d’un milieu de banditisme, plus ou moins en haut de l’échelle et qui m’a mis le pied à l’étrier. J’étais très jeune.

Je ne vais pas dire que je suis assez influencé, pas du tout. Mais c’est aussi plein d’adrénaline comme lorsque tu es un champion de moto et que tu es un acteur devant une scène avec 1000 personnes devant toi. C’est quand même grisant.

Olivier Roland : Oui. Tu dis que ce n’est pas pour dire que je me suis fait influencer, mais comment tu expliques aussi ce passage-là ?

On voit bien que tu comprends aujourd’hui que le mécanisme qui a fait que tu t’es accroché à cette personne, c’est qu’elle faisait des compliments, elle t’avait reconnu quelque part, elle te valorisait.

Eddy Lesage : Exactement. Elle me valorisait à un moment où j’en avais besoin.

Étant parti avec un sac à dos, j’avais besoin aussi d’argent. Je pense aussi que je me suis réalisé quelque part et j’avais besoin de compliments, d’être valorisé, d’être un petit peu choyé et me donner la possibilité de créer, de parler et de pouvoir réaliser des choses.

Je n’ai pas de regret. Absolument, aucun. Mais non plus, je n’ai pas de fierté ou de gloire d’être passé par ce chemin. C’est juste un chemin comme d’autres ont fait Harvard ou autre. On pourrait revenir par le chemin quand on parlera de la prison elle-même, cet endroit. C’est : qu’est-ce qu’on fait de notre expérience et comment on la partage et comment on peut faire profiter l’autre ?

D’où mon job d’aujourd’hui de donner la possibilité à toute personne de se révéler par les techniques du Yoga, de la respiration, de la méditation.

Olivier Roland : On en reparlera plus tard.

Donc, tu rencontres cette personne qui t’initie progressivement, qui commence à te confier des tâches, des missions. Comment ça s’est passé ?

Eddy Lesage : Ça a été très rapide. Je suis un garçon qui écoute et qui observe, et qui est assez doué quand il a envie de faire quelque chose.

Donc, la progression est assez rapide. L’apprentissage se fait. Puis, on monte en grade plus ou moins. Surtout, on monte jusque-là où on souhaite aller.

Olivier Roland : Concrètement, tu faisais quoi ?

Eddy Lesage : J’ai commencé par la vente de stupéfiants dans le milieu de la nuit parisienne il y a de nombreuses années. Donc, il y a prescription.

Olivier Roland : C’était quoi ? De l’ecstasy, des trucs comme ça ?

Eddy Lesage : Non, je me suis contenté de la cocaïne.

Puis, jusqu’à finir par transporter des tonnes dans différents endroits.

Olivier Roland : Des tonnes de cocaïne ?

Eddy Lesage : Non. Là, c’était ce qu’on appelle le verre, le shit, l’herbe dans différents endroits de l’Europe.

Comme je te dis toujours : je ne suis pas ici pour encenser ça, mais c’est juste une expérience. Ce n’est pas forcément valorisant, mais ce n’est pas non plus un handicap. C’est une expérience de vie et on la transforme pour pouvoir en faire quelque chose de positif.

Il n’y a pas de jugement ni de chercher à se mettre en valeur pour ce genre d’histoire. Mais ça fait partie de mon chemin de vie.

Olivier Roland : Tu n’es pas en train d’encourager, loin de là. Ce qui t’es arrivé après, je ne pense pas que ça va encourager beaucoup de personnes. Mais comme de toute façon, ça s’est passé, il faut que tu voies aussi le positif de ce que ça t’a amené. Ça t’a, j’imagine, appris à te débrouiller, à être assez autonome, etc.

Donc, ça a duré quoi ? Deux ans ? Quelque chose comme ça ?

Eddy Lesage : Ce parcours a commencé à 19-20 ans et s’est terminé à 25 ans.

Olivier Roland : Ça a quand même duré un certain temps.

Eddy Lesage : J’aimais beaucoup faire la fête aussi.

Olivier Roland : J’imagine que tu avais les moyens, que c’était quand même lucratif.

Eddy Lesage : Ça s’est bien passé.

Olivier Roland : Et donc, jusqu’au moment où tu t’es fait attraper.

Eddy Lesage : Jusqu’au moment où je me fais attraper, et pas du tout pour du stup, mais je me suis fait arrêter pour tentative d’assassinat sur l’ordre d’un contrat.

Ce n’était pas du tout une tentative d’assassinat, mais c’est le chef d’inculpation.

Ça parait extraordinaire pour beaucoup des gens, mais quand on traine dans certains milieux, c’est des choses qui arrivent régulièrement. On vient te voir et on te propose, tu fais ou tu ne fais pas.

Olivier Roland : Donc, on t’a proposé de tuer quelqu’un.

Eddy Lesage : Non, on m’a proposé de mettre un petit coup de pression à quelqu’un. Maintenant, je ne vais pas confirmer ce qui s’est passé, mais ce garçon aurait fait des attouchements sur sa fille.

Aujourd’hui, vrai ou faux, je ne rentre pas là-dedans. Mais à l’époque, j’ai dit : Ok, ce n’est pas des choses qui se font, on va lui expliquer qu’il est nécessaire qu’il arrête de faire des attouchements sur cette petite fille.

Ça a un peu dérapé. Ce jour-là, il y a eu un dérapage un peu non contrôlé.

Olivier Roland : En gros, tu lui as cassé la gueule. Là, tu as presque l’air du héros dans l’histoire.

Eddy Lesage : Du héros, je ne sais pas, mais c’est la réalité.

Si on prend ce côté-là, côté héron, ça n’enlève pas toutes les choses que j’ai pu faire auparavant.

Olivier Roland : Donc, lui, il a porté plainte. C’est ça ?

Eddy Lesage : Oui, il a porté plainte, il y a eu enquête. Il y a eu des souvenirs des traces d’ADN et des écoutes. Puis à l’intérieur de notre équipe, il y a eu des langues qui se sont déliées. Donc, on est venu me chercher.

Olivier Roland : Donc, tu t’es fait inculper pour ça, pas pour le trafic de drogue.

Eddy Lesage : Absolument.

Olivier Roland : Après, tu t’es fait condamner.

Eddy Lesage : J’ai passé 28 mois en détention. J’ai été condamné à 5 ans dont 3 ans ferme et 2 ans de sursis.

Olivier Roland : Ça, c’était juste pour ce contrat. Ils n’étaient pas du tout au courant du reste.

Eddy Lesage : Non.

Olivier Roland : Heureusement pour toi, sinon tu aurais pris plus cher.

Eddy Lesage : Je me dis que pour avoir mis « quelques coups à quelqu’un », j’ai pris beaucoup.

Olivier Roland : Mais ils devaient savoir qu’il y a quelque chose derrière sans doute.

Eddy Lesage : Je me dis que ça paye le reste aussi.

Olivier Roland : C’est vrai que 5 ans dont 2 avec sursis pour casser la gueule. Après, je ne sais pas ce que tu as fait exactement, mais ça parait sévère. Ils se doutaient qu’il y avait anguille sous roche.

Eddy Lesage : J’étais condamné après être sorti de détention. J’ai fait 28 mois de détention provisoire.

Olivier Roland : C’est long quand même.

Eddy Lesage : Sans savoir où tu vas, tu es aux assises.

Olivier Roland : Donc, ils ont aussi voulu de condamner pour ce que tu avais déjà fait.

Eddy Lesage : C’est ça.

Olivier Roland : En gros, pour te donner à peu près la peine que tu as déjà faite.

Eddy Lesage : Oui.

C’est drôle parce que la première juge qui était là a insisté qu’on reste en tentative d’assassinat. Vraiment elle montait l’histoire très, très haute. Et on a changé de juge lui, il a dit : « Qu’est-ce qu’il fait en prison ce garçon ? Cela devrait être au moins un an qu’il devrait être sorti. ».

Les faits de tentative d’assassinat sont redescendus en coups et blessures avec circonstance aggravante, ce qui était vrai. Je n’ai jamais voulu l’assassiner. Ce n’était pas pour ça que je venais.

Tout de suite, je suis sorti. J’ai payé une caution et je suis sorti. 48 heures après, je travaillais et j’avais changé de vie.

Olivier Roland : Donc, tu es sorti en 2001 ?

Eddy Lesage : 26 septembre 2001.

Olivier Roland : Ça faisait un peu plus de deux ans que tu étais en prison.

Parlons un petit peu de la vie en prison. Je pense que ça intéresse pas mal de personnes. Rapidement, comment c’était, comment tu l’as vécu ?

Eddy Lesage : j’étais incarcéré à la santé. C’est l’une des plus vieilles prisons de France. C’était rudimentaire, mais on peut dire que c’était assez humain par rapport aux prisons nouvelles que j’ai visitées où il n’y a vraiment aucune âme. On ne voit quasiment personne, aucun surveillant. Tous se cachaient derrière les vitres.

Mais en arrivant, c’est quand même un choc carcéral. C’est une population très concentrée.

Tu as toute ethnie, toute religion et tout est confondu. Une personne qui est là pour les meurtres, l’autre qui n’a pas de papier, l’autre pour assassinat, l’autre pour braquage.

Tout est confondu. Et ça aussi, c’est un peu choquant. Tout est concentré. Toutes les énergies sont concentrées. Donc, ça peut exploser à n’importe quel moment.

Je ne vais pas conseiller à qui que ce soit de faire cette expérience, mais c’est un très grand apprentissage de vie pour prendre du recul, pour observer.

Tu observes aussi. A partir du moment où tu es droit, tu te tiens bien sans courber l’échine mais tu es droit, honnête et comme un roseau. Tu te maintiens, mais tu ne plies pas. Tu es ni amère ni trop souple, tu glisses dans cet univers. Parce que si toi, tu observes, tu es aussi observé.

Mais aussi comme dans la nature, si tu es trop faible, tu peux te faire manger.

Je trouve qu’il est nécessaire de trouver son équilibre. Évidemment pendant plusieurs mois, cela a été difficile.

Je vais découper ma détention en trois partie, et c’est extraordinaire, c’est à chaque fois neuf mois puisque j’ai fait 27 mois et quelques jours. Et tous les neuf mois, il s’est passé des choses extraordinaires.

Aujourd’hui, je ressens en moi une grande lumière. Je me sens vraiment comme un diamant, comme une pierre précieuse. Il a fallu aller jusqu’au bout pour pouvoir découvrir cette pépite d’or, ce côté précieux en moi.

J’ai rencontré 3 anges gardiens à l’intérieur de cette détention. Et la première personne que j’ai rencontrée, ça a été mon avocate. Tout de suite, je lui dis : « on va faire de demande de sortie, moi je ne peux pas rester ici 15 jours. »

Elle m’a regardé gentiment et elle m’a dit : « Tu es un gentil garçon, je t’aime beaucoup, mais tu n’es pas encore assez au fond du trou. Tu en as encore assez bavé, tu n’es pas encore assez sage, tu n’es pas encore assez dans la boue. Quand tu seras prêt, on verra. »

Olivier Roland : Carrément.

Eddy Lesage : Carrément. Et là, c’est dur à prendre. Tu dis : je suis vraiment seul, il n’y a plus personne. Même mon avocat ne veut rien faire.

Elle a observé le dossier. Ça a été une grande torture, l’enfermement, l’apprentissage de tous les codes, l’apprentissage de ce monde et surtout de comprendre pourquoi moi, j’étais là.

Au bout de neuf mois, en pleine nuit, je me réveille et c’était comme une révélation. Je me suis posé la question de : pourquoi ça m’arrive à moi et pourquoi je dois passer cette épreuve ?

Le pourquoi j’étais ici, il y a un acte qui est fait, Ok. On n’a plus à revenir dessus. Mais la raison profonde pour laquelle j’étais là, je me suis dit en fait : à l’extérieur, même dans la vie, je n’ai pas pris le temps de prendre du temps pour moi. Je me suis toujours fui. J’ai toujours été dans la course, la fuite en avant et je ne me suis jamais observé.

J’avais fui une prison qui était familiale malgré les apparences magnifiques. J’ai remis dans un milieu violent et j’ai fini de nouveau dans une prison. Je me suis dit : il y a vraiment un message, je me retrouve toujours en prison.

Et je me suis dit : en fait, tu as vraiment une chance d’être là parce que la prison que tu vois autour de toi, les barreaux, les murs et toutes les personnes qui sont autour de toi, c’est toi.

C’est la prison dans laquelle toutes les personnes que tu peux voir autour de toi, c’est tes multiples facettes, et que tous les murs, les barreaux que tu vois autour de toi, c’est la prison dans laquelle tu es intérieurement.

Et je me dis : maintenant, je ne vais pas subir la prison. Je vais profiter de ce moment pour travailler sur moi, pour me trouver, pour faire du nettoyage intérieur et pour reconstruire ma pyramide intérieure. Ensuite, je pourrais construire cette pyramide socio-culturelle, socio-professionnelle une fois dehors.

Au bout de neuf mois, j’ai écrit à l’administration pénitentiaire et j’ai demandé à être seul en cellule. Je n’avais pas de soutien financier.

Olivier Roland : Parce que pour être seul en cellule, il faut payer. C’est ça ?

Eddy Lesage : Il ne faut pas payer, mais l’administration pénitentiaire demande à ce que tu aies des mandats, c’est-à-dire que tu reçois de l’argent de l’extérieur. Il faut savoir que la prison coûte très chère.

Olivier Roland : C’est-à-dire il faut qu’ils te nourrissent et qu’ils te logent quand même.

Eddy Lesage : Ils te « logent ».

Olivier Roland : Après, dès que tu veux des trucs en plus…

Eddy Lesage : Tu as un café le matin, tu as un plat le midi. Maintenant, c’est des plateaux de repas apparemment. Et si tu veux améliorer l’ordinaire, tout se paie. À l’époque, il te faut à peu près 300 euros par mois. Quand tu ne travailles pas et que tu reçois ces 300 euros, c’est énorme.

Moi, j’ai travaillé à l’intérieur de la prison. Je travaillais 12 à 14 heures par jour, 7 jours sur 7 et je gagnais 80 euros. C’est limite esclavage.

Ça ne redonne pas envie à s’éduquer à l’intérieur, de dire : je vais travailler. Ça ne te donne pas envie de te réinsérer.

Je ne veux pas rentrer dans ce débat, mais quand j’ai pris conscience de cette première prise de conscience, j’ai remercié mon avocate de m’avoir donné la possibilité de plonger encore beaucoup plus profonde. Elle m’a donné des livres.

Pendant ces premiers neuf mois, j’ai commencé à réapprendre à lire, à écrire et j’ai eu cette première prise de conscience.

Et là, j’ai dit : stop, j’arrête de travailler maintenant, je demande à être en cellule tout seul, et mon travail ici doit être bénéfique. Ce passage ici dans cette prison doit être bénéfique.

Donc, j’ai demandé à être seul en cellule.

On me l’a accordé parce que j’étais un garçon sage. Et c’est là que j’ai appris que les prisons, c’était dans des monastères. Et pourquoi on parle cellule ? Parce que c’est des cellules de réflexion.

Quand tu étais en prison, tu te retrouvais seul en cellule.

Olivier Roland : C’est génial parce que tu ne l’as plus vu comme une prison, mais comme un monastère. C’est incroyable. Tout de suite, tu switches complètement la vision des choses.

Eddy Lesage : C’est pour cela tout à l’heure que je t’ai parlé de naissance. Mon véritable être intérieur est vraiment né à ce moment-là.

Automatiquement, mon travail, c’était de m’élever. Donc, tu apprends à mieux écrire, mieux à lire, tu commences à te documenter. Tu cherches simplement à t’élever, à te rendre beaucoup plus lumineux.

Sur ce chemin-là, j’ai rencontré une psychologue alors que je refusais tout, et j’ai commencé un travail.

J’ai commencé à noircir du papier. J’écrivais tout à mon avocate, des lettres de dizaine de pages. Toutes les semaines, j’ai envoyé ça à mon avocate.

Et vraiment comme je te le disais tout à l’heure, se vider, découvrir qui tu es, ce n’est pas forcément évident de se retrouver devant le miroir et de dire : ça, c’est moi. Ça, ça fait partie de moi. J’ai vécu ça.

A ce moment-là, tu ne deviens plus une victime ni une victime des autres.

Olivier Roland : Tu te prends en main ton destin.

Eddy Lesage : C’est ça. Tu prends conscience que tout ce qui t’entoure, tout ce que tu vis, c’est toi qui le crées. C’est comme un miroir.

Olivier Roland : Donc, tu acceptes la responsabilité de ta vie là.

Eddy Lesage : Exactement.

Olivier Roland : Mais en même temps, du coup, tu obtiens beaucoup de liberté.

Eddy Lesage : Et j’ai dit à mon avocat ou je lui écris il me semble : « Je viens de découvrir que j’étais beaucoup plus libre que toi. »

Olivier Roland : Qu’est-ce qu’elle a répondu ?

Eddy Lesage : Ok, vas-y. Je dis : « moi, je ne suis pas enchainé à un crédit pour ma machine à laver ou ma voiture, je suis vraiment libre. »

Il faut dire aussi que j’avais découvert la méditation, c’était quelque chose de nouveau pour moi.

J’ai découvert la pratique physique du Yoga à travers un livre. J’avais lu qu’il était nécessaire de chanter « aoum ».

Un jour, je me suis installé sur mon lit et j’ai commencé à chanter des « aoum ». J’ai fermé les yeux, j’ai dit « aoum ».

C’est une belle vibration. Ça a été vraiment révélateur.

C’est pareil. Quand tu t’ouvres et que tu prends contact et conscience que c’est toi qui crées tout, tout est libérateur et tout vient à toi. Tu n’as pas besoin de faire les choses, tout vient à toi.

Évidemment, si tu restes assis sur ton fauteuil et tu dis : je suis ouvert, personne ne va venir te voir, mais il faut mettre en place les choses.

C’est comme ça que les gens sont venus vers moi. Je pense que j’ai eu la psychologue que j’ai eue parce que j’étais sur le chemin de la réinsertion.

Puis, j’ai rencontré cette troisième personne. C’est extraordinaire parce qu’en prison, j’avais un invité. Tous les vendredis à 13 h 15, j’avais un invité. Je faisais manger dans ma cellule.

Olivier Roland : On peut faire cela en prison ? Mais c’est-à-dire que tu as invité quelqu’un de la prison.

Eddy Lesage : Non, j’ai invité quelqu’un de l’extérieur. C’était un pasteur.

Olivier Roland : C’est toujours la même personne. Donc, c’est cette troisième personne que tu as rencontrée.

Eddy Lesage : On n’a jamais parlé de religion, on n’a jamais parlé de ma vie à l’intérieur de la prison. Mais il m’a donné un regard sur le futur, sur ce que je pouvais être ou pouvais faire à l’extérieur parce qu’obligatoirement, il y a un après. Même si cela vient 5 ans, 10 ans ou 15 ans après, il y a forcément un après.

J’ai invité ce pasteur à manger en cellule. On passait 2-3 heures ensemble à discuter vraiment des choses tout à fait variées.

Je me considérais auparavant comme vraiment bête, un peu inculte peut-être parfois. Ce n’est pas la prison elle-même. C’est ce que j’en ai fait qui m’a permis de découvrir plein de couleurs.

C’est pour ça que je te dis : je suis né en prison. C’est que j’ai découvert les couleurs de la vie à l’intérieur des murs gris de la prison.

Ce pasteur m’a montré qu’il y avait une possibilité d’un grand futur. Il était marié, je ne savais pas que les pasteurs peuvent se marier. Il avait des enfants, il racontait des blagues.

Et quand ça a été le moment de sortie, j’avais besoin d’un logement, d’une adresse et j’ai besoin d’un travail. Je lui ai expliqué cela : voilà, j’en suis là. Je vais pouvoir sortir, j’arrivais à peu près à 27 mois. Ils veulent bien, mais il me faut une promesse d’embauche et un logement sinon, je restais encore.

Olivier Roland : Parce que tu avais quand même 36 mois à faire. C’est cela ?

Eddy Lesage : Ce n’était pas encore fait puisque j’étais jugé à l’extérieur. Un an après ma sortie, j’ai été jugé.

Donc là, c’était de la détention provisoire. On le met là. Comme ça, il n’a pas de contact avec les victimes ou qui que ce soit. Puis, si on a besoin de poser des questions, il y a…

Olivier Roland : C’était aussi pour toi un challenge. C’est que si tu sortais, tu devais aussi montrer que tu t’es réinséré parce que ça allait sans doute influer aussi sur la décision du juge.

Eddy Lesage : C’est ça. Et un jour, il me dit : « j’ai une promesse d’embauche pour toi. Puis, j’ai une adresse pour toi.» Il m’a fait une promesse d’hébergement chez lui.

Il me dit : « L’hébergement, tu n’étais pas obligé d’accepter. En tout cas, tu peux prendre le papier. Mais si tu ne veux pas venir à la maison, tu ne viens pas. Mais il y a une véritable chambre chez moi. »

Donc, avec sa famille, c’était… Il ramenait du boulot à la maison.

On se connaissait à peine. Il y a quelque mois où on avait partagé quelques repas.

Donc, j’ai pris, je suis sorti et je suis arrivé chez lui. Puis, commençait mon véritable parcours de réinsertion.

Pour faire un condensé de l’intérieur de la prison, c’est de belles rencontres avec des belles personnes parmi les détenus. C’est un condensé de notre vie. C’est comme sur l’océan, tout est puissance 1000. Il n’y a pas des petites étincelles. Il ne vaut mieux pas qu’il y a d’étincelle parce que sinon ça explose vraiment.

Mais aussi, l’amitié peut être vraiment très forte.

J’ai vu des détenus protéger les surveillants parce qu’il y avait un détenu qui pétait des plombs. Un mec super sympa, mais il y a un moment où quand tu es trop concentré, condensé, tu pètes un plomb et tu ne sais pas pourquoi.

Donc, il y a des détenus qui ont protégé des surveillants et des surveillants protégeaient des détenus pour éviter la bagarre.

Je me souviens de ce détenu qui a dit : «Je suis désolé, je ne sais pas ce qui s’est passé, vous êtes super sympa et j’ai pété un plomb.»

On marche vraiment toujours sur des œufs. Et ça peut être très agréable comme pas du tout.

Olivier Roland : C’est intéressant parce que finalement aussi, cette opportunité que tu as eue avec le pasteur, tu ne l’aurais peut-être pas eu si tu n’avais pas eu déjà cette bonne approche de dire : je suis là pour apprendre, je vais tirer le meilleur de cette période. Je vois la prison comme un monastère.

Ça rejoint à ce que dit Viktor Frankl qui lui a fait bien pire encore puisqu’il était à Auschwitz, et qui a réussi à changer sa vision des choses pour en tirer quelque chose de positif aussi parce qu’à un moment, tu ne peux pas faire autrement.

Soit tu pars dans la déprime. Tu es dans un lieu, tu ne peux pas choisir d’en sortir, autant en tirer le meilleur. C’est très instructif de voir que tu l’as fait aussi.

Tu as lu “Man’s Search for Meaning” de Viktor Frankl ?

Eddy Lesage : Non. Je ne l’ai pas lu, mais je note.

Olivier Roland : C’est très intéressant aussi.

Donc, tu sors de prison. Il y a ce pasteur qui te tend la main et tu prends cette main tendue. Tu vas habiter chez lui. Tu fais quoi comme boulot ?

Eddy Lesage : 48 heures après, je travaille. J’ai trouvé un poste de serveur dans Paris.

Olivier Roland : Parce que le pasteur était à Paris ?

Eddy Lesage : Le pasteur est à Paris. J’aurais très bien pu aller dans ma famille, mais je ne souhaitais pas.

Olivier Roland : Vu ce que tu as raconté, je peux comprendre.

Eddy Lesage : Je voulais vraiment être autonome. Donc, j’ai choisi de rester à Paris, j’en ai la possibilité. Et vraiment, il y a quelque chose. J’étais garçon de café, c’était Ok.

Tous les mois, je vais signer un papier au tribunal, je devais payer 500 euros par mois parce que j’avais une caution, une garantie de représentation pour dire que je vais me présenter le jour de mon procès. C’est leur montrer que j’étais là, j’étais présent, je n’étais pas partie en fuite, etc. Mais quand même 500 euros, il faut les assurer.

Heureusement, j’étais invité chez ce pasteur. J’ai découvert une famille. D’ailleurs, le premier matin, j’ai découvert mon premier petit déjeuner en famille avec lui, sa femme, sa fille, café, chocolat, pain, beurre. Les gens qui se parlent. Une famille qui ne hurle pas.

D’ailleurs, on est venu me chercher dans ma chambre parce que je n’osais pas sortir de la pièce. J’attendais qu’on vienne m’ouvrir.

Ils ont ouvert la porte. Je dis : je peux sortir ? Oui, oui, vas-y. Je peux prendre une douche ? Oui, vas-y.

Tu as tes habitudes en 27 mois. Donc, très rapidement, j’ai travaillé. Et très rapidement, j’avais un besoin de passer à autre chose.

Je me dis : je ne peux pas faire que servir des plats. Je suis un homme d’action. Je suis un dirigeant et donc, je vais diriger une entreprise.

Je me suis présenté au travail. J’ai dit : « je donne ma démission ».

Olivier Roland : Ça, c’est combien de temps après ?

Eddy Lesage : Quatre mois.

Olivier Roland : Oui, c’était rapide. Et tu t’es dit : je vais me lancer en entreprenariat.

Eddy Lesage : J’ai passé une étape. Je voulais diriger un restaurant puisque j’ai travaillé dans un restaurant, toujours plus ou moins été dans le milieu de la restauration aussi.

Je leur ai dit que je donne ma démission maintenant parce que j’ai trouvé un poste de dirigeant. Et je dirigeais un restaurant.

Ils m’ont dit : où ? Je ne peux pas vous le dire encore. En fait, je n’avais aucun boulot, mais j’étais déterminé à trouver de boulot.

Une semaine après, j’étais directeur d’exploitation d’un restaurant qu’il fallait reprendre et remonter.

Olivier Roland : Donc, ce n’était pas toi le propriétaire, mais on t’avait confié la mission.

Eddy Lesage : Ce n’était pas moi le propriétaire, mais on m’avait confié les clés du restaurant et j’étais tout à fait autonome pour faire tous les achats.

Olivier Roland : Ça a duré combien de temps ?

Eddy Lesage : Je suis resté à peu près 2 ans dans cette entreprise.

Olivier Roland : Donc, tu as réussi à en faire un…

Eddy Lesage : à en faire un bon restaurant. C’était dans le parc de Saint-Cloud. Quatre mois après ma sortie où j’ai passé,

Olivier Roland : C’est une belle évolution.

Eddy Lesage : C’est une superbe évolution.

Olivier Roland : On va essayer de résumer un peu.

Donc, 2 ans de ça, une belle réussite, une belle ascension effectivement rapidement après ta prison. Qu’est-ce que tu fais après ce restaurant ?

Eddy Lesage : Après ce restaurant, j’ai une opportunité de partir au Luxembourg. Je pars au Luxembourg et j’intègre une équipe. Je suis responsable des banquets pour le parlement européen. Donc, je reçois tous les ministres.

Olivier Roland : Tu t’es fait repérer par quelqu’un qui était venu au restaurant peut-être.

Eddy Lesage : Non. Je pars visiter quelqu’un au Luxembourg. Puis, je rencontre cette personne. On dinait, on discute. C’est une opportunité, du banquet.

Olivier Roland : Tu as bossé pour le parlement européen.

Eddy Lesage : J’ai fait à peu près un an au parlement européen. Puis, je suis revenu en France parce que j’aime bien bouger. Une fois, j’ai fait un peu le tour.

Je ne suis pas carriériste dans une entreprise et puis, j’aime bien créer, j’aime bien aider de gens à créer. Une fois que ça fonctionne, je passe à autre chose et je crée de nouveau.

À l’intérieur des murs de la prison, j’ai découvert Peggy Bouchet parce que j’avais de temps en temps la télé qui a fait la traversée de l’Atlantique à la rame.

Donc là, en revenant en France, je me dire que si j’ai un rêve, c’est de traverser l’Atlantique à la rame. Je vais le mettre en place. J’ai été cherché des partenaires.

Olivier Roland : Concrètement, ça veut dire plusieurs mois sans travailler puisque tu dois préparer le voyage. C’est ça ?

Eddy Lesage : C’est ça.

Olivier Roland : Et puis, il faut l’équipement et tout ça. C’est quand même une certaine somme.

Eddy Lesage : C’est une certaine somme, je cherche de sponsor.

Je m’attelle à écrire le projet, je me fais aider puisque j’ai quitté l’école en 5e, l’écriture n’est pas forcément évident à ce moment-là pour moi.

J’ai gardé quand même un petit job à côté qui me permet de me concentrer sur le projet.

Olivier Roland : Donc, qui ne prend pas trop de temps et qui n’est pas trop intense.

Eddy Lesage : En 2008 -2009, je suis parti traverser l’Atlantique. Il y a des journalistes TF1 qui m’a suivi, différents journaux.

Olivier Roland : Tu partageais ton histoire à ce moment-là ?

Eddy Lesage : J’ai commencé à partager mon histoire. J’ai rencontré une très belle personne du journal le Monde qui a fait un article complet, une page complète sur mon histoire et sur mon projet.

Et le projet de l’Atlantique, ce n’était pas égocentrique en disant : je vais être champion du monde en traversant cet Atlantique. C’était mettre en valeur la réinsertion. Et comme quoi, il n’y avait pas que des monstres en prison. Il y en a comme dans notre société, mais qu’on ne doit pas être marqué au fer rouge que la réinsertion, ce n’est pas un vain mot.

Montrer au public incarcéré que la prison peut être un tremplin, un endroit où on peut se découvrir comme je l’ai fait, puis au grand public, comme quoi il n’y a pas que des monstres et comme quoi on peut passer par la case prison, en sortir, avoir des projets, avoir envie de créer et de réaliser ses projets.

Donc, ce n’est pas pour mettre en avant ce côté mon histoire, mais c’était surtout mettre en avant que peu importe ton parcours de vie, il faut toujours le temps d’évoluer, toujours le temps de changer, toujours le temps de se trouver à n’importe quel âge.

Peu importe si pendant des années, tu as glissé au fond du ravin, il y a un moment où tu vas remonter. C’est ce que mon avocate m’a dit : tu n’es pas assez au fond du trou. Quand tu seras bien au fond, tu vas remonter. Et c’est ce qui s’est passé. C’était mettre en valeur cela et donner la possibilité.

Même si je donnais l’étincelle de vie à une seule personne, ça me suffisait. Donc, donner l’exemple pas pour être l’exemple, mais donner la lumière.

On peut donner la lumière. En se découvrant, on découvre le diamant qui est à l’intérieur de nous et toutes ses pépites d’or de qualité qu’on a en soi.

Ce diamant, une fois qu’on l’a trouvé, c’est une première partie. On la nettoyait, on commence à la polir et il commence à briller. Il brille par rapport aux personnes qui rôdent autour de soi.

Le diamant, on a deux façons de le faire briller : soit il t’éblouit – et dans ces cas-là, il t’écrase, il t’aveugle – ou soit il t’illumine.

Moi, j’ai choisi d’illuminer les autres parce que eux en brillant aussi vont me permettre de briller et d’être encore beaucoup plus lumineux.

Olivier Roland : C’est un beau projet effectivement. Par contre, la première fois, tu me racontais que tu avais un problème technique qui aurait fait que tu t’es arrêté assez tôt au bout de 10 jours.

Eddy Lesage : Oui, une dizaine de jours. J’ai eu un problème technique.

Olivier Roland : Donc, tu as dû faire appel au sauveteur.

Est-ce que tu aurais pu éventuellement dépasser ce problème technique. C’est vraiment insurmontable ou c’est aussi une question de mentale ?

Eddy Lesage : Je pense que j’aurais pu le supporter. Je dois dire que sur cette aventure, je n’étais peut-être pas assez près mentalement.

Olivier Roland : Parce qu’il faut savoir quand même que la traversée de l’Atlantique, c’est deux mois. Et toi, tu faisais Canaries-Guadeloupe qui est un des trajets les plus faciles.

Eddy Lesage : C’est ça. Tu as les vents, tu as les Alyzée qui te portent.

Évidemment, si tu jettes un bâton dans l’eau des Canaries, à un moment, il va arriver en Guadeloupe ou au Martinique au bout de 4-6 mois.

Cependant, il aura subi des tempêtes, etc. Le plus dur, c’est le mental. Ton mental suit, tout le physique va suivre.

Olivier Roland : Tu avais essayé une deuxième fois quelques mois plus tard.

Eddy Lesage : J’avais essayé une deuxième fois. J’ai ramé parce qu’on passe devant le Cap Vert. Devant le Cap Vert, on met son clignotant, on tourne en direction de la Guadeloupe.

Et en mer, les émotions, tout ce qui t’arrive est puissance 1000. Tu te coupes, on a des difficultés à cicatriser. Quand tu es heureux, c’est euphorique. Puis quand ça ne va pas…

Olivier Roland : C’est comme la prison finalement un peu.

Eddy Lesage : C’est ça.

Olivier Roland : Sauf que là tu es libre pour le coup.

Eddy Lesage : Là, j’étais libre de choisir cette prison. Mais je n’ai pas supporté.

J’étais un petit peu entêté. A ce moment-là, j’étais marié et ma femme m’a dit : si tu pars une deuxième fois, moi je te quitte. Elle me dit qu’elle ne supporterait pas un deuxième départ.

Je dis : oui, mais c’est nécessaire que je le fasse.

En fait, j’ai perdu beaucoup de choses, notamment mon épouse, et je me suis retrouvé au milieu de l’Atlantique. Je dis : mais pourquoi je fais ça ?

Et pendant 3 jours, j’étais vraiment dans le drame vraiment profond.

Olivier Roland : C’est à peu près un mois après que tu sois parti.

Eddy Lesage : C’est à peu près ça.

Olivier Roland : Donc, tu venais juste de passer un mois à ramer tout seul dans ton bateau en ne voyant sans doute pas grand-chose à l’horizon toute la journée. C’est quand même quelque chose.

Eddy Lesage : J’ai croisé 2-3 bateaux. Il n’y a plus de notion de temps ni de distance.

J’ai un petit oiseau qui arrivait sur le bateau et je me suis dit : j’en ai marre. Il y a un oiseau qui se pose sur mon bateau. Je dis : je ne dois pas être très loin des côtes.

J’ai tout de suite regardé sur ma carte, j’ai fait le point et je dis : je suis à 500 km des côtes.

Olivier Roland : Tu avais fini quasiment.

Eddy Lesage : Non, mais des côtes. Tu longes l’Afrique. Quand tu partes de Canaries, tu longes l’Afrique. Et après, tu te rends au Sud.

Olivier Roland : Tu étais en deçà de ton trajet,

Eddy Lesage : C’est le plus long parcours. Tu arrives à peu près au Cap Vert, c’est le plus court, mais c’est le plus long en temps. Tu n’as pas forcément les vents avec toi, tu n’as pas forcément les courants avec toi.

C’est une fois que tu as tourné au Cap Vert que tu as vraiment les vents et les courants qui te font avancer. La distance est plus longue, mais le temps est beaucoup plus court.

J’étais à 500 km des côtes africaines et je me dis : je vais ramer et je vais rentrer. C’est impossible, tu ne peux pas aller contre le courant, tu ne peux pas aller contre le vent à la rame.

Là, pendant deux jours, je ramais pour dire : je veux quitter ce bateau, je vais rentrer chez moi, j’en ai marre. Et j’allais en direction de l’Afrique, mais je n’avançais pas.

C’était vraiment fou de ma part de pouvoir penser ça. Après, tu reprends ton chemin, etc., mais vraiment je n’en pouvais plus,

Olivier Roland : Tu as voulu rebrousser chemin.

Eddy Lesage : J’ai voulu rebrousser chemin parce qu’il y a plein de pensées parasites. Et sur cette aventure, je n’ai pas eu la force mentale intérieure de passer cet obstacle.

Donc, il y avait un bateau à voilier proche de moi. Je lui dis : « Tu peux m’accrocher, j’arrête, je passe à autre chose.» Je ne l’ai pas fait physiquement.

Olivier Roland : C’est-à-dire ?

Eddy Lesage : Je suis parti de Canaries, mais je ne suis pas arrivé en Guadeloupe, je ne fais qu’une partie. Mais intérieurement, il s’est passé des choses extraordinaires après coup. Tu t’aperçois de tout le bouleversement intérieur, de toute ton évolution intérieur et tu te dis finalement que ce n’est pas vain.

Olivier Roland : C’est déjà quelque chose de faire ça. C’est quand même ultra physique, impressionnant.

Eddy Lesage : Si je devais recommencer, je le ferais pour moi-même déjà parce que c’est génial, c’est valorisant même à titre personnel. Mais c serait aussi pour remercier toutes les personnes qui m’ont fait confiance à ce moment-là et leur dire : cela a pris peut-être un peu plus de temps, mais ça a été fait.

Olivier Roland : Donc, tu veux le refaire là ?

Eddy Lesage : Je ne suis pas contre de repartir, oui.

Olivier Roland : Mais est-ce que ça veut dire que tu vas le faire ?

Eddy Lesage : L’avenir nous le dira.

Olivier Roland : Le voyage se termine comme ça. C’est en revenant de ce voyage-là que tu t’es dit : je veux me lancer dans le Yoga et dans l’entreprenariat, d’avoir ma vraie propre boîte ?

Eddy Lesage : C’est ça. Donc, j’ai passé quelque mois à naviguer avec ce garçon.

Olivier Roland : Le voilier qui t’a accroché, vous êtes devenus copain en fait.

Eddy Lesage : On est devenu pote.

Olivier Roland : Et donc, tu as voyagé avec lui. C’était une autre façon de voyager.

Eddy Lesage : C’était une autre façon de voyager. Il y avait mon canoë en remorque.

On l’a ramené aux Canaries. Puis après, on a passé quelque mois ensemble. On a passé les Canaries, on est reparti, on a navigué.

Olivier Roland : C’est génial. Cet échec s’est quand même transformé en aventure.

Eddy Lesage : Cet échec s’est transformé en belle aventure.

Olivier Roland : Et en amitié. Et lui, il est tout seul dans son bateau ?

Eddy Lesage : Lui était tout seul sur son bateau, il partait pour traverser l’Atlantique à la voile. Un peu moins difficile. Il m’a croisé, il a fait un demi-tour et finalement il n’a jamais parti traverser cet Atlantique.

Cependant, il part cette année parce qu’il est en train de construire son bateau et il va partir dans quelques mois faire le tour du monde avec son bateau.

Olivier Roland : C’est rigolo parce que j’étais aux Canaries pendant 15 jours et j’avais loué un bateau pour vivre là-dedans sur les quais. C’est génial, c’était à Las Palmas dans l’ile de Gran Canaria. Et c’est rigolo quand on est sur ce port parce que j’ai vraiment vécu là. C’était juste un AirBnb. J’aime bien les AirBnb parce qu’on rencontre tous les jours des gens qui sont justement en instance de départ pour traverser l’Atlantique à la voile et on rencontre tous les types de profils.

C’est vraiment intéressant. Pour beaucoup, c’est un rêve d’une vie. Ils ont dû travailler pour, se préparer, etc. Puis les Canaries, d’ailleurs c’est de là qu’est parti Christophe Colomb pour découvrir les Amériques, c’est vraiment une bonne première étape. C’est plus à l’ouest que le reste de l’Europe. Puis effectivement, les courants sont assez favorables, les vents.

J’ai pu découvrir ce milieu un petit peu.

Tu fais cette aventure avec cet ami.

Eddy Lesage : Il faut dire quand même que j’avais rencontré la pratique du Yoga et la médiation à l’intérieur de la prison. J’ai continué à l’extérieur. J’ai rencontré différents maitres. Depuis l’intérieur de la prison, j’ai continué à recevoir l’enseignement, à pratiquer, mais vraiment pour moi et nourrir mon véritable être et de pouvoir devenir de plus en plus lumineux, de plus en plus facile sur mon propre surf pour glisser sur les vagues de la vie.

Je me suis dit : je rentre, et je me suis posé la question de ce que je voulais faire.

Et ce que je voulais faire, c’était donner la possibilité aux autres, toute personne de pouvoir leur donner un deuxième sens ou leur donner la possibilité de se découvrir. L’outil que je connais, c’est la pratique globale. Yoga, c’est de la pratique physique, la méditation, la respiration.

Je pratique énormément la respiration parce que c’est ce qu’on a de plus précieux au monde avant nos parents, nos enfants, avant l’argent, avant le travail.

Le jour où on arrête de respirer, il ne se passe pas grand-chose. La respiration, c’est la première chose qu’on fait en arrivant sur terre. La première chose qu’on fait, c’est « respire » et la dernière chose, c’est « expire ».

Olivier Roland : Donc, tu étais très intéressé par tout ça et aussi de penser de lancer une école de yoga.

Eddy Lesage : Et je décide de commencer à donner des cours, de monter une entreprise et me lancer à fond dans cette voie.

Aujourd’hui, je faisais des stages collectifs, mais aussi du one to one pour notamment les personnes qui sont en burn out ou pour éviter un burn out ou les dirigeants qui souhaitent garder leur énergie et d’avoir beaucoup plus d’oxygène dans leur vie de tous les jours et dans leur travail, et que ce soit plus léger autant professionnellement que personnel.

Surtout, je leur donne la possibilité d’être indépendant avec ces techniques. Ce n’est pas la peine de venir me voir pendant 15 ans.

Pour moi, c’est intensif. Ce n’est pas forcément l’impossible, mais ça doit être intensif.

On pratique intensément pendant 3-7 jours, 10 jours. C’est intensif pour aller au plus profond de soi-même, et toutes les blessures émotionnelles qu’on a tous, aller les toucher du doigt, les vomir et pouvoir plus que ces blessures impactent nos vies négativement.

Bien sûr, on vivra toujours avec, mais quelle importance elle a dans notre vie quotidienne. On tourne la pièce du bon côté.

Olivier Roland : C’est vraiment le yoga comme outil pour être plus heureux et avoir une meilleure vie.

Tu me disais aussi avant l’interview que tu avais cette école qui marchait très bien. Mais limite, tu travailles trop, tu as même fait un burn out. Du coup après, tu as un peu pris du recul et c’est notamment pour ça que tu fais des cours en one to one aujourd’hui. C’est un peu moins stressant et tu fais un rythme plus cool.

Eddy Lesage : Je fais un rythme un peu plus cool puisque toujours quand j’ai démarré, j’avais besoin… et je pars du principe que la discipline, c’est liberté. Si tu es trop oisif, ça ne fonctionne pas.

Donc, on doit avoir une certaine discipline. Je me suis imposé un grand rythme de travail pour pouvoir vraiment en m’encrer sur ce chemin parce que je repartais de zéro, je ne voulais surtout pas flancher d’un côté ou d’un autre.

Si c’est un des serments quand tu démarres, ce n’est pas forcément évident. Je devais garder le cap. Donc, je me dis : je vais mettre un maximum de cours, et j’en ai fait trop.

Olivier Roland : Ceci est une erreur classique d’un entrepreneur. C’est très courant.

Moi, j’ai fait pareil. Il y a plein de gens qui ont fait pareil. Au moins, tu as appris beaucoup de choses.

Au démarrage, on a peur que ça ne marche pas, on veut vraiment mettre tous les atouts de son côté, puis on ne gère pas bien sa santé, son énergie et tout ça.

Aujourd’hui, tu as un blog qui est « eddylesage.com », c’est ça ?

Eddy Lesage : Oui, j’ai deux blogs qui sont : « adyogacoaching » et « eddylesage.com ».

Olivier Roland : Sur « eddylesage », il parait que tu partages un truc de yoga.

Eddy Lesage : On pourra trouver le maximum de renseignement sur la pratique, oui.

Olivier Roland : Tu as une chaine YouTube aussi. Tu enseignes comment faire du yoga, comment bien respirer, comment méditer aussi peut-être. En gros, comment utiliser tous les techniques pour être plus zen et plus heureux ?

Eddy Lesage : Avoir un mental et un physique, une santé parfaite.

Olivier Roland : Merci Eddy d’avoir partagé tout ça avec nous. Tu un parcours qui est très intéressant, très surprenant peut-être pour certaines personnes.

Puis, c’est un magnifique exemple pour tous ceux qui sont en prison ou qui ont été de montrer que comme tu l’as dit, ce n’est pas la fin du monde et que tu n’es pas marqué au fer rouge. Tu peux rebondir et avoir une vie qui vaut la peine d’être vécu.

Eddy Lesage : Merci à toi, Olivier. C’était un grand plaisir de venir jusqu’à toi. Je passais vraiment un très joli moment. On se retrouve quand tu veux.

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